Le fédéral présentera cet automne le tracé du TGV entre Montréal et Ottawa
Ce tracé constitue le premier segment du projet de train à grande vitesse devant relier Québec à Toronto..
Le gouvernement fédéral canadien a annoncé qu’il dévoilerait cet automne le tracé du premier segment du projet de train à grande vitesse (TGV) reliant Québec à Toronto. Ce premier tronçon reliera Montréal à Ottawa, sur une distance d’environ 200 kilomètres. Le projet global, porté par la société Alto, vise à créer une liaison rapide entre les principales villes du corridor Québec-Windsor, avec des vitesses pouvant atteindre 300 km/h. Ce type de train, appelé TGV, est conçu pour réduire significativement les temps de trajet par rapport aux trains classiques, tout en offrant une alternative écologique aux déplacements en voiture ou en avion. Le coût total du projet est estimé entre 60 et 90 milliards de dollars canadiens, selon les prévisions de 2025. Les travaux du premier segment devraient commencer en 2029, selon les annonces initiales.
Le ministre fédéral des Transports, Steven MacKinnon, a confirmé lors d’une conférence de presse à Banff, en Alberta, que le tracé du TGV entre Montréal et Ottawa serait présenté cet automne. Cette annonce intervient après une retraite de deux jours du conseil des ministres fédéraux, visant à préparer la rentrée parlementaire à Ottawa. Le ministre a souligné que chaque jour de retard dans le lancement du projet augmenterait son coût pour les contribuables canadiens. Il a également mentionné que des consultations publiques et une approche sensible seraient mises en place pour les expropriations nécessaires à la construction de l’infrastructure. Steven MacKinnon a par ailleurs reconnu les erreurs commises lors des expropriations liées à l’ancien aéroport de Mirabel dans les années 1970, et s’est excusé pour ces événements.
Le projet de TGV suscite une opposition marquée, notamment dans le milieu agricole et parmi certains partis politiques québécois. Les chefs du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, et du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, se sont publiquement opposés au projet. Leurs critiques portent notamment sur les risques d’expropriations massives et les impacts sur les terres agricoles. Cette opposition s’inscrit dans un contexte plus large de méfiance envers les grands projets d’infrastructure, en raison des traumatismes causés par les expropriations de Mirabel. En 2026, une motion présentée par le député bloquiste Jean-Denis Garon, réclamant des excuses officielles du gouvernement canadien pour ces expropriations, a été adoptée à l’unanimité par les députés fédéraux. En 2019, l’ancien ministre des Transports, Marc Garneau, avait déjà reconnu ces erreurs et présenté des excuses.
Le projet de TGV entre Montréal et Ottawa soulève plusieurs enjeux majeurs. D’un point de vue économique, son coût estimé entre 60 et 90 milliards de dollars en fait l’un des plus importants investissements publics au Canada. Les promoteurs du projet, comme la société Alto, estiment que le TGV répondra à une demande croissante pour des transports rapides et écologiques entre les deux villes. Cependant, les opposants soulignent les risques de dépassement des coûts et les impacts environnementaux, notamment sur les terres agricoles. Le gouvernement fédéral insiste sur la nécessité de ce projet pour moderniser les infrastructures de transport au Canada, tout en promettant une gestion rigoureuse des expropriations et des consultations publiques. Le débat porte également sur l’acceptabilité sociale du projet, un terme qui désigne le niveau d’adhésion et de soutien de la population envers une décision ou un projet.

