Crue au Népal et en Chine : prélèvements d’ADN pour identifier les Canadiens disparus
L’ONU a insisté jeudi sur les difficultés de ravitailler les dizaines de milliers de sinistrés..
Une crue dévastatrice a frappé le Népal et la Chine le 26 août 2026, faisant près de 1 300 morts, dont 1 259 au Népal et 21 dans la région chinoise du Tibet. Le bilan des disparus s'élève à 5 624 personnes, dont 29 Canadiens toujours portés disparus huit jours après la catastrophe. Les autorités locales évoquent un tsunami himalayen, un terme désignant une vague géante provoquée par la rupture brutale d'un barrage naturel ou artificiel, souvent liée à la fonte des glaciers. La crue a détruit des infrastructures essentielles comme des bâtiments, des ponts, des routes et des barrages hydroélectriques, ensevelis sous une épaisse couche de boue. Les régions touchées comptent désormais environ 85 000 sinistrés, privés de nourriture, d'eau et d'abri.
Pour identifier les victimes, notamment les 29 Canadiens disparus, les autorités népalaises et chinoises, avec l'aide de la GRC (Gendarmerie royale du Canada), procèdent à des prélèvements d'ADN auprès des familles des disparus. Cette technique consiste à comparer l'ADN des proches avec celui des corps retrouvés, afin de confirmer leur identité. Les échantillons sont analysés dans des laboratoires spécialisés. Cependant, l'identification est complexe : des dizaines de corps non identifiés ont déjà été enterrés dans des fosses communes à Katmandou, faute de moyens pour les conserver ou les analyser individuellement. Les proches continuent de se rendre dans les hôpitaux et les bureaux de police pour obtenir des nouvelles.
L'accès aux zones sinistrées reste extrêmement compliqué en raison des destructions des routes et des ponts. L'ONU estime que 85 000 personnes ont besoin d'aide d'urgence, mais le ravitaillement en nourriture, en eau et en médicaments ne parvient que par hélicoptère, drone ou porteurs locaux (les sherpas), des guides de montagne traditionnels du Népal. Des camps de fortune ont été installés, mais les conditions de vie y sont précaires. Le ministre népalais des Affaires étrangères, Shisir Khanal, a souligné que le pays mobilise toutes ses ressources, mais reconnaît avoir besoin du soutien international pour faire face à l'ampleur de la crise. La coordinatrice des agences onusiennes à Katmandou, Lila Pieters Yahia, a qualifié la situation d'inimaginable.
Le gouvernement canadien a envoyé 10 représentants au Népal pour aider à localiser les 29 Canadiens disparus. Ces équipes travaillent en collaboration avec les autorités locales et la GRC pour coordonner les recherches et faciliter l'identification des victimes. Ottawa a également mis en place des points de contact pour les familles des disparus, leur permettant de donner des échantillons d'ADN et de recevoir des informations sur les démarches en cours. Le Premier ministre népalais, Balendra Shah, a attribué cette catastrophe au réchauffement climatique, soulignant que l'Himalaya se réchauffe plus vite que la moyenne, ce qui accélère la fonte des glaciers et augmente les risques de crues soudaines.
Plusieurs études scientifiques ont montré que la chaîne himalayenne se réchauffe à un rythme deux fois plus rapide que la moyenne mondiale. Cette hausse des températures provoque une fonte accélérée des glaciers, qui alimente les rivières et augmente le risque de crues dévastatrices. Le Premier ministre népalais a qualifié ce désastre d'*avertissement sérieux* face aux conséquences du changement climatique. Les experts soulignent que des phénomènes similaires pourraient survenir ailleurs, y compris au Canada, où des crues meurtrières sont également possibles. Cette catastrophe rappelle l'urgence d'agir pour limiter le réchauffement climatique et ses impacts sur les populations vulnérables.

