«D-rex»: une espèce de champignon XXL datant de l'époque des dinosaures a été découverte en Chine
L'espèce de champignon géant serait apparue il y a environ 65 millions d'années, soit un million d'années après l'extinction des dinosaures. Le D-rex peut mesurer jusqu'à 50 centimètres de haut..
En 2024, des chercheurs de l'Institut de botanique de Kunming, en Chine, ont identifié une nouvelle espèce de champignon géante dans la province du Yunnan. Baptisée Dianjunus rex et surnommée « D-rex » en référence à l'ancien royaume de Dian, cette espèce se distingue par sa taille exceptionnelle : son corps fructifère, partie visible du champignon, peut atteindre 50 centimètres de hauteur et peser jusqu'à 2,2 kilogrammes. Cette découverte est notable car elle représente non seulement une nouvelle espèce, mais aussi un nouveau genre et une nouvelle famille de champignons, nommée Dianjunaceae. Les scientifiques soulignent que ce spécimen est le plus grand connu au sein de la division des Ascomycètes, un groupe très répandu de champignons incluant des espèces comme les morilles ou les truffes.
Le D-rex présente des caractéristiques morphologiques distinctes. Les jeunes spécimens apparaissent blanchâtres avec des extrémités bulbeuses, tandis que les individus plus âgés prennent une teinte jaune foncé. Leur structure se compose de filaments parsemés de points noirs, indiquant la présence de spores. Les chercheurs ont observé que ces champignons se développent sur les racines du chêne-liège de Chine, émergent du sol entourant les racines (appelé rhizosphère), et semblent se nourrir de bois mort ou mourant. Pour étudier cette espèce, l'équipe a cultivé des cellules de D-rex en laboratoire et séquencé son génome, confirmant ainsi son statut d'espèce inédite. Ces analyses ont également révélé des détails sur sa structure et son mode de vie.
En utilisant une horloge moléculaire, une méthode qui estime l'âge d'une espèce en comparant les différences génétiques entre organismes, les scientifiques ont déterminé que la famille des Dianjunaceae est apparue il y a environ 65 millions d'années. Cette période coïncide avec un million d'années après l'extinction des dinosaures, un événement qui a profondément transformé les écosystèmes terrestres. Les chercheurs émettent l'hypothèse que l'abondance soudaine de matière végétale morte après cette extinction a pu offrir de nouvelles opportunités écologiques aux champignons décomposeurs comme le D-rex. Cependant, ils précisent que cette estimation reste approximative, avec une marge d'erreur allant de 50 à 80 millions d'années, ce qui suggère que l'apparition de cette famille pourrait remonter à une période antérieure.
Le D-rex joue un rôle écologique clé en tant que décomposeur de bois mort. Contrairement à d'autres champignons qui vivent à la surface des arbres, celui-ci semble se développer à l'intérieur des arbres sains avant de commencer à se nourrir une fois l'hôte mort. Cette stratégie lui permet de tirer parti des ressources disponibles après la mort de l'arbre, contribuant ainsi au recyclage de la matière organique dans les écosystèmes forestiers. Les chercheurs estiment que cette adaptation pourrait expliquer sa taille imposante, bien que les mécanismes exacts de sa croissance restent à élucider. Cette découverte met en lumière l'importance des champignons dans les cycles naturels et leur capacité à évoluer en réponse aux changements environnementaux.
Les scientifiques chinois, dirigés par Indunil C. Senanayake, coautrice de l'étude publiée dans la revue *Frontiers in Fungal Biology*, soulignent que cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour la recherche sur la biodiversité fongique. La Chine subtropicale, où le D-rex a été trouvé, abrite des écosystèmes variés et complexes qui favorisent la diversification des champignons. Historiquement, ces régions ont été sous-étudiées en raison de difficultés logistiques et d'un focus prioritaire sur les champignons d'importance économique. Les chercheurs espèrent que cette découverte encouragera de futures explorations dans ces zones, révélant potentiellement d'autres espèces encore inconnues. Cette étude illustre ainsi l'immensité des connaissances à acquérir sur les champignons, un règne biologique encore largement méconnu.

