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Géopolitique

Pourquoi la Suède expulse-t-elle des Britanniques à tour de bras ?

Courrier International · mis à jour 23 sept.

Le tour de vis du gouvernement de droite suédois, soutenu par l’extrême droite, n’a pas épargné, dans le sillage du Brexit, les ressortissants britanniques installés dans le pays. Même les plus vulnérables, veufs ou malades, n’ont pu y échapper, dénonce la presse londonienne..

Expulsions massives de Britanniques

Depuis le Brexit, la Suède expulse un nombre croissant de ressortissants britanniques installés sur son territoire. Selon les dernières données de septembre 2026, 2 500 Britanniques sur les 14 000 présents dans le pays ont reçu un avis d’expulsion, et 458 d’entre eux ont déjà été reconduits à la frontière. Ce chiffre représente un tiers des expulsions totales en Suède, ce qui souligne l’ampleur du phénomène. Les autorités suédoises justifient cette politique par le durcissement des règles migratoires, notamment depuis l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement de droite soutenu par l’extrême droite. Cette orientation politique vise à réduire l’immigration, y compris celle des Européens, désormais soumis aux mêmes règles que les non-Européens après le Brexit.

Cas emblématique de Charles

L’histoire de Charles, un Britannique de 60 ans, illustre les conséquences dramatiques de ces expulsions. Ancien directeur commercial, il a vécu cinq ans en Suède auprès de son épouse suédoise avant d’être placé en centre de rétention puis expulsé vers le Royaume-Uni en septembre 2026. Charles, sans enfant ni propriété au Royaume-Uni, n’y a séjourné que brièvement depuis 2017 et vivait principalement en Suède. Son cas, décrit par le quotidien britannique The Guardian, montre comment des personnes vulnérables, comme les veufs ou les malades, sont touchées par cette politique. Malgré des procédures de régularisation infructueuses, il a été contraint de quitter le pays où il avait construit sa vie, soulignant l’impact humain de ces mesures.

Contexte politique suédois

Cette vague d’expulsions s’inscrit dans un contexte politique marqué par un virage à droite en Suède. Depuis 2026, le gouvernement suédois, dirigé par des partis de droite et soutenu par l’extrême droite, a durci sa politique migratoire. Cette orientation vise à limiter l’immigration, y compris celle des citoyens européens, désormais soumis aux mêmes critères stricts que les autres étrangers. Le Brexit a joué un rôle clé dans cette décision, car il a mis fin aux accords de libre circulation entre la Suède et le Royaume-Uni. Les autorités suédoises appliquent désormais les règles du règlement Dublin, un accord européen qui détermine quel pays est responsable d’examiner une demande d’asile ou de régularisation.

Réactions et critiques

La presse britannique, notamment The Guardian, dénonce une politique inhumaine et disproportionnée. Les médias soulignent que des personnes comme Charles, sans lien fort avec le Royaume-Uni, sont expulsées vers un pays où elles n’ont plus de repères. Les associations de défense des droits humains critiquent également cette approche, estimant qu’elle ignore les situations individuelles et les liens familiaux ou professionnels établis en Suède. En Suède même, des voix s’élèvent contre cette politique, mais le gouvernement reste ferme, arguant que ces mesures sont nécessaires pour contrôler l’immigration et préserver les ressources du pays. Les expulsions se poursuivent malgré les protestations.

Ce que ça pourrait changer

Les Britanniques installés en Suède sont désormais confrontés à une incertitude juridique majeure. Avant le Brexit, ils bénéficiaient de la libre circulation au sein de l’Union européenne (UE), ce qui leur permettait de s’installer et de travailler en Suède sans formalités particulières. Depuis 2021, date officielle du Brexit, ils doivent obtenir un titre de séjour comme tout autre ressortissant non européen. Les demandes de régularisation sont souvent rejetées, notamment si les critères de résidence ou de travail ne sont pas remplis. Les Britanniques concernés doivent désormais quitter le pays ou risquer une expulsion, même s’ils y ont vécu pendant des années. Cette situation crée une précarité juridique et sociale pour des milliers de personnes.

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