Dans toute l’Europe, la Gen Z fait “front commun contre les politiques de droite”
Après le Népal, le Pérou, l’Indonésie et le Maroc, les échos des révolutions de la Gen Z résonnent en Europe : de l’Italie à l’Espagne, en passant par la France, l’Albanie, le Portugal et la Serbie, partout, une jeunesse politisée se mobilise “contre les inégalités, les privilèges, la corruption, la chute du niveau de vie, la pauvreté et la crise économique”, résume le média de gauche espagnol “El Salto”..
En octobre 2026, une vague de manifestations menées par la Gen Z (génération née entre la fin des années 1990 et le début des années 2010) secoue plusieurs pays européens comme l’Italie, l’Espagne, la France, l’Allemagne, l’Albanie, le Portugal et la Serbie. Ces mouvements, décrits par des médias étrangers comme El Salto ou The Business Standard, sont motivés par un rejet des politiques de droite et des gouvernements perçus comme incapables de répondre aux enjeux socio-économiques actuels. Les jeunes dénoncent notamment les inégalités sociales, la corruption, la précarité économique et la chute du pouvoir d’achat. Ces soulèvements s’inscrivent dans un mouvement mondial initié en 2025, ayant déjà conduit à des changements politiques au Népal, au Pérou ou encore en Bulgarie.
Les revendications portées par la jeunesse européenne sont multiples et partagées d’un pays à l’autre. Elles concernent principalement l’accès à un emploi stable, la qualité de l’éducation, le pouvoir d’achat, le logement abordable et la transparence politique. Par exemple, en France, les lycéens manifestent contre le sous-financement des établissements scolaires, qui aggrave les inégalités sociales. En Espagne, les étudiants réclament de meilleures conditions de travail, des classes moins chargées et des augmentations salariales. En Italie, les jeunes protestent contre les coupes budgétaires dans l’éducation, la précarité de l’emploi et les politiques de guerre. Ces mouvements transcendent les frontières et reflètent une colère globale contre des institutions jugées déconnectées des réalités des jeunes générations.
Le New York Times souligne que le vieillissement de la population européenne joue un rôle clé dans cette crise. Les générations plus âgées, qui forment une part croissante de l’électorat, influencent davantage les politiques publiques, souvent au détriment des jeunes. Les partis politiques et les syndicats, dont les adhérents et électeurs sont majoritairement issus de ces générations, ont tendance à privilégier leurs demandes. Cette dynamique crée un déséquilibre où les jeunes, bien que nombreux, peinent à faire entendre leurs revendications face à des institutions moins réceptives à leurs besoins. Le quotidien espagnol El Salto note que cette situation a poussé la jeunesse à se mobiliser massivement pour défendre ses droits.
Selon The Guardian, la jeunesse européenne se sent privée des garanties socio-économiques dont ont bénéficié leurs parents. La croissance économique atone en Europe, combinée à des politiques d’austérité, limite les opportunités pour les jeunes. Les problèmes de logement, par exemple, touchent plusieurs pays : en Espagne et aux Pays-Bas, les promesses de construction de logements sociaux restent lettre morte, tandis que les loyers explosent et que l’offre de logements accessibles se réduit. En France, la colère des jeunes s’exprime aussi à travers des mouvements comme les gilets jeunes, qui dénoncent un système éducatif inégalitaire et des politiques publiques inadaptées. Ces enjeux économiques et sociaux sont au cœur des mobilisations actuelles.
Les manifestations sont souvent réprimées par les forces de l’ordre, mais la jeunesse européenne refuse de se taire. Le quotidien indien The Business Standard souligne que ces mouvements, qu’ils concernent des radiateurs défectueux dans les lycées parisiens ou des listes électorales falsifiées à New Delhi, expriment un refus commun d’un avenir bouché. En Italie, les jeunes sont également criminalisés par leur gouvernement, mais cela n’entame pas leur détermination. Ces soulèvements montrent une jeunesse qui prend en main son destin, s’alliant parfois avec d’autres groupes sociaux partageant les mêmes frustrations. La solidarité entre générations et entre pays devient un pilier de cette mobilisation.
Les gouvernements européens, incapables de répondre aux demandes de la jeunesse ou de doser la répression, voient leur légitimité érodée. Les médias comme *Il Manifesto* en Italie ou *El Salto* en Espagne estiment que les mouvements pour le logement en Espagne et les grèves lycéennes en France ont servi de catalyseurs à une colère plus large. Ces mobilisations pourraient, à terme, influencer les politiques publiques et les priorités des partis politiques. Cependant, leur succès dépendra de leur capacité à maintenir une pression constante et à obtenir des concessions concrètes, comme le soulignent plusieurs observateurs internationaux.

