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Environnement

«Ceux qui nous gouvernent sont allés trop loin» : après l’été infernal, les pompiers entament une grève d’un mois

Vert.eco · mis à jour il y a 12 j

Xavier Boy est porte-parole de l’intersyndicale des pompier·es, qui entament aujourd’hui leur premier jour de grève, pour un mois. Les soldat·es du feu réclament davantage de moyens humains et matériels, ainsi qu’un meilleur suivi sanitaire de leur exposition aux fumées toxiques des incendies.

Grève des pompiers

Les pompiers et pompières de France entament une grève d’un mois à partir du 8 septembre 2026. Cette mobilisation, inédite par son ampleur et sa durée, est portée par l’intersyndicale des pompier·es, représentée par Xavier Boy, porte-parole. Les revendications portent sur trois axes principaux : l’augmentation des moyens humains et matériels, l’amélioration du suivi sanitaire pour les pompiers exposés aux fumées toxiques, et une meilleure reconnaissance des risques encourus. La grève se déroulera dans le cadre d’un service minimum obligatoire, garantissant la continuité des interventions d’urgence. Des rassemblements et rencontres citoyennes sont prévus dans toute la France pour sensibiliser le public à la situation des pompiers.

Manque de moyens humains

Les pompiers dénoncent un manque criant de personnel, notamment de pompiers professionnels. Selon l’inspection générale de l’administration, 32 millions d’heures de garde dans les casernes sont assurées par des pompiers volontaires en 2026. Pour couvrir ce temps de travail avec des professionnels, il faudrait recruter 21 000 pompiers supplémentaires. Les pompiers volontaires, qui représentent une part importante des effectifs, effectuent en moyenne 600 heures de travail non rémunérées par an. Cette situation aggrave la charge de travail des pompiers en activité et limite leur capacité à intervenir en toute sécurité. Les pompiers volontaires sont des civils formés qui interviennent sans être des salariés à temps plein, contrairement aux pompiers professionnels.

Équipements insuffisants

Les pompiers réclament davantage de matériel, notamment des camions-citernes spécialisés pour lutter contre les feux de forêt. Ils estiment avoir perdu près d’un millier de ces véhicules sur les dix dernières années. Malgré l’annonce en 2022 par le président Emmanuel Macron de nouveaux équipements après les incendies de l’été, le parc de camions n’a pas été développé, seulement renouvelé. Les camions disponibles, souvent conçus pour les feux urbains, sont parfois utilisés en urgence pour les feux de forêt, ce qui pose des problèmes de sécurité et d’efficacité. Les pompiers soulignent que les collectivités locales manquent de moyens financiers pour acheter ces équipements, tandis que l’État ne fournit pas un financement suffisant pour la sécurité civile.

Exposition aux fumées toxiques

Les pompiers sont régulièrement exposés à des fumées toxiques lors des incendies, contenant des particules fines, du benzène, de l’amiante et d’autres substances cancérogènes. Ces fumées proviennent de la combustion de matériaux variés, comme des meubles traités avec des produits retardateurs de flammes, qui libèrent des milliers de molécules dangereuses. Les pompiers absorbent ces substances par la peau et les poumons, ce qui augmente les risques de cancers (prostate, vessie, testicules) et d’autres maladies. Malgré ces dangers, les visites médicales de contrôle ont été réduites : elles ont lieu tous les quatre ans au lieu d’annuellement ou tous les deux ans auparavant. Les pompiers dénoncent un manque de protection adaptée et de suivi médical régulier pour évaluer leur exposition.

Revendications sanitaires

Les pompiers demandent un meilleur suivi sanitaire tout au long de leur carrière pour détecter précocement les maladies liées à leur exposition aux fumées. Ils proposent des analyses régulières pour mesurer les doses de substances toxiques assimilées et adapter leur exposition en conséquence. Par exemple, en cas de trop grande exposition, ils pourraient être temporairement retirés des interventions ou définitivement exclus des zones à risque. Ils réclament également des équipements de protection individuelle plus performants pour limiter l’absorption de ces substances. Les pompiers soulignent que ces mesures permettraient de préserver leur santé à long terme, alors que des cas de cancers précoces sont déjà observés chez des pompiers d’une trentaine d’années.

Mobilisation et actions

La grève des pompiers prendra la forme de banderoles apposées sur les casernes et du port d’un brassard « En grève ». Un rassemblement majeur est prévu le 29 septembre 2026 au Champ de Mars à Paris, avec des déplacements de pompiers de toute la France. D’autres actions statiques sont organisées les 27 et 28 septembre. Parallèlement, des rencontres citoyennes sont organisées devant les mairies, préfectures ou places de marché pour expliquer les revendications et sensibiliser le public. Ces actions visent à montrer la dégradation de la sécurité civile et à interpeller les responsables politiques sur les conditions de travail des pompiers. La mobilisation s’inscrit dans une dynamique de dix ans de revendications ignorées par les gouvernements successifs.

Ce que ça pourrait changer

Les pompiers critiquent une double responsabilité : les collectivités locales, qui se plaignent de manquer de moyens pour financer la sécurité civile, et le gouvernement, qui affirme donner les fonds nécessaires mais accuse les collectivités de mauvaise gestion. Les pompiers se retrouvent ainsi en bout de chaîne, supportant les conséquences de cette situation. Ils dénoncent un déni des risques encourus, comme en témoigne l’utilisation de camions inadaptés ou l’absence de reconnaissance des accidents survenus pendant les congés. Les pompiers rappellent que leur mission est de protéger les citoyens, mais que leur propre sécurité et celle de leurs collègues ne sont pas garanties.

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