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Les phares de voiture aveuglants dans la mire des chercheurs

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 16 j

En une quinzaine d'années, les phares à DEL sont devenus la norme, au grand dam de bien des automobilistes..

Phares DEL omniprésents

Les phares à diodes électroluminescentes (DEL) équipent désormais la majorité des voitures modernes, devenant la norme en seulement 15 ans. Leur adoption s’explique par leur efficacité énergétique et leur design compact, qui permet aux constructeurs d’intégrer des formes innovantes. Cependant, ces phares, plus puissants que les technologies précédentes (incandescence, halogènes, xénon), posent un problème majeur : ils éblouissent les conducteurs venant en sens inverse. En 2026, près de 380 000 personnes ont participé à un sondage national de Transport Canada sur ce sujet, révélant l’ampleur du mécontentement. Les règles encadrant l’éclairage automobile n’ont pas évolué aussi rapidement que la technologie, créant un décalage entre innovation et sécurité routière.

Pourquoi les DEL éblouissent

Les phares DEL produisent une lumière plus concentrée et canalisée grâce à des diodes et des lentilles, ce qui génère des faisceaux très nets. Cette précision a un inconvénient : un léger désalignement des phares (d’à peine 1 degré) expose les autres conducteurs à une lumière trois fois plus intense. De plus, leur lumière blanche bleutée, riche en bleu, est perçue comme plus éclatante par l’œil humain, car nos yeux sont particulièrement sensibles à cette couleur du spectre lumineux. Contrairement aux phares halogènes, dont la lumière orangée est moins agressive, les DEL diffusent davantage dans l’œil, amplifiant l’éblouissement. Ces caractéristiques techniques expliquent pourquoi les conducteurs les jugent plus gênants, même à intensité égale.

Hauteur et design des VUS

L’éblouissement est aggravé par la hauteur des véhicules, notamment des VUS (véhicules utilitaires sport), dont les phares DEL sont installés plus haut. Les conducteurs de voitures basses se retrouvent alors exposés à la partie la plus intense du faisceau, même lorsque les phares sont en position de feux de croisement. Bien que techniquement possible, abaisser les phares sur les VUS poserait des défis esthétiques pour les constructeurs. Cette situation illustre un conflit entre design automobile et sécurité routière, où les choix techniques privilégient parfois l’apparence au détriment du confort des autres usagers.

Facteurs aggravants

L’éblouissement dépend aussi de facteurs externes et individuels. Par temps de pluie ou sur une chaussée mouillée, les reflets amplifient l’effet des phares, tout comme un pare-brise sale. La sensibilité à l’éblouissement varie selon l’état des yeux : des problèmes comme la sécheresse oculaire, les cataractes ou les abrasions diffusent la lumière dans l’œil, réduisant la précision visuelle. De plus, les personnes aux yeux bleus sont généralement plus sensibles que celles aux yeux bruns, car ces derniers contiennent plus de pigments protecteurs. Ces variations expliquent pourquoi certains conducteurs supportent mieux les phares DEL que d’autres, même dans les mêmes conditions.

Solutions technologiques

Pour réduire les éblouissements, une solution prometteuse émerge : les phares adaptatifs. Ces systèmes ajustent l’intensité de certaines diodes dans la zone où se trouvent les autres véhicules, limitant ainsi l’éblouissement sans sacrifier la visibilité. Déjà répandus en Europe, ils commencent à apparaître en Amérique du Nord. Par ailleurs, la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), l’agence américaine de sécurité routière, a annoncé en 2026 la modernisation des normes d’éclairage automobile, jugées obsolètes. Transport Canada suit ces travaux et évaluera toute modification réglementaire, en tenant compte de ses propres recherches. Ces avancées pourraient harmoniser technologie et sécurité dans les années à venir.

Ce que ça pourrait changer

L’impact réel des éblouissements sur la conduite reste à préciser. La chercheuse **Jennifer Campos**, du laboratoire KITE de l’Institut de réadaptation de Toronto, mène depuis l’automne 2026 une série de tests en simulateur de conduite. Des participants de tous âges y sont exposés à des éblouissements répétés pour évaluer leur réaction : maintien de la vitesse, fluidité du trajet et maîtrise du véhicule. Ces expériences permettront de déterminer si les éblouissements perturbent suffisamment la conduite pour poser un risque pour la sécurité routière. Les résultats pourraient influencer les futures réglementations sur l’éclairage automobile.

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