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Généraliste

Un nouveau modèle de carte du monde reçoit l’aval de l’ONU

ICI Radio-Canada · mis à jour 4 sept.

La carte Equal Earth agrandit l’Afrique pour une représentation plus exacte de la taille des continents..

ONU adopte nouvelle carte

L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté le 4 septembre 2026 une résolution historique pour promouvoir une nouvelle représentation du monde, la carte Equal Earth. Ce modèle, plus fidèle aux tailles réelles des continents, a été soutenu par 164 pays, avec seulement un vote contre (États-Unis) et six abstentions. Cette décision fait suite à une initiative lancée par l’Union africaine et le Togo, intitulée « Corrigez la carte », qui visait à corriger les distorsions des cartes traditionnelles. La carte Equal Earth est présentée comme une alternative plus équitable, notamment pour les pays du Sud, souvent sous-représentés ou déformés dans les projections classiques.

Problème de la carte Mercator

La carte Mercator, utilisée depuis le XVIe siècle, est critiquée pour ses distorsions géographiques. Elle surestime la taille des pays proches des pôles (comme le Groenland ou le Canada) et minimise celle des régions équatoriales (comme l’Afrique). Cette déformation s’explique par la difficulté de représenter une sphère (la Terre) sur un plan. Comme l’explique Yann Roche, membre de la chaire Raoul-Dandurand, « si vous étalez la peau d’une orange sur une surface plane, il y aura des déchirures ». La projection Mercator était initialement utile pour la navigation maritime, car elle conserve les angles droits entre méridiens et parallèles, mais son usage prolongé a aussi servi des intérêts politiques et coloniaux, en favorisant une vision hégémonique des pays occidentaux.

Equal Earth plus équilibrée

La carte Equal Earth propose une représentation plus fidèle des surfaces continentales, réduisant les écarts de taille entre les régions. Par exemple, l’Afrique apparaît beaucoup plus grande que le Canada, contrairement à la projection Mercator. Shivanand Balram, géographe à l’Université Simon Fraser, souligne que cette nouvelle carte permet aux pays africains de « reprendre le narratif » face aux puissances coloniales. Cependant, Yann Roche rappelle qu’aucune projection n’est parfaite : Equal Earth reste une approximation, mais elle offre un meilleur équilibre pour les régions du Sud. Cette adoption pourrait aussi influencer l’enseignement, en amenant les écoles et universités à revoir leurs supports cartographiques.

Coût et obstacles

L’un des principaux défis de cette transition vers la carte Equal Earth est son coût économique. Remplacer toutes les cartes existantes dans les écoles, les institutions et les entreprises représenterait un investissement important. Yann Roche mentionne que ce frein pourrait ralentir l’adoption généralisée du nouveau modèle. Malgré cela, les partisans de Equal Earth estiment que les bénéfices en termes d’équité et de précision géographique justifient cet effort. Le professeur Balram ajoute que cette initiative pourrait aussi inspirer des changements dans les programmes scolaires, en encourageant une réflexion critique sur le choix des projections cartographiques.

Cartes comme outil politique

Les cartes ne sont pas neutres : elles reflètent des rapports de force et des stratégies d’influence. Yann Roche cite l’essai La géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre (1976) pour illustrer ce rôle. Il évoque aussi des exemples récents, comme le décret de Donald Trump en 2025 renommant le golfe du Mexique en « golfe d’Amérique » ou le lac Ontario en « lac d’Amérique », une mesure perçue comme une tentative de renforcer l’influence des États-Unis. Le choix du centrage d’une carte (Europe, Amérique, etc.) influence aussi la perception du monde : une carte centrée sur le Canada mettrait en lumière sa proximité avec la Russie et l’océan Pacifique, plutôt que son lien avec l’Europe.

Ce que ça pourrait changer

L’adoption de la carte *Equal Earth* pourrait transformer l’enseignement de la géographie. Shivanand Balram, de l’Université Simon Fraser, souligne que cette initiative pourrait encourager une analyse plus critique des projections cartographiques dans les écoles et les universités. Actuellement, les cartes centrées sur l’Europe ou l’Amérique du Nord dominent les manuels scolaires, ce qui peut biaiser la perception des élèves. Une représentation plus équilibrée pourrait aider à corriger ces biais et à promouvoir une vision plus globale et inclusive du monde. Cependant, cette transition nécessitera des formations pour les enseignants et des adaptations des supports pédagogiques.

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