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À Londres, des chauffeurs de taxi sont prêts à une guérilla contre les robotaxis

Numerama · mis à jour il y a 10 j

Alors que Waymo et Wayve préparent le lancement de robotaxis dans les rues de Londres, certains chauffeurs évoquent déjà des moyens de mettre les robotaxis en difficulté..

Contexte londonien

À Londres, deux entreprises, Waymo (filiale du géant technologique Alphabet) et Wayve (startup britannique soutenue par Uber), préparent le lancement de robotaxis (taxis autonomes sans chauffeur) dans les rues de la capitale anglaise. Ces véhicules, encore en phase de test, pourraient devenir une alternative aux taxis traditionnels et aux VTC (véhicules de transport avec chauffeur comme Uber). Londres est choisie comme rampe de lancement européenne pour ces services, ce qui suscite des tensions croissantes avec les chauffeurs locaux. Depuis l’arrivée d’Uber en 2012, les revenus des chauffeurs de black cabs (taxis londoniens noirs emblématiques) ont déjà chuté d’environ un tiers, aggravant leurs craintes face à cette nouvelle concurrence technologique.

Tactiques de résistance

Face à l’arrivée imminente des robotaxis, certains chauffeurs londoniens envisagent des méthodes pour les handicaper ou démontrer leurs limites. Ces tactiques, qualifiées de sabotage passif, incluent des stratégies comme piéger un véhicule autonome dans un carrefour encombré pour qu’il reçoive une amende automatique via les caméras de surveillance de la ville. D’autres idées consistent à simuler un accrochage léger pour porter plainte contre le robotaxi auprès des assurances, ou à cibler directement ses capteurs (comme les lidars, des lasers mesurant les distances, ou les caméras) pour le paralyser. Ces méthodes visent à montrer que la technologie n’est pas encore prête à gérer la complexité des rues urbaines. Wayve, l’une des entreprises concernées, affirme n’avoir observé aucun acte d’incivilité à ce jour, mais l’hostilité ambiante souligne les défis d’acceptation sociale de ces véhicules.

Limites des algorithmes

Les chauffeurs de taxi londoniens remettent en cause la capacité des robotaxis à naviguer dans des environnements urbains complexes, où les règles de conduite ne sont pas toujours écrites. Par exemple, dans des zones très fréquentées comme près de la City, un humain avance centimètre par centimètre pour s’insinuer poliment dans le flux de piétons, tandis qu’un véhicule autonome pourrait rester bloqué indéfiniment par prudence excessive. Les chauffeurs soulignent aussi des situations où l’interaction humaine est irremplaçable, comme assister une personne seule la nuit, gérer des bagages ou des passagers éméchés, ou encore attendre qu’un client ait fermé sa porte avant de repartir. Alex Kendall, PDG de Wayve, précise que leur technologie est conçue pour imiter la conduite humaine, mais ces exemples montrent que la machine peine à reproduire certaines nuances du comportement humain.

Impact sur les métiers

L’arrivée des robotaxis menace particulièrement les chauffeurs VTC, déjà fragilisés par la concurrence d’Uber. Certains d’entre eux pourraient se reconvertir dans des rôles annexes liés à ces véhicules autonomes. Par exemple, des offres d’emploi récentes proposent des postes de dépanneurs à vélo : des agents circulant en vélo électrique pour libérer manuellement les robotaxis bloqués dans la circulation. D’autres emplois pourraient émerger pour l’entretien de ces véhicules, comme le nettoyage ou la recharge des batteries. Cette transition illustre comment l’automatisation peut à la fois détruire des emplois et en créer de nouveaux, souvent moins qualifiés et moins stables, dans les coulisses de la technologie.

Ce que ça pourrait changer

L’expérience londonienne avec les *robotaxis* est suivie de près en Europe, car elle pourrait servir de *cas d’école* pour d’autres grandes villes. Elle pose deux défis majeurs : d’abord, adapter la technologie aux spécificités des métropoles européennes, comme leurs rues étroites, leurs piétons indisciplinés ou leurs règles de priorité implicites. Ensuite, gérer la coexistence entre ces véhicules autonomes et les professionnels de la route, dont les chauffeurs de taxi et VTC. Le succès ou l’échec de ce modèle à Londres pourrait influencer les politiques publiques et les stratégies des entreprises technologiques dans d’autres capitales, comme Paris ou Berlin. L’issue de cette confrontation reste incertaine, mais elle promet d’être un laboratoire des tensions entre innovation et tradition.

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