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Quatre ans après la mort de Mahsa Amini, la diaspora iranienne divisée par la guerre

Le Devoir · mis à jour il y a 8 j

L’opposition entre monarchistes et démocrates déchire le tissu social de la communauté, à Montréal..

Mouvement historique en Iran

Le 16 septembre 2022, Mahsa Amini, une jeune Iranienne de 22 ans, meurt après avoir été arrêtée par la police des mœurs iraniennes pour avoir mal porté son voile islamique. Cet événement déclenche le mouvement Femme, Vie, Liberté, porté par des femmes iraniennes exigeant la fin de l’oppression religieuse et la reconnaissance de leurs droits fondamentaux. Quatre ans après sa mort, ce mouvement reste un symbole de résistance pour la diaspora iranienne, notamment à Montréal, où des commémorations ont eu lieu pour rappeler son importance. Le régime iranien, dirigé par des mollahs depuis 1979, est critiqué pour sa répression des libertés individuelles, notamment celles des femmes. Le mouvement a également mis en lumière les tensions ethniques et sociales en Iran, où plusieurs groupes minoritaires subissent des discriminations.

Division de la diaspora montréalaise

La diaspora iranienne à Montréal, forte de plusieurs milliers de personnes, est aujourd’hui divisée en deux courants principaux : les monarchistes, qui souhaitent le retour de la monarchie en Iran avec Reza Pahlavi (fils du dernier shah d’Iran, renversé en 1979), et les démocrates, qui rejettent toute ingérence étrangère et prônent une transition démocratique interne. Cette division s’est accentuée avec le déclenchement de la guerre en Iran, notamment après les frappes américaines et israéliennes. Les monarchistes, soutenus par certains médias et groupes politiques occidentaux, estiment que cette intervention pourrait accélérer la chute du régime des mollahs. En revanche, les démocrates, comme Golrokh Kiani ou Nimâ Machouf, dénoncent une manipulation politique qui fragmente la communauté et affaiblit la résistance contre le régime iranien.

Intimidations et tensions internes

Les divisions au sein de la diaspora iranienne à Montréal se traduisent par des actes d’intimidation et de harcèlement. Golrokh Kiani, militante et participante aux commémorations, explique avoir été victime d’agressions physiques et de menaces quotidiennes, notamment de la part de monarchistes qui publient les noms et adresses des opposants. Ces tensions touchent même les familles et les couples, où des désaccords politiques mènent à des ruptures. Nimâ Machouf, épidémiologue et militante montréalaise, confirme cette fracture et souligne que les monarchistes perturbent régulièrement les événements organisés par les démocrates, brandissant des drapeaux américains et israéliens. Selon elle, ces actions visent à discréditer le mouvement Femme, Vie, Liberté et à imposer une vision politique unilatérale.

Rôle des puissances étrangères

L’intervention des États-Unis et d’Israël en Iran a exacerbé les tensions au sein de la diaspora. Les monarchistes y voient une opportunité de renverser le régime des mollahs, tandis que les démocrates dénoncent une ingérence étrangère qui pourrait aggraver la situation humanitaire en Iran. Nimâ Machouf critique vivement cette approche, rappelant que les frappes américaines et israéliennes risquent de causer des victimes civiles et de renforcer la propagande du régime iranien. Elle souligne également l’ironie d’un pays comme Israël, accusé de commettre un génocide à Gaza, se présentant comme un libérateur en Iran. Zahra Khalilian, une autre militante, reconnaît que certains Iraniens, désespérés par des décennies de répression, ont cru aux promesses occidentales sans mesurer les conséquences.

Ce que ça pourrait changer

Malgré les divisions, des commémorations ont eu lieu à Montréal pour marquer le quatrième anniversaire du mouvement *Femme, Vie, Liberté*, réunissant une trentaine de personnes au square Phillips. Cependant, des groupes monarchistes prévoient une manifestation le lendemain dans le centre-ville, invitant la communauté à se rassembler sous une bannière politique. Les organisateurs de ces événements insistent sur la nécessité de distinguer la commémoration de Mahsa Amini d’un soutien à une formation politique spécifique. Golrokh Kiani et Nimâ Machouf appellent à l’unité contre le régime iranien, estimant que les divisions actuelles profitent uniquement à ce dernier. Elles rappellent que la priorité reste la lutte pour la démocratie et les droits humains en Iran, sans ingérence extérieure.

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