Les histoires de Réjean
Réjean Tremblay a toujours rêvé d’un Québec libre doté d’une mentalité de gagnant à l’américaine..
Réjean Tremblay est un journaliste québécois reconnu pour son style direct et ses récits captivants, notamment dans le domaine du sport. Né à la fin des années 1970, l’auteur de l’article raconte comment il a découvert Tremblay en lisant la section sportive de La Presse, un journal québécois. À l’époque, les matchs de hockey étaient rarement diffusés à la télévision et les chaînes sportives en continu n’existaient pas. Tremblay, qui se décrit avec ironie comme un « humble chroniqueur », a marqué l’auteur par la vivacité de ses textes, mêlant histoires et opinions sans détour. Ce dernier a développé une passion pour le journalisme après avoir lu les articles de Tremblay, bien qu’il ne soit pas devenu hockeyeur professionnel, contrairement à son rêve d’enfant. Tremblay a travaillé pour La Presse et Le Journal de Montréal pendant plusieurs décennies.
Le style de Réjean Tremblay est décrit comme jeune, vigoureux et rugueux, avec une touche d’influence américaine. L’auteur souligne que Tremblay, indépendantiste québécois depuis ses débuts, admire des figures comme Mohamed Ali et Elvis Presley. Il associe souvent le Québec à une mentalité de gagnant, inspirée du modèle américain, comme en témoigne sa célèbre télésérie Lance et compte. Tremblay voit dans des figures comme Guy Lafleur ou René Lévesque des symboles de cette quête d’affirmation et de victoire. Il compare notamment les combats de Mohamed Ali à ceux de René Lévesque, résumant leur message commun par « Devenir fiers, résilients et cesser d’être dominés ». Cette vision d’un Québec conquérant transparaît dans ses écrits, bien qu’elle puisse parfois mener à des prises de position radicales.
Réjean Tremblay exprime une vision critique du Québec contemporain, qu’il juge trop « pépère » à son goût. Il reproche notamment à la gestion québécoise de la pandémie de COVID-19 (2020-2022) d’avoir manqué de fermeté, comparant les mesures sanitaires à un « contrôle communiste » similaire à celui des pays de l’Est dans les années 1980. Il s’indigne en déclarant « rien qu’au Québec… rien qu’au Québec », suggérant que le Québec aurait été plus laxiste que d’autres régions. Cependant, l’auteur de l’article nuance cette critique en rappelant que ces mesures étaient justifiées par la prudence sanitaire, un principe partagé par de nombreux pays. Tremblay, connu pour son franc-parler, ne semble pas toujours cohérent dans ses positions, ce qui peut surprendre ses lecteurs.
Réjean Tremblay affiche un engagement marqué pour la justice sociale, notamment en dénonçant l’exploitation de l’Afrique par les grandes puissances. En 2008, il se rend au Burkina Faso à l’invitation d’un ami québécois travaillant pour une compagnie minière. Bien qu’il critique d’abord l’exploitation du continent africain, il participe ensuite à des projets visant à promouvoir les intérêts de cette entreprise, comme la création d’une fondation pour aider les villages locaux. L’auteur souligne une contradiction : Tremblay défend une vision décolonisatrice tout en collaborant avec une entreprise dont les activités pourraient perpétuer des inégalités. Malgré cela, il est salué pour son plaidoyer contre l’excision, un enjeu de santé publique majeur dans la région.
Lors d’un voyage en Arabie saoudite en 2023 pour couvrir un gala de boxe, Réjean Tremblay tombe malade et se fait soigner dans une clinique privée. Il compare alors le système de santé québécois à celui de l’Arabie saoudite, déclarant « Mon Dieu que nous étions loin du Québec ». Cette remarque suggère que les soins y étaient plus rapides et accessibles, notamment grâce à une carte de crédit. L’auteur de l’article rappelle que cette comparaison ignore les différences structurelles entre les deux systèmes de santé, où l’accès aux soins privés est souvent conditionné par la capacité financière des patients.
L’article dresse un portrait nuancé de Réjean Tremblay, soulignant ses qualités de conteur mais aussi ses limites idéologiques. Bien que l’auteur et Tremblay partagent une admiration pour le nationalisme québécois et la défense du français, leurs visions du Québec idéal divergent : Tremblay prône un modèle inspiré de *Québec inc.* (économie libérale), tandis que l’auteur défend une approche social-démocrate. Tremblay, ancien enseignant de grec et de latin, est présenté comme un passionné de littérature classique, notamment d’Alexandre Dumas. Son ego marqué, qu’il attribue à ses origines saguenéennes, et son populisme de droite sont également mentionnés. Malgré ces critiques, l’auteur reconnaît son talent pour raconter des histoires captivantes, rendant ses textes irrésistibles pour les lecteurs.

