La campagne électorale bousculée par la guerre tarifaire
Christine Fréchette doit faire le point vers 7 h 45 en conférence de presse..
La campagne électorale québécoise est fortement perturbée par une guerre tarifaire entre le Canada et les États-Unis. Cette situation désigne un conflit commercial où chaque pays impose des tarifs douaniers (taxes supplémentaires sur les importations) pour protéger ses entreprises. Depuis le 8 septembre 2026, les contre-tarifs canadiens sont entrés en vigueur, c’est-à-dire que le Canada a réagi aux tarifs américains en taxant à son tour certains produits en provenance des États-Unis. Le président américain Donald Trump a également menacé de prohiber (interdire) la vente d’avions Bombardier aux États-Unis, ce qui toucherait directement le Québec, car 56 % du chiffre d’affaires de cette entreprise québécoise provient de ce marché. Bombardier, un géant de l’aéronautique, emploie des milliers de personnes au Québec et collabore avec 2 800 fournisseurs, principalement dans cette province. Cette guerre commerciale risque d’affecter l’économie québécoise, déjà ralentie par une baisse de sa population active et des tarifs douaniers américains en place depuis plusieurs mois.
Les cinq principaux chefs des partis politiques québécois ont profité de cette journée de campagne pour annoncer des mesures destinées à soutenir l’économie et les citoyens face à cette crise. Christine Fréchette, candidate de la CAQ (Coalition Avenir Québec, parti au pouvoir), a proposé une augmentation du supplément pour l’achat de fournitures scolaires (aide financière pour les familles) et la création d’un crédit d’impôt (réduction d’impôts) pour les frais de garde en milieu scolaire. Elle souhaite aussi quintupler (multiplier par cinq) le crédit d’impôt pour les premiers acheteurs de maison (personnes achetant leur première résidence). Paul St-Pierre Plamondon, du PQ (Parti Québécois), a détaillé un plan pour augmenter de 50 % le budget du soutien à domicile des aînés (aide aux personnes âgées pour rester chez elles), soit un investissement supplémentaire de 1,3 milliard de dollars sur quatre ans. Ruba Ghazal, de QS (Québec Solidaire), a annoncé une hausse du salaire minimum à 20 dollars de l’heure dès le 1er mai 2027, avec un ajustement automatique en fonction de l’inflation (hausse générale des prix). Elle propose aussi d’investir 200 millions de dollars en prévention santé (mesures pour éviter les maladies) en s’inspirant des CLSC (Centres locaux de services communautaires, structures publiques de santé). Éric Duhaime, du PCQ (Parti Conservateur du Québec), a suggéré une réforme du modèle syndical (organisation des syndicats) permettant aux travailleurs de ne plus financer les activités politiques ou idéologiques de leur syndicat. Il promet aussi de réduire de 30 % les réglementations (règles administratives) pour les entreprises et les villes d’ici cinq ans. Enfin, Charles Milliard, du PLQ (Parti Libéral du Québec), a annoncé un accélération des travaux de modernisation de la Cité-de-la-Santé (hôpital de Laval).
L’article souligne que l’impact des tarifs douaniers américains et des contre-mesures canadiennes sera plus lourd pour les ménages les moins aisés. Les foyers gagnant moins de 30 000 dollars par an subiront un impact trois fois plus important que ceux dont les revenus dépassent 150 000 dollars par an. Cette inégalité s’explique par le fait que les produits taxés (comme les avions ou certains biens industriels) touchent davantage les secteurs d’emploi accessibles aux travailleurs à faible revenu, comme la fabrication ou les services. De plus, les contre-tarifs canadiens, bien qu’ils visent à protéger les entreprises locales, peuvent entraîner une hausse des prix pour les consommateurs, car les entreprises répercutent souvent ces taxes sur les prix de vente. Cette situation aggrave les difficultés économiques des ménages déjà fragilisés par un ralentissement économique marqué au Québec, où la croissance est inférieure à la normale et où la population active diminue.
Chantal Hébert, analyste politique, explique que l’administration de Donald Trump cherche à exploiter les tensions (divergences) entre le Québec et le reste du Canada pour affaiblir la position du pays dans les négociations commerciales. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte où les relations entre le Québec et Ottawa (le gouvernement fédéral canadien) sont parfois tendues, notamment sur des questions comme l’autonomie provinciale ou les politiques linguistiques. Par ailleurs, l’article mentionne la création d’un nouveau parti politique, Osons Québec, dirigé par Martin Charron, un ancien membre du PCQ. Ce parti, reconnu officiellement le 3 septembre 2026, n’a pas encore de chef unique mais un porte-parole. Il devra rapidement recruter des candidats pour participer aux élections du 5 octobre 2026. Cette initiative s’ajoute à la déjà longue liste de formations politiques en lice, reflétant une offre politique diversifiée mais complexe pour les électeurs.
Les chefs des principaux partis ont organisé leur journée du 8 septembre 2026 autour de la crise des tarifs douaniers et de ses conséquences économiques. Christine Fréchette (CAQ) a commencé par une *mêlée de presse* (conférence de presse improvisée) à Québec à 7h45, puis s’est rendue à La Tuque pour une conférence de presse à 11h20 et des visites d’entreprises locales. Paul St-Pierre Plamondon (PQ) a tenu une conférence de presse à Québec à 10h30 sur la riposte canadienne aux tarifs américains, suivie d’un déjeuner dans le quartier Limoilou à 11h50 avec son candidat dans la circonscription de Jean-Lesage. Charles Milliard (PLQ) a fait une annonce sur l’éducation à Sherbrooke à 9h30, puis s’est rendu à Magog pour visiter une résidence pour personnes âgées à 11h00, avant de rencontrer des retraités à 12h00 et de visiter des commerces à 14h00. Ruba Ghazal (QS) a donné une entrevue à 7h30 à la radio, suivie d’un point de presse à 10h30 pour présenter des mesures de résilience économique face à la guerre tarifaire. Éric Duhaime (PCQ) a débuté sa journée par une conférence de presse à Québec à 8h30, puis a visité deux entreprises (Brasserie Inox à 9h40 et Novographie à 10h30), avant un point de presse à 14h00 et un événement militant à 16h00.

