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Le jour où la Nasa a volontairement fait s’écraser une fusée sur la Lune (bien avant SpaceX)

Numerama · mis à jour il y a 7 j

Bien avant le crash d'un étage de Falcon 9 sur la Lune, une fusée de la Nasa s'était volontairement écrasée à la surface de notre satellite. Une opération destinée à faire avancer la science, malgré les apparences..

Premier crash lunaire

En 1970, la Nasa a volontairement fait s’écraser un étage de la fusée Saturn V sur la Lune lors de la mission Apollo 13. Cet événement, bien avant les incidents similaires impliquant SpaceX, avait pour but d’étudier les réactions de la surface lunaire. Contrairement à un crash accidentel, cette opération était planifiée et faisait partie d’un programme scientifique visant à analyser les vibrations provoquées par l’impact. L’étage de la fusée pesait plusieurs tonnes et s’est écrasé à une vitesse d’environ 10 000 kilomètres par heure, libérant une énergie équivalente à 7,7 tonnes de TNT. Cette explosion a permis de recueillir des données précieuses grâce aux sismomètres laissés sur place par les missions précédentes.

Origine de l’idée

L’idée de faire s’écraser un objet sur la Lune pour étudier ses vibrations est née en 1969, lors de la mission Apollo 12. À cette époque, les astronautes avaient déposé un sismomètre sur la surface lunaire, un appareil conçu pour mesurer les mouvements du sol. Lorsque le module lunaire de Apollo 11 s’est posé en 1969, les vibrations générées par son atterrissage ont été enregistrées par le sismomètre d’Apollo 12, situé à environ 70 kilomètres de distance. Les scientifiques ont alors constaté que les ondes sismiques se propageaient de manière inhabituelle sur la Lune, bien différente de ce qui se passe sur Terre. Cette observation a conduit la Nasa à envisager des impacts contrôlés pour approfondir les recherches.

Un réseau de sismomètres

Pour mieux comprendre la structure interne de la Lune, la Nasa a mis en place un réseau de sismomètres lors des missions Apollo. Chaque mission habitée (de Apollo 12 à Apollo 17) a laissé un sismomètre sur place, permettant de créer un système de mesure interconnecté. Ces appareils ont enregistré les vibrations causées par les impacts des étages de fusées, mais aussi par les séismes lunaires naturels. Les données recueillies ont révélé que la Lune, contrairement à la Terre, ne possède ni eau ni couches de lave souterraine. Les ondes sismiques y rebondissent et résonnent, ce qui explique pourquoi les vibrations durent plusieurs heures après un impact, comme celui de Saturn V en 1970.

Résultats scientifiques

Les impacts contrôlés des étages de fusées Saturn V ont permis aux scientifiques de mieux comprendre la composition et la structure de la Lune. Les vibrations enregistrées ont montré que la Lune est un corps céleste très sec et solide, où les ondes sismiques se propagent différemment que sur Terre. Par exemple, sur Terre, les ondes sismiques s’atténuent rapidement en raison de la présence d’eau et de couches géologiques variées. Sur la Lune, ces ondes peuvent résonner pendant des heures, fournissant des informations uniques sur les couches internes du satellite. Ces données ont été cruciales pour les recherches ultérieures sur la formation et l’évolution de la Lune.

Ce que ça pourrait changer

Le programme de sismomètres lunaires a pris fin en 1977, lorsque la Nasa a arrêté les missions habitées vers la Lune. Les appareils laissés sur place ont cessé de fonctionner faute d’entretien, mais ils ont fourni des données pendant près de huit ans. Ces informations ont été essentielles pour comprendre la géologie lunaire et ont ouvert la voie à des missions ultérieures, comme celles des sondes automatiques ou des projets futurs de retour d’astronautes sur la Lune. Bien que les sismomètres n’aient pas pu enregistrer le crash involontaire d’un étage de fusée *SpaceX* en 2026, leur héritage scientifique reste majeur pour l’exploration spatiale.

Sujets complémentaires

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