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Les Houthis, pro-iraniens

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 14 j

Des navires ont précisé leurs liens avec certains pays par mesure de précaution..

Qui sont les Houthis

Les Houthis sont un groupe armé rebelle qui contrôle une grande partie du Yémen depuis 2014. Ils sont soutenus politiquement et militairement par l’Iran, un pays voisin, avec lequel ils partagent une idéologie commune et des intérêts stratégiques. Leur nom officiel est Ansarallah (les Partisans de Dieu). Depuis des années, ils sont engagés dans un conflit contre le gouvernement yéménite, soutenu par une coalition internationale menée par l’Arabie saoudite. Leur alliance avec l’Iran en fait un acteur clé dans les tensions régionales entre Téhéran et Washington. Récemment, ils ont annoncé un blocus des ports saoudiens et menacé d’attaquer les navires qui tenteraient de les contourner, étendant ainsi le conflit bien au-delà des frontières du Yémen.

Attaques en mer Rouge

Dans la nuit du mercredi 17 juillet 2024, les Houthis ont revendiqué des attaques contre deux pétroliers saoudiens en mer Rouge, près des côtes du Yémen. Selon leur communiqué, ces navires auraient violé le blocus qu’ils ont imposé aux ports saoudiens. L’un des pétroliers, l’Encelia, et l’autre, le Layla, auraient été ciblés par des projectiles non identifiés. Une agence britannique de sécurité maritime, l’UKMTO, a confirmé qu’un pétrolier avait été touché par un projectile, provoquant un incendie à bord sans faire de victimes. Ces attaques surviennent alors que les tensions au Moyen-Orient s’intensifient, avec des frappes américaines répétées contre des cibles iraniennes depuis 12 nuits consécutives.

Blocus et tensions régionales

Le lundi 15 juillet 2024, les Houthis avaient officiellement annoncé un blocus des ports saoudiens, une mesure qui vise à perturber les exportations de pétrole de l’Arabie saoudite, le premier exportateur mondial de pétrole brut. Depuis cette annonce, au moins neuf bateaux ont fait demi-tour en mer Rouge ou près du détroit de Bab el-Mandeb, une voie maritime stratégique située à l’extrémité sud de la mer Rouge, près du Yémen. Ce détroit est une route majeure pour le transport d’hydrocarbures vers l’Europe et l’Asie. Les Houthis ont également diffusé des avertissements radio aux navires, les menaçant d’attaquer ceux qui tenteraient de forcer le passage. Le Pakistan, qui joue un rôle de médiateur entre l’Iran et les États-Unis, a exprimé sa profonde inquiétude face à cette escalade.

Frappes américaines en Iran

Depuis le 28 février 2024, les États-Unis mènent des frappes aériennes contre des cibles militaires iraniennes, notamment dans les villes d’Ahvaz et de Sirik, près du golfe Persique et du détroit d’Ormuz. Ces frappes ont pour objectif affaiblir la capacité de l’Iran à menacer les navires commerciaux et les équipages civils. Le président américain Donald Trump a déclaré sur TruthSocial que chaque attaque iranienne contre un navire dans le détroit d’Ormuz entraînerait des représailles américaines sous forme de destruction de ponts ou de centrales électriques, y compris près de la capitale Téhéran. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a réaffirmé que les États-Unis restaient ouverts à la diplomatie, mais que l’Iran ne semblait pas prendre cette option au sérieux.

Réactions et enjeux économiques

En réponse aux frappes américaines, l’Iran a promis une riposte « puissante » et a adopté une doctrine de défense basée sur le principe œil pour œil. Le Koweït a signalé avoir intercepté des drones hostiles tôt le jeudi 18 juillet 2024, illustrant l’escalade des tensions dans la région. Sur le plan économique, le baril de Brent, une référence internationale pour le prix du pétrole, a dépassé les 95 dollars américains le 17 juillet, un niveau inédit depuis près de six semaines. Cette hausse des prix s’explique par les craintes d’une perturbation de l’approvisionnement en hydrocarbures, alors que le détroit d’Ormuz, par lequel transite un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures, est de nouveau sous tension. Le coût total de la guerre pour les États-Unis s’élève à 37,5 milliards de dollars, selon le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth.

Ce que ça pourrait changer

En Iran, la situation économique et sociale se dégrade rapidement en raison des sanctions internationales et des conséquences de la guerre. Une habitante d’*Iranshahr*, Aïda, âgée de 34 ans, a témoigné auprès de l’AFP de la difficulté à subvenir aux besoins les plus élémentaires, aggravée par l’inflation et les frappes nocturnes. Le pays fait face à une pauvreté croissante et à des pénuries, alors que les attaques et les représailles se multiplient. Le gouvernement iranien, dirigé par le président Ebrahim Raïssi, continue de dénoncer les frappes américaines et israéliennes, tout en maintenant une posture de résistance face à la pression internationale. La population civile paie le prix fort de cette escalade, dans un contexte où les infrastructures et les services publics sont déjà fragilisés.

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