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☕️ Risques d’addiction : Bruxelles veut de gros changements dans Facebook et Instagram

Next.ink · mis à jour il y a 27 j

Meta devra faire de sérieux changements dans ses apps Facebook et Instagram pour respecter les exigences de la Commission européenne. Dans son enquête sur le géant des réseaux sociaux, Bruxelles a déterminé, à titre préliminaire, que la conception même des deux réseaux sociaux contrevenait au règlement sur les services numériques (DSA).

Enquête européenne

La Commission européenne mène depuis mai 2024 une enquête sur Meta, la maison mère de Facebook et Instagram, pour évaluer si leurs mécanismes favorisent des comportements addictifs, notamment chez les enfants. Cette enquête s’inscrit dans le cadre du règlement sur les services numériques (DSA), une loi européenne entrée en vigueur en 2024 qui impose aux plateformes numériques de limiter les risques pour les utilisateurs, en particulier les mineurs. Les résultats préliminaires, rendus publics le 10 juillet 2024, suggèrent que Meta n’aurait pas suffisamment évalué l’impact de ses fonctionnalités sur le bien-être mental et physique des utilisateurs.

Fonctionnalités critiquées

La Commission européenne reproche à Meta d’utiliser des mécanismes conçus pour capter l’attention des utilisateurs de manière excessive. Parmi ces fonctionnalités, on trouve le défilement infini (qui permet de faire défiler des contenus sans fin), la lecture automatique des vidéos, les notifications constantes, les recommandations personnalisées et les enchaînements automatiques de contenus comme les Reels (vidéos courtes) ou les Stories (contenus éphémères). Selon Bruxelles, ces outils placent le cerveau des utilisateurs en mode pilote automatique, favorisant un usage compulsif et des habitudes néfastes. La Commission souligne également que Meta n’aurait pas suffisamment pris en compte le temps passé par les mineurs sur ses plateformes pendant la nuit.

Réponse de Meta

Meta conteste les conclusions de l’enquête et affirme avoir mis en place des mesures pour protéger les adolescents. Parmi ces mesures, on trouve des rappels de temps d’écran, des contrôles parentaux et des conseils vers des centres de sécurité. Cependant, la Commission européenne juge ces actions insuffisantes. Elle critique notamment le fait que les rappels de temps d’écran peuvent être ignorés, que les contrôles parentaux sont trop complexes à utiliser et que les conseils ne réduisent pas concrètement les risques d’addiction. Bruxelles estime donc que des avertissements ne suffisent plus et que des changements structurels sont nécessaires.

Changements imposés

Si les conclusions de l’enquête sont confirmées, la Commission européenne pourrait imposer à Meta des modifications majeures de ses applications. Parmi les changements envisagés, on trouve la désactivation par défaut du défilement infini et de la lecture automatique, l’instauration de pauses obligatoires difficiles à contourner et la réduction des recommandations optimisées pour maximiser l’engagement. Ces mesures visent à limiter l’exposition des utilisateurs à des contenus addictifs. La Commission rappelle que le DSA fournit un cadre clair pour tenir les plateformes responsables de la conception de leurs services.

Ce que ça pourrait changer

Avant de prendre une décision définitive, Meta peut consulter le dossier, présenter ses arguments et proposer des modifications. Le *Comité européen des services numériques* sera également consulté. Si les conclusions sont confirmées, la Commission européenne pourrait adopter une *décision de non-conformité* et infliger à Meta une *amende pouvant atteindre 6 % de son chiffre d’affaires annuel mondial*. Le montant exact dépendrait de la gravité, de la durée et du caractère répété de l’infraction. En février 2024, la Commission a lancé une enquête similaire contre *TikTok* pour des raisons comparables.

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