PSPP lie l’immigration et la surpopulation dans les écoles, QS et le PLQ scandalisés
« Malaisant » : Charles Milliard a accusé le chef péquiste d'« instrumentaliser les jeunes immigrants »..
Lors d'une conférence de presse tenue devant une école secondaire de Québec, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a critiqué vivement le système d'immigration québécois sous le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ). Il a qualifié ce système de brisé, évoquant une perte de contrôle totale et des politiques insensées et peu intelligentes. Selon lui, ces choix politiques ont directement contribué à la surpopulation dans certaines écoles, comme l'école secondaire Roger-Comtois à Québec, qui compte désormais 24 classes modulaires, soit une augmentation de 50 % par rapport à l'année précédente. Le PQ dénonce également un manque de coordination entre Québec et Ottawa, suggérant que la province ne peut plus absorber autant de nouveaux arrivants sans dépasser sa capacité d'accueil. Ces propos ont été tenus en pleine campagne électorale, alors que le PQ tente de mobiliser l'électorat sur ce thème.
Les déclarations de Paul St-Pierre Plamondon ont suscité des réactions vives de la part des autres partis politiques. Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec (PLQ), a qualifié ses propos de maladroits et malaisants, accusant le PQ d'instrumentaliser les jeunes immigrants en les présentant comme responsables des problèmes d'infrastructures scolaires. De son côté, Québec solidaire (QS), représenté par sa co-porte-parole Ruba Ghazal, a également critiqué le PQ, estimant que Paul St-Pierre Plamondon parlait de l'immigration de manière trop négative. Ghazal a rappelé que les problèmes d'infrastructures, comme le manque d'espace dans les écoles, existaient déjà avant l'augmentation récente de l'immigration. Elle a souligné la nécessité d'un débat sain sur le sujet, sans attribuer ces difficultés uniquement aux nouveaux arrivants.
Pour remédier à la situation, le Parti québécois propose plusieurs mesures fortes en matière d'immigration. Il souhaite réduire de plus de moitié le nombre d'immigrants temporaires admis au Québec, passant de 500 000 à une fourchette comprise entre 200 000 et 250 000. Le PQ propose également d'instaurer un moratoire sur l'immigration économique internationale et de limiter le nombre d'immigrants permanents à 35 000 par an, contre 45 000 actuellement. Une autre mesure phare serait l'obligation d'une cérémonie d'intégration pour les nouveaux arrivants, afin de faciliter leur insertion dans la société québécoise. Ces propositions visent à réduire la pression sur les infrastructures, notamment scolaires, tout en maintenant un équilibre économique et social.
Christine Fréchette, ancienne ministre de l'Immigration sous le gouvernement Legault (2022-2024) et figure de la CAQ, a défendu son bilan en reconnaissant que la fermeture du chemin Roxham en mars 2023 avait marqué son mandat. Elle a souligné que le Québec accueille actuellement près de 200 000 demandeurs d'asile, des résidents non permanents, mais a admis que leur nombre a dépassé la capacité d'accueil de la province. Fréchette a également pointé du doigt le gouvernement fédéral, estimant qu'Ottawa devrait contribuer davantage à la gestion de cette pression migratoire. Concernant l'immigration permanente, elle a défendu le maintien des seuils actuels à 45 000 par an, un niveau qu'elle juge équilibré pour répondre aux besoins des entreprises et favoriser l'intégration en français.
Charles Milliard, chef du PLQ, a critiqué les propositions du PQ, les jugeant *dangereuses* pour l'économie québécoise. Selon lui, réduire les seuils d'immigration priverait les employeurs de main-d'œuvre, alors que le Québec manque déjà de 13 000 travailleurs dans la région de Québec, selon les estimations du maire et de la Communauté métropolitaine de Québec. Milliard a plaidé pour une approche *plus humaine et mesurée*, en tenant compte des besoins spécifiques de chaque région. Il a également évoqué une position similaire à celle d'Éric Duhaime, chef de Québec d'abord, qui a annoncé des politiques d'immigration centrées sur les besoins régionaux. Ce débat illustre les tensions entre les impératifs économiques et les contraintes d'infrastructures, deux enjeux majeurs de la campagne électorale.

