Thomas Brail : « Critiquez ces jeunes masqués, mais vous découvrirez peut-être que ce sont vos enfants »
« Avec le recul, je pense qu'on est en train de gagner » : dans ce grand entretien, le militant Thomas Brail, connu pour se percher dans les arbres pour les protéger, analyse les victoires et les défaites des luttes contre les projets écocidaires, type A69 ou A412. C'est l'histoire d'un homme.
Thomas Brail est un militant écologiste et porte-parole du Collectif des jeunes masqués, un groupe engagé dans des actions de désobéissance civile pour défendre l’environnement. Il est également connu pour son engagement contre les projets d’infrastructures destructrices, comme les grands projets inutiles et imposés (GPI). Dans cet article, il dénonce les élus politiques qu’il accuse de favoriser ces projets au détriment des citoyens et de l’écologie. Son propos s’adresse particulièrement aux parents, suggérant que ces jeunes militants pourraient être leurs propres enfants, ce qui invite à une réflexion sur les valeurs transmises et les choix politiques actuels.
Thomas Brail critique vivement les élus politiques qu’il qualifie d’écocides, c’est-à-dire des responsables qui, par leurs décisions, contribuent activement à la destruction de l’environnement. Selon lui, ces élus soutiennent des projets comme les grands projets inutiles et imposés (GPI), qui détruisent des écosystèmes, gaspillent des ressources publiques et ignorent les alertes scientifiques sur l’urgence climatique. Il cite notamment des exemples comme l’extension d’aéroports ou la construction d’autoroutes, qui sont souvent justifiés par des arguments économiques à court terme, mais dont les impacts environnementaux et sociaux sont graves et durables. Brail souligne que ces projets sont rarement soumis à un débat démocratique approfondi.
Le Collectif des jeunes masqués est un mouvement de désobéissance civile qui utilise des actions symboliques pour attirer l’attention sur les problèmes environnementaux. Ces jeunes, souvent masqués pour éviter d’être identifiés, organisent des blocages, des occupations de sites ou des manifestations non autorisées. Leur approche vise à perturber les projets qu’ils considèrent comme nuisibles, tout en restant pacifiques. Brail défend leur action en expliquant qu’elle est une réponse légitime à l’inaction des pouvoirs publics face à l’urgence écologique. Il rappelle que ces jeunes ne sont pas des criminels, mais des citoyens engagés qui agissent pour un avenir commun.
Brail interpelle directement les parents en leur demandant de ne pas rejeter ces jeunes militants par principe, mais de s’interroger sur ce qui pousse leurs enfants à s’engager dans de telles actions. Il suggère que ces jeunes pourraient être leurs propres enfants, ce qui implique une remise en question des valeurs et des priorités transmises. Selon lui, critiquer ces militants sans comprendre leurs motivations revient à ignorer les problèmes systémiques qui poussent les nouvelles générations à se rebeller. Il invite ainsi les adultes à écouter ces voix plutôt qu’à les diaboliser, afin de mieux comprendre les enjeux environnementaux et sociaux actuels.
L’article s’inscrit dans un contexte marqué par l’urgence climatique, où les scientifiques alertent depuis des décennies sur les conséquences dramatiques du réchauffement global. Brail rappelle que les décisions politiques actuelles, comme le soutien aux GPI, aggravent cette crise en favorisant des modèles économiques non durables. Il souligne que ces choix ont des répercussions directes sur les jeunes générations, qui héritent d’un monde en dégradation accélérée. Pour lui, la responsabilité des élus est donc double : agir pour limiter les dégâts environnementaux et écouter les revendications des citoyens, y compris les plus radicaux, car elles reflètent un malaise profond face à l’avenir.

