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Géopolitique

L’ambassadrice américaine à Athènes a-t-elle tenté d’intimider le gouvernement grec ?

Courrier International · mis à jour 1 oct.

Un article du “Wall Street Journal” publié le 25 septembre rapporte des propos prêtés à l’ambassadrice américaine en Grèce, Kimberly Guilfoyle. En mars, cette dernière aurait menacé un ministre grec, arguant que les États-Unis avaient le pouvoir de précipiter la chute du gouvernement d’Athènes.

Polémique diplomatique

Une polémique secoue la Grèce après des révélations publiées le 25 septembre 2026 par le Wall Street Journal. Kimberly Guilfoyle, ambassadrice des États-Unis en Grèce, aurait menacé un ministre grec en mars 2026. Selon l’article, elle aurait affirmé que Washington avait le pouvoir de faire tomber le gouvernement grec. Ces propos, s’ils sont avérés, pourraient être interprétés comme une tentative d’intimidation envers les autorités grecques. La révélation a provoqué une vive réaction dans le pays, où de nombreux responsables politiques et citoyens dénoncent une ingérence étrangère dans les affaires intérieures. Le gouvernement grec n’a pas encore officiellement réagi à ces accusations, mais l’affaire suscite déjà des débats sur la souveraineté nationale et les relations entre Athènes et Washington.

Contexte énergétique

L’incident s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques autour de l’énergie en Europe. Depuis 2022, l’Union européenne cherche à réduire sa dépendance au gaz russe, notamment après l’invasion de l’Ukraine. Les États-Unis, premier producteur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), voient une opportunité pour exporter leur énergie vers l’Europe. En novembre 2025, Kimberly Guilfoyle a participé à la signature de contrats d’une valeur totale de 25 milliards d’euros sur vingt ans. Ces accords prévoient l’acheminement de GNL américain vers la Grèce, qui deviendrait une plateforme de redistribution vers les Balkans. Le projet implique des infrastructures spécifiques pour importer, stocker et exporter le gaz par gazoduc. La Grèce, déjà membre de l’UE, joue un rôle stratégique dans cette stratégie énergétique américaine.

Rôle des acteurs

Kimberly Guilfoyle, ambassadrice des États-Unis en Grèce depuis fin 2025, est au cœur de la polémique. Ancienne conseillère de Donald Trump, elle est connue pour ses positions pro-Trump et son engagement en faveur des intérêts américains. Christos Marafatsos, lobbyiste grec, est également cité dans l’article du Wall Street Journal. Il représente l’Aktor Group, une entreprise grecque de construction qui s’est associée à une société énergétique soutenue par l’État pour importer du GNL américain. Selon le Wall Street Journal, Washington aurait conditionné ses accords énergétiques à l’implication d’Aktor Group dans les projets, ce qui soulève des questions sur les liens entre diplomatie et intérêts économiques. Ces acteurs illustrent les dynamiques complexes entre politique étrangère, énergie et lobbying.

Ce que ça pourrait changer

La révélation des propos de Kimberly Guilfoyle a provoqué un tollé en Grèce, où les responsables politiques et la population s’interrogent sur l’autonomie du pays face aux pressions américaines. Certains y voient une tentative de chantage politique, tandis que d’autres soulignent l’importance des contrats énergétiques pour l’économie grecque. Le gouvernement grec, dirigé par Kyriakos Mitsotakis, n’a pas encore pris position publiquement, mais l’affaire pourrait compliquer les relations entre Athènes et Washington. Par ailleurs, cette polémique intervient dans un contexte de tensions accrues entre les États-Unis et la Russie, ainsi que dans un débat européen sur la transition énergétique. Les enjeux sont donc à la fois diplomatiques, économiques et stratégiques pour la Grèce et l’UE.

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