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Géopolitique

Dans les villages de l’est de la RDC, la réponse à Ebola “arrive trop tard”

Courrier International · mis à jour 6 oct.

Alors que la 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC se poursuit, l’Ituri, dans l’est du pays, reste l’un des principaux foyers de la maladie, avec plusieurs centaines de décès. À Mangala et Biakato, le manque de moyens et d’infrastructures médicales ralentit la prise en charge des malades et le suivi des cas contacts.

17e épidémie d'Ebola

La République démocratique du Congo (RDC) fait face à sa 17ᵉ épidémie d’Ebola depuis mars 2026, une maladie virale extrêmement contagieuse et mortelle. Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels (sang, sueur, vomissements) d’une personne infectée ou d’un animal malade. Les symptômes initiaux ressemblent à ceux de la grippe (fièvre, fatigue) avant d’évoluer vers des hémorragies internes et externes. Le taux de mortalité peut atteindre 90 % en l’absence de traitement. La RDC, déjà touchée par 16 épidémies depuis 1976, est particulièrement vulnérable en raison de son isolement géographique, de ses infrastructures sanitaires limitées et des conflits armés dans l’est du pays. Depuis mars 2026, plus de 4 100 décès ont été enregistrés, dont près de 75 % dans la province de l’Ituri.

Foyers critiques en Ituri

La province de l’Ituri, dans l’est de la RDC, est l’un des principaux foyers de l’épidémie actuelle d’Ebola. Les villages de Mangala et Biakato y sont particulièrement touchés. À Biakato, 18 décès liés à Ebola ont été enregistrés en seulement 48 heures (3 et 4 octobre 2026), selon des sources sanitaires citées par le média panafricain Afrik.com. Ces chiffres illustrent l’ampleur de la crise et la rapidité avec laquelle le virus se propage dans des zones où les moyens de lutte sont insuffisants. L’Ituri, région en proie à des conflits armés et à une instabilité chronique, cumule les défis : accès limité aux soins, méfiance des populations envers les équipes médicales et manque de ressources logistiques.

Manque de moyens critiques

Malgré l’urgence sanitaire, les infrastructures médicales de l’Ituri sont gravement sous-équipées. Dans la zone de santé de Mandima, par exemple, la seule ambulance disponible manque de carburant, ce qui limite les déplacements des équipes médicales pour transporter les patients ou récupérer les corps des personnes décédées. Les centres de traitement d’Ebola, essentiels pour isoler les malades et éviter la propagation, sont soit inexistants, soit en nombre insuffisant. À Mangala, la construction d’un nouveau centre arrive, selon les agents de santé locaux, trop tard pour enrayer l’épidémie. Les retards dans la réponse sanitaire s’expliquent par des financements insuffisants, une logistique défaillante et des difficultés d’accès aux zones reculées.

Extension régionale du virus

L’épidémie d’Ebola ne se limite plus à la RDC. Un premier cas mortel a été enregistré au Kenya, marquant une expansion géographique inquiétante du virus. Cette propagation transfrontalière augmente les risques pour les pays voisins, dont les systèmes de santé sont souvent aussi fragiles que celui de la RDC. Les experts craignent que l’épidémie ne devienne incontrôlable si les moyens de lutte ne sont pas renforcés rapidement. La mobilité des populations, les déplacements commerciaux et les mouvements de réfugiés dans la région facilitent la transmission du virus au-delà des frontières congolaises.

Ce que ça pourrait changer

La réponse à l’épidémie est jugée trop lente par les acteurs locaux et les médias internationaux. Les organisations humanitaires et les gouvernements étrangers peinent à mobiliser les ressources nécessaires pour endiguer la crise. Les retards s’expliquent par des priorités concurrentes, des difficultés logistiques pour acheminer du matériel médical et des fonds, ainsi que par la méfiance des populations envers les équipes sanitaires, parfois perçues comme intrusives ou mal intentionnées. Sans une coordination renforcée entre les acteurs locaux et internationaux, la situation risque de s’aggraver, avec des conséquences humanitaires et économiques désastreuses pour la région.

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