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Géopolitique

Au Brésil, le “sombre avenir” du Tribunal suprême fédéral après la poussée bolsonariste

Courrier International · mis à jour 6 oct.

Les divisions de la plus haute juridiction du Brésil l’ont placée au cœur de la campagne du candidat d’extrême droite Flávio Bolsonaro, arrivé en tête au premier tour de la présidentielle, dimanche 4 octobre, face à Lula. Le camp bolsonariste dispose aussi désormais d’un rapport de force plus favorable au Sénat, seule institution habilitée à destituer les juges de la Cour..

Élections brésiliennes 2026

Le premier tour de l'élection présidentielle brésilienne s'est tenu le dimanche 4 octobre 2026. Le candidat d'extrême droite Flávio Bolsonaro, fils de l'ancien président Jair Bolsonaro, est arrivé en tête avec 47 % des voix, devant l'ancien président de gauche Lula, qui a obtenu 45 %. Cette élection a également vu une avancée significative du Parti libéral (PL), le parti de Flávio Bolsonaro, à la Chambre des députés et au Sénat. Ces résultats ont été influencés par une campagne axée sur la critique du Tribunal suprême fédéral (STF), la plus haute juridiction du Brésil, perçu comme un obstacle par le camp bolsonariste.

Crise du STF

Le Tribunal suprême fédéral brésilien (STF) traverse une grave crise interne, ce qui a projeté cette institution au cœur des débats électoraux. Le STF est divisé et son rôle a été central dans la campagne de Flávio Bolsonaro. Ce dernier et ses alliés ont fait de la destitution de certains juges de la Cour un thème de campagne majeur. Le Sénat, seule institution habilitée à destituer les juges du STF, est désormais plus favorable au camp bolsonariste, ce qui renforce leur capacité à influencer l'avenir de la Cour. Cette situation reflète une polarisation accrue de la société brésilienne autour des institutions judiciaires.

Rôle du Sénat

Le Sénat brésilien joue un rôle clé dans la destitution des juges du Tribunal suprême fédéral (STF). Avec l'avancée du Parti libéral (PL) de Flávio Bolsonaro au Sénat lors des élections de 2026, le camp bolsonariste dispose désormais d'un rapport de force plus favorable. Cela signifie qu'il pourrait être en mesure de destituer des juges du STF, une possibilité qui était moins envisageable avant ces élections. Cette évolution institutionnelle pourrait avoir des conséquences majeures sur l'indépendance de la justice brésilienne et sur l'équilibre des pouvoirs dans le pays.

Lien Lula-STF critiqué

Le gouvernement de l'ancien président Lula (Luiz Inácio Lula da Silva) a été accusé d'avoir une proximité trop grande avec le Tribunal suprême fédéral (STF), notamment avec une faction de juges dirigée par Alexandre de Moraes. Ce dernier a joué un rôle central dans le procès ayant conduit à la condamnation de l'ex-président Jair Bolsonaro pour tentative de coup d'État. Cette alliance perçue entre Lula et le STF a été utilisée par le camp bolsonariste comme un argument de campagne, suggérant une collusion entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire. Cela a contribué à affaiblir la position de Lula dans l'élection.

Ce que ça pourrait changer

La victoire de Flávio Bolsonaro au premier tour et l'avancée de son parti ont été interprétées comme un rejet partiel du Tribunal suprême fédéral (STF) par une partie de l'électorat brésilien. Les alliés de Lula ont indiqué qu'ils devraient revoir leur stratégie pour faire face à cette nouvelle donne politique. Le résultat électoral reflète une polarisation accrue autour des institutions judiciaires, avec une partie de la population estimant que le STF a outrepassé ses pouvoirs, tandis que d'autres le voient comme un rempart contre l'autoritarisme. Cette situation pourrait avoir des répercussions durables sur le fonctionnement de la démocratie brésilienne.

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