Isolé, Benyamin Nétanyahou critique les détracteurs d’Israël à l’ONU
Des dizaines de membres des délégations ont quitté la salle au moment où il devait prendre la parole..
Le 24 septembre 2026, Benyamin Nétanyahou, premier ministre israélien, s'exprime à l'Assemblée générale des Nations unies (ONU) dans un contexte de forte tension internationale. Il est isolé sur la scène mondiale et mène une campagne électorale difficile pour sa réélection, prévue le 27 octobre 2026. Israël est critiqué pour ses politiques en Cisjordanie occupée et à Gaza, notamment pour l'expansion des colonies israéliennes et les violences commises contre les Palestiniens. Plusieurs pays occidentaux, dont le Canada, la France et le Royaume-Uni, dénoncent ces actions depuis des mois et ont imposé des sanctions. Les États-Unis, tout en évitant une critique publique directe, s'opposent aux violences et à toute annexion de la Cisjordanie.
Lors de son discours à l'ONU, Nétanyahou a vivement critiqué les détracteurs d'Israël, qualifiant leurs accusations de colonialisme d'absurdes. Il a notamment visé la Grande-Bretagne et la France, rappelant que ces pays avaient eux-mêmes colonisé de vastes territoires à travers le monde. Son intervention a été marquée par des départs massifs de délégations de la salle, en signe de protestation, à l'initiative de la mission palestinienne à l'ONU. Nétanyahou a lancé un appel provocateur aux delegates restants : S'il reste encore dans cette salle des lâches qui n'ont pas quitté les lieux, qu'ils le fassent maintenant. Ce discours s'inscrit dans un contexte de tensions accrues, notamment après une attaque à la voiture-bélier en Cisjordanie occupée, où le fils de l'ambassadeur israélien aux États-Unis a été grièvement blessé.
Plusieurs dirigeants internationaux ont critiqué la politique israélienne lors de cette session de l'ONU. Le président français Emmanuel Macron a dénoncé la situation humanitaire à Gaza, interrogeant la crédibilité de la communauté internationale face à l'inaction. Il a également critiqué les actions israéliennes en Cisjordanie, où, selon lui, le Hamas n'a jamais été présent. La France et l'Arabie saoudite avaient déjà mené l'an dernier une initiative pour la reconnaissance d'un État de Palestine, mais la solution à deux États semble de plus en plus compromise. Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, a quant à lui accusé Israël de mener un projet colonial malveillant visant à rendre la vie des Palestiniens insupportable pour les pousser à quitter leur terre.
Nétanyahou a profité de son discours pour attaquer Zohran Mamdani, nouveau maire de New York et membre de l'aile gauche du Parti démocrate. Il l'accuse de soutenir le Hamas et l'a qualifié de criminel de guerre, bien que Mamdani n'ait aucun pouvoir pour l'arrêter, car les États-Unis n'appliquent pas les mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI). Mamdani, militant de la cause palestinienne, avait auparavant déclaré qu'il envisageait d'arrêter Nétanyahou lors du sommet de l'ONU, avant de reconnaître l'impossibilité juridique de cette action. En Cisjordanie, les violences de colons israéliens se sont multipliées depuis l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, aggravant encore les tensions.
La visite de Nétanyahou à New York a été exceptionnellement brève, durant moins de 24 heures. Contrairement à ses habitudes, il n'a rencontré aucun responsable américain lors de ce déplacement. Ce voyage s'inscrit dans une stratégie de communication pour sa campagne électorale, alors que son gouvernement, le plus à droite de l'histoire d'Israël, est engagé dans des conflits multiples : à Gaza, au Liban, en Syrie et en Iran. Il intensifie également la colonisation en Cisjordanie, une politique qui suscite l'indignation internationale. Son discours à l'ONU visait à défendre sa position face à des critiques de plus en plus vives, tout en mobilisant son électorat avant les législatives.

