Des Irakiens nombreux pour un dernier hommage à Khamenei avant son inhumation en Iran
Cette étape irakienne vient clore un hommage de plusieurs jours qui a rassemblé des millions d'Iraniens..
Des millions de personnes, principalement des Irakiens, se sont rassemblées dans les rues et au sanctuaire chiite de Najaf en Irak pour rendre un dernier hommage à Ali Khamenei, guide suprême iranien. Cet événement s'inscrit dans le cadre d'une série de funérailles organisées après sa mort, survenue le 28 février 2026 lors du premier jour d'une guerre impliquant des frappes israélo-américaines contre l'Iran. À Najaf, ville sacrée pour les chiites, la foule a afflué pour toucher le cercueil de Khamenei, exposé dans l'imposant sanctuaire de l'imam Ali, gendre du prophète Mahomet et figure centrale du chiisme. Les autorités irakiennes ont décrété un jour férié pour l'occasion, et des centaines de religieux, reconnaissables à leurs turbans blancs ou noirs, ont participé à la cérémonie sous un soleil intense. Les drapeaux iraniens et des portraits de Khamenei étaient omniprésents, tandis que des banderoles proclamaient des messages comme Celui qui a humilié l'Amérique.
Le cortège funéraire de Khamenei a commencé à Najaf, où sa dépouille est arrivée mardi 7 juillet 2026 par avion, avant de se rendre à Kerbala, une autre ville sainte chiite en Irak. À Kerbala, située au nord, la foule a continué à rendre hommage dans les sanctuaires de l'imam Hussein et de son frère Abbas, figures majeures du chiisme. Les participants brandissaient des drapeaux iraniens et des portraits de Khamenei, tout en scandant des slogans glorifiant l'Iran et son rôle dans la région, notamment via ce que Téhéran appelle l'axe de la résistance. Cet axe désigne un réseau de groupes armés soutenus par l'Iran, dont certains opèrent en Irak. Les dépouilles des proches de Khamenei, tués avec lui à Téhéran, ont également été transportées, mais sans participer à la procession. Après ces deux étapes irakiennes, le cercueil a été rapatrié en Iran pour son inhumation définitive à Mashhad, ville natale de Khamenei, située dans le nord-est du pays.
Les relations entre l'Iran et l'Irak, deux pays majoritairement chiites, ont connu des hauts et des bas. Dans les années 1980, l'Irak, dirigé par Saddam Hussein, a mené une guerre contre l'Iran après la Révolution islamique de 1979, qui avait instauré un régime théocratique en Iran. Les tensions se sont apaisées après la chute de Saddam Hussein en 2003, lorsque l'Irak est passé sous un gouvernement dominé par les chiites, favorisant une coopération accrue avec l'Iran. Cependant, Bagdad doit gérer un équilibre délicat entre ses relations avec Téhéran et celles avec les États-Unis, avec lesquels il est en conflit. L'Iran soutient à la fois des responsables politiques irakiens et des groupes armés, certains de ces derniers ayant attaqué des installations américaines en Irak. Lors des funérailles, le général Esmaïl Qaani, chef de la force Qods (branche des opérations extérieures des Gardiens de la révolution islamique, une milice paramilitaire iranienne), a salué la planification des autorités irakiennes, soulignant les liens spirituels et politiques entre les deux nations.
Malgré l'ampleur des hommages rendus à Khamenei, les combats n'ont pas cessé. Les hostilités entre les États-Unis et l'Iran ont repris dans la nuit suivant les funérailles, alors qu'un cessez-le-feu fragile avait été établi. Cet événement illustre la complexité de la situation géopolitique au Moyen-Orient, où les tensions religieuses, politiques et militaires s'entremêlent. Khamenei, figure centrale du chiisme et du pouvoir iranien, était perçu comme un symbole de résistance face à l'Occident, notamment après les frappes qui l'ont tué. Son décès et les funérailles qui ont suivi ont servi de démonstration de force pour l'Iran, mais aussi de rappel que les conflits régionaux persistent, malgré les moments de deuil et d'unité affichés. L'inhumation définitive à *Mashhad* marque la fin de cette phase de commémoration, mais pas nécessairement la fin des tensions.

