Google à l’origine de la publication des données personnelles de victimes sud-coréennes de deepfakes
Chargé par Google de gérer les demandes de retrait de contenus illégaux en ligne, un centre de recherche installé aux États-Unis a publié des informations sensibles sur des victimes sud-coréennes de deepfakes. Le géant américain de l’Internet a été contraint de s’excuser, mais les autorités de Séoul menacent de le poursuivre en justice..
En Corée du Sud, des victimes de deepfakes pornographiques ont vu des vidéos truquées d'elles-mêmes diffusées en ligne sans leur consentement. Un deepfake est une technologie utilisant l'intelligence artificielle pour créer ou modifier des contenus (images, vidéos, audio) de manière réaliste, souvent à des fins malveillantes. Ces manipulations peuvent causer des dommages psychologiques graves, comme le décrit une victime dans l'article : « Je me sens humiliée sexuellement, et ma vie est devenue impossible à cause de cette souffrance extrême. » Les autorités sud-coréennes dénoncent une pratique en hausse, liée à la facilité de création de ces contenus via des outils accessibles en ligne.
Google, géant américain de l'Internet, propose un service permettant aux victimes de deepfakes de demander le retrait de contenus illégaux via sa plateforme. Les demandes de suppression sont ensuite transmises à un centre de recherche américain affilié à l'université Harvard, chargé d'évaluer leur légitimité. Cependant, ce centre a publié en ligne des données personnelles sensibles des victimes, comme leurs noms, lieux de travail, numéros de téléphone et messages de demande de retrait. Google a reconnu ce dysfonctionnement et s'est excusé, mais seulement après 13 jours de pression des autorités sud-coréennes.
La publication des données personnelles des victimes par le centre de recherche constitue une violation grave de leur vie privée. Ces informations, initialement collectées pour protéger les victimes, ont été rendues publiques, aggravant leur souffrance. L'article cite un exemple concret : une victime écrit « Je vous demande de supprimer immédiatement l'URL me concernant et de le retirer des résultats de recherches », sans que cette demande ne soit respectée. Les autorités de Séoul ont réagi en exigeant le retrait immédiat de ces données, mais le délai de 13 jours a été jugé inacceptable.
Alertées par un quotidien sud-coréen, le Hankyoreh, les autorités de Séoul ont exigé le retrait des données le 25 août 2026. Google n'a accédé à cette demande que le 7 septembre 2026, soit 13 jours plus tard. Cette lenteur a provoqué l'ire des autorités, qui menacent désormais Google de poursuites judiciaires. L'entreprise a présenté des excuses, mais les victimes et les institutions sud-coréennes considèrent cette affaire comme une négligence grave, voire une complicité dans la diffusion de contenus illégaux.
Cette affaire soulève des questions sur la responsabilité des géants du numérique dans la gestion des contenus illégaux. Google, en sous-traitant la gestion des demandes de retrait à un tiers, a transféré une partie de sa responsabilité. Le centre de recherche, basé aux États-Unis, a enfreint les règles de confidentialité en publiant les données. En Corée du Sud, où les *deepfakes* pornographiques sont strictement interdits, cette affaire pourrait accélérer l'adoption de lois plus strictes pour protéger les victimes et sanctionner les plateformes numériques négligentes.

