Le prochain chef du Parti progressiste-conservateur du N.-B. dévoilé aujourd’hui
Qui, de Don Monahan ou Daniel Allain, deviendra chef du PCNB et de l'opposition officielle?.
Le Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick (PCNB) dévoilera aujourd’hui son nouveau chef, mettant fin à l’intérim de Glen Savoie. Ce dernier avait assuré la direction du parti après la défaite historique de Blaine Higgs aux élections d’octobre 2024. Deux candidats sont en lice : Don Monahan et Daniel Allain. Aucun vote ne sera organisé aujourd’hui, car tous les bulletins ont déjà été envoyés par la poste aux membres du parti. Les résultats seront annoncés à 16h45 au Palais des congrès de Fredericton. Le nouveau chef devra obtenir la majorité des voix pour être élu. Ce processus marque un tournant pour le PCNB, qui cherche à se distancier de l’ère Higgs.
Blaine Higgs, ancien premier ministre et chef du PCNB, a quitté la vie politique après avoir perdu son siège dans la circonscription de Quispamsis lors des élections d’octobre 2024. Son départ marque la fin d’une période controversée, notamment en raison de tensions avec la communauté francophone. Higgs, qui était unilingue anglophone, a été critiqué pour des déclarations jugées hostiles envers les francophones. Selon le professeur Gabriel Arsenault de l’Université de Moncton, Higgs a créé une fracture importante au sein du parti et de l’électorat francophone. Les deux candidats à la chefferie, Don Monahan et Daniel Allain, sont bilingues et se présentent comme des figures plus ouvertes envers la minorité linguistique.
Les deux aspirants chefs, Don Monahan et Daniel Allain, incarnent une volonté de modernisation du PCNB. Roger Léger, organisateur du parti, souligne que le parti cherche à s’éloigner de la ligne idéologique plus à droite associée à l’ère Higgs. Léger évoque un besoin de modération politique dans la province, affirmant que le PCNB pourrait retrouver son rôle traditionnel de parti progressiste. Jean LeBlanc, militant conservateur et ancien maire de Dieppe, reconnaît que le parti ne représentait plus les aspirations de la population sous Higgs. Cependant, il met en garde : la venue d’un nouveau chef ne garantit pas l’unité du parti, car les deux candidats ont des visions différentes.
Le mode de scrutin pour élire le nouveau chef a été modifié par rapport aux années précédentes. En 2016, Blaine Higgs avait été élu après trois tours de vote en présentiel, un processus critiqué pour sa durée (près de 12 heures) et les départs de centaines de membres avant la fin. En 2025, le PCNB a adopté un mode de scrutin préférentiel, permettant aux membres de classer les candidats par ordre de préférence. Cependant, avec seulement deux candidats en lice, ce changement aura peu d’impact. Les électeurs ont voté par bulletin secret envoyé par la poste avant le 5 octobre, et 5 643 membres étaient admissibles au vote. Les résultats seront dévoilés aujourd’hui sans nouveau tour de scrutin.
Le PCNB fait face à plusieurs défis après la défaite de 2024 et le départ de Blaine Higgs. Le parti doit retrouver la confiance de l’électorat francophone, qui s’est senti marginalisé sous Higgs. Roger Léger et Jean LeBlanc soulignent que le nouveau chef devra incarner une vision plus inclusive et modérée pour rassembler les membres et les électeurs. Le parti doit également clarifier sa position idéologique, après des années de divisions internes. Enfin, le PCNB devra prouver sa capacité à s’unir malgré les différences entre les deux candidats à la chefferie, dont les visions divergent sur l’avenir du parti.

