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Droit

Cisjordanie : les violences des colons ont « dépassé le point de rupture »

ONU : Droits humains · mis à jour il y a 20 j

Les violences des colons israéliens contre les Palestiniens et leurs habitations en Cisjordanie occupée ont « dépassé le point de rupture », a dénoncé jeudi le Bureau des droits de l’homme de l’ONU, appelant les autorités israéliennes à « expulser immédiatement » les colons qui déplacent de force des Palestiniens, s’emparent de leurs terres et étendent les colonies..

Violences en Cisjordanie

Depuis novembre 2025, la localité palestinienne de Qusra, dans le gouvernorat de Naplouse en Cisjordanie, est le théâtre d’une escalade de violences attribuées à des colons israéliens. Ces derniers, installés dans un avant-poste illégal près du village, multiplient les attaques : intrusions dans les maisons, agressions physiques, vandalisme, vols et incendies, ciblant notamment une mosquée. En juillet 2026, trois habitations palestiniennes ont été privées d’eau et d’électricité par des colons dans la zone de Ras al-Ein. Le 9 août, ces derniers ont bloqué l’accès aux maisons et installé une tente entre elles, piégeant trois familles, soit une quinzaine de personnes dont au moins deux enfants, dans un état de terreur. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), ces actes visent à rendre la vie insupportable pour les Palestiniens afin de les pousser à quitter leurs terres. Le HCDH souligne que ces violences ont « dépassé le point de rupture » et constituent une violation grave du droit international.

Rôle des soldats israéliens

Les familles palestiniennes piégées par les colons ont sollicité l’intervention des forces de sécurité israéliennes, sans succès. Le HCDH accuse ces soldats de collusion avec les colons, en les empêchant notamment d’accéder aux habitations pour porter secours ou documenter les faits. Des images montrent des soldats israéliens priant aux côtés des colons sur place, ce qui, selon l’ONU, pourrait indiquer une complicité. Les soldats ont finalement démonté la tente installée par les colons le mercredi suivant, mais ces derniers continuaient d’encercler les maisons le jeudi, maintenant les familles dans une situation de vulnérabilité. Le HCDH rappelle qu’Israël, en tant que puissance occupante, a l’obligation légale de protéger les Palestiniens et de poursuivre les auteurs de ces violences, conformément au droit international.

Droit international violé

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) rappelle que, selon le droit international, Israël doit protéger la population palestinienne en Cisjordanie, prévenir les attaques des colons et poursuivre leurs auteurs. La Cour internationale de justice (CIJ) a jugé illégales toutes les colonies israéliennes en Cisjordanie et exigé leur évacuation, ainsi que la fin de la présence israélienne dans ce territoire occupé. Malgré ces obligations, les violences des colons se poursuivent, avec 1 430 incidents recensés en 2026, affectant 260 communautés palestiniennes. Depuis le début de l’année, 76 Palestiniens, dont 18 enfants, ont été tués par les forces israéliennes ou des colons, et 3 800 Palestiniens, dont près de la moitié sont des enfants, ont été déplacés de force. Le Coordinateur spécial adjoint de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Ramiz Alakbarov, a estimé que la Cisjordanie était « au bord de l’effondrement ».

Ce que ça pourrait changer

Le bureau du HCDH s’alarme également des violences subies par les Palestiniens de retour à Gaza après des déplacements forcés. Entre le 7 juillet et le 4 août 2026, des centaines de personnes ont rapporté des traitements dégradants, des fouilles intrusives, des confiscations de biens (médicaments, documents, argent) et des violences physiques de la part de soldats israéliens ou d’individus armés agissant sous leur autorité. En juillet, sur 92 personnes revenues en une journée, 54 ont déclaré avoir perdu tout ou partie de leurs effets personnels. Les enfants sont particulièrement touchés : une fillette de quatre ans est arrivée seule à Gaza après que son père eut été empêché de revenir. Ajith Sunghay, chef du bureau des droits de l’homme de l’ONU dans le Territoire palestinien occupé, qualifie ces actes de « schéma plus large de violations et de déshumanisation », dénonçant une situation « abjecte ».

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