Avalanche de joie, puis douche froide au Parti québécois
Les partisans péquistes ont assisté à la renaissance de leur formation, mais n’ont pas pu célébrer de majorité..
Le Parti québécois (PQ), formation politique souverainiste du Québec, a connu une remontée spectaculaire lors des élections du 5 octobre 2026. Après avoir frôlé l’effacement en 2022 avec seulement quelques sièges, il a repris le contrôle du gouvernement québécois en obtenant près de 60 sièges. Ce résultat contraste fortement avec les 10 sièges remportés quatre ans plus tôt. Le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, a été élu premier ministre désigné, marquant une nouvelle étape pour ce parti fondé en 1968 pour défendre l’idée d’un Québec indépendant. Le PQ a remporté des victoires dans plusieurs circonscriptions, dont les Îles-de-la-Madeleine, Matane-Matapédia-Mitis et Abitibi-Ouest, confirmant son ancrage dans différentes régions du Québec.
Malgré cette progression impressionnante, le PQ n’a pas obtenu la majorité absolue des sièges à l’Assemblée nationale du Québec, ce qui limite son pouvoir de gouvernance. Avec moins de 28 % des voix, il reste en dessous du score de 32 % obtenu par Pauline Marois en 2012. Cette situation place le nouveau gouvernement dans une position fragile, car il devra composer avec d’autres partis pour faire adopter ses lois et son budget. Plusieurs ténors du parti, comme Alex Boissonneault (Arthabaska-L’Érable) et Pascal Paradis (Jean-Talon), ont perdu leur siège, illustrant les limites de cette victoire. Le PQ devra donc négocier avec l’opposition pour gouverner, ce qui pourrait ralentir la mise en œuvre de son programme.
Paul St-Pierre Plamondon, 34e premier ministre du Québec, a promis un gouvernement « qui tend la main » à tous les Québécois, soulignant l’importance de l’unité. Il a reconnu avoir compris le message des électeurs et a évoqué l’amorce d’un « nouveau cycle politique ». Lors de sa campagne, il a insisté sur la nécessité de « réparer une tuyauterie qui coule abondamment », critiquant les huit années de gouvernance de la Coalition avenir Québec (CAQ), parti dirigé par François Legault. Le PQ a également promis d’organiser un référendum sur la souveraineté du Québec d’ici la fin de son premier mandat, mais seulement après la présidence de Donald Trump, soit après 2028. Cette promesse est présentée comme un « pari fort risqué » par le chef péquiste, qui cite l’écrivain Gaston Miron pour justifier cette ambition.
Pour obtenir ces résultats, Paul St-Pierre Plamondon a mené une campagne intensive, ciblant les circonscriptions indécises dans des régions comme Arthabaska-L’Érable, Charlevoix–Côte-de-Beaupré, Louis-Hébert et Hochelaga-Maisonneuve. Son équipe a utilisé un autobus bleu pour sillonner le Québec, une stratégie appelée « opération indécis ». Cette mobilisation a permis au PQ de gagner des sièges dans des zones où il était absent depuis des années. Sandrine Michon, candidate dans Saint-Jérôme, a souligné la différence entre les deux dernières soirées électorales péquistes, notant que le parti bénéficiait désormais d’une meilleure visibilité grâce à son chef. Le PQ a également remporté quatre élections partielles depuis 2022, renforçant sa crédibilité.
La soirée électorale a été marquée par des émotions contrastées. Les partisans du PQ ont d’abord célébré avec enthousiasme les victoires de leurs candidats, scandant « Olé, olé, olé ! » et agitant des pancartes du *Oui* (symbole du mouvement souverainiste). Cependant, la nouvelle d’un gouvernement minoritaire a rapidement douché leur enthousiasme. Le père de Paul St-Pierre Plamondon, Jacques Plamondon, a accueilli avec calme la désignation de son fils, déclarant : « On était prêts depuis Jean-Talon », en référence à une circonscription remportée lors d’une élection partielle. Cette soirée a aussi été l’occasion de souligner le parcours de Paul St-Pierre Plamondon, qui avait échoué à devenir chef du PQ en 2016 avant de réussir en 2020.

