Des microbiologistes mettent en garde : cette surface souvent négligée est recouverte de germes, surtout pendant la saison de la grippe et du rhume
En pleine saison des rhumes, les écrans tactiles et terminaux de paiement des pharmacies concentrent des agents infectieux déposés par des visiteurs souvent malades..
Des microbiologistes alertent sur une surface courante, souvent négligée, qui abrite un nombre élevé de germes, particulièrement pendant les mois d’automne et d’hiver. Cette surface, identifiée comme un vecteur majeur de transmission des virus hivernaux comme la grippe ou le rhume, est le clavier d’ordinateur. Les études montrent que les claviers peuvent héberger jusqu’à 5 fois plus de bactéries qu’une cuvette de toilettes, en raison de leur utilisation intensive et du manque d’entretien régulier. Les germes, comme les virus grippaux ou les bactéries pathogènes, survivent plusieurs heures, voire plusieurs jours, sur ces surfaces en plastique ou en métal. Les chercheurs soulignent que cette contamination est particulièrement préoccupante en période d’épidémies, où le risque de propagation est accru. Les claviers partagés, comme ceux des bureaux ou des espaces publics, représentent un danger accru, car ils sont touchés par de nombreuses personnes sans nettoyage intermédiaire.
Les claviers d’ordinateur sont des nids à microbes pour plusieurs raisons. D’abord, ils sont rarement nettoyés avec des produits désinfectants, contrairement aux surfaces comme les poignées de porte ou les tables. Ensuite, les touches, surtout celles des lettres et des chiffres, sont constamment manipulées avec des doigts potentiellement contaminés, notamment après avoir touché des surfaces infectées (poignées de porte, transports en commun, etc.). Les miettes de nourriture, la transpiration et les particules de peau qui s’accumulent entre les touches créent un environnement propice à la prolifération des microbes. Une étude citée par les microbiologistes indique que 90 % des claviers testés dans des bureaux contenaient des bactéries comme Escherichia coli (E. coli) ou Staphylococcus aureus, responsables d’infections cutanées ou digestives. Ces bactéries peuvent survivre jusqu’à 24 heures sur une surface sèche, prolongeant ainsi le risque de contamination.
La période hivernale, marquée par la circulation accrue des virus grippaux et des rhumes, amplifie le danger lié aux claviers contaminés. Pendant ces mois, les virus respiratoires se propagent plus facilement, notamment via les gouttelettes projetées en toussant ou en éternuant, ou par contact avec des surfaces infectées. Les microbiologistes rappellent que le virus de la grippe peut survivre jusqu’à 48 heures sur une surface dure comme un clavier, tandis que le virus du rhume (souvent un rhinovirus) reste actif pendant 3 à 7 jours. Les lieux publics, comme les open spaces, les salles de classe ou les cybercafés, deviennent alors des foyers de transmission silencieux. Les experts recommandent une désinfection accrue de ces surfaces pendant l’hiver, avec des produits adaptés comme l’alcool à 70° ou des lingettes désinfectantes.
Pour limiter les risques, les microbiologistes proposent des mesures accessibles à tous. La première consiste à nettoyer régulièrement son clavier avec un chiffon microfibre légèrement humidifié d’alcool isopropylique ou de vinaigre blanc dilué. Une étude montre que ce geste réduit de 80 % la charge microbienne en quelques minutes. Il est également conseillé de se laver les mains avant et après avoir utilisé un clavier partagé, ou d’utiliser des gants jetables dans les espaces publics. Les claviers sans fil ou les modèles avec revêtement antibactérien peuvent aussi limiter la prolifération des germes. Enfin, les experts insistent sur l’importance de ventiler les pièces pour réduire la concentration de particules infectieuses dans l’air, complémentaire à la désinfection des surfaces.
Certains groupes de personnes sont plus vulnérables aux risques liés aux claviers contaminés. Les travailleurs de bureau, qui utilisent quotidiennement des claviers partagés, sont en première ligne. Une enquête révèle que 60 % d’entre eux déclarent ne jamais nettoyer leur clavier, malgré une utilisation intensive. Les enfants, notamment dans les écoles où les claviers sont rarement désinfectés, sont également exposés à un risque accru. Les personnes immunodéprimées, comme les patients sous chimiothérapie ou atteints de maladies chroniques, doivent redoubler de vigilance, car une infection pourrait avoir des conséquences graves. Les experts recommandent à ces publics de privilégier des claviers personnels ou de les désinfecter avant chaque utilisation.

