Resident Evil : on tient le meilleur film de la saga et l’un des plus jouissifs de l’année
Se rendre au cinéma le jour J pour voir une énième adaptation de Resident Evil tenait du degré zéro de l'espoir. Pourtant, ce reboot signé Zach Cregger (Barbarian) provoque un énorme choc.
Le film Resident Evil sorti le 16 septembre 2026 marque un tournant pour la franchise avec un reboot réalisé par Zach Cregger, connu pour Barbarian. Contrairement aux adaptations précédentes, ce film propose une histoire inédite, coécrite avec Shay Hatten, et se déroule dans l’univers de Resident Evil 2 sans reprendre les personnages emblématiques des jeux ou des films antérieurs. Le réalisateur, qui n’a pas vu les six films précédents de la saga, a choisi de se concentrer sur l’essence du jeu vidéo : la peur d’un personnage ordinaire confronté à l’horreur. Austin Abrams incarne Bryan, un livreur médical pris au piège dans la ville de Raccoon City, où il doit survivre à une nuit d’épouvante.
Le film se distingue par une fidélité marquée aux mécaniques des jeux Resident Evil, notamment en recréant une montée en puissance de l’angoisse et de l’horreur. Bryan, le protagoniste, évolue d’un personnage vulnérable, presque nu et désarmé, à un survivant armé d’armes de plus en plus puissantes. L’humour naît de cette dynamique, avec des situations absurdes comme des portes nécessitant plusieurs clés ou cadenas pour s’ouvrir. Les monstres, inspirés des années 1980 et notamment du film The Thing, ajoutent une dimension traumatisante. Le réalisateur a privilégié une approche réaliste de l’horreur, évitant le fan-service des adaptations précédentes qui mettaient en avant des personnages iconiques comme Leon S. Kennedy ou Jill Valentine.
Le film se caractérise par une violence brute et graphique, avec des scènes de gore explicites comme des démembrements ou des giclées de sang. Contrairement aux productions hollywoodiennes récentes qui misent sur des frissons superficiels, Resident Evil (2026) mise sur des jump scares (sursauts soudains) soigneusement construits pour surprendre même les spectateurs habitués. Chaque moment de tension est préparé avec un sens du rythme qui renforce l’impact. Cependant, le film souffre parfois d’un défaut récurrent du cinéma contemporain : le héros commente à voix haute chacune de ses actions, comme s’il devait expliquer ses choix au public, ce qui peut agacer.
Malgré une mise en scène efficace et une ambiance réussie, le film utilise parfois des effets numériques jugés grossiers pour certaines scènes de gore, comme des tripes ou des éclaboussures de sang. Ces choix de post-production, qui visent à amplifier l’impact visuel, peuvent réduire la crédibilité de certaines scènes et nuire à l’immersion. Bien que cela ne gâche pas l’expérience globale, cela montre une tendance des studios à privilégier l’effet spectaculaire au détriment de la sobriété, surtout dans un film d’horreur où le réalisme joue un rôle clé.
Le film a été conçu comme une expérience collective à vivre en salle, où la peur et les sursauts se partagent entre spectateurs. Cette approche vise à recréer l’énergie des jeux vidéo, où les joueurs réagissent collectivement aux événements. Le réalisateur Zach Cregger a évité les écrans individuels et les distractions modernes pour recentrer l’attention sur l’écran et l’ambiance sonore. Cette immersion collective permet de renforcer l’impact des scènes d’horreur et de créer une dynamique unique, où les éclats de rire et les sursauts deviennent des réactions partagées.
Ce reboot de *Resident Evil* est salué pour son retour aux sources de l’horreur, son humour méta et son gore généreux, tout en évitant les pièges des adaptations précédentes. Austin Abrams y est particulièrement remarqué pour son interprétation d’un antihéros vulnérable. Cependant, le film conserve quelques défauts, comme les effets numériques visibles ou les commentaires incessants du personnage principal. Malgré ces réserves, il est considéré comme la meilleure adaptation de la franchise depuis des années, avec une approche radicalement différente qui mise sur l’angoisse, la violence et une critique subtile des excès du blockbuster moderne. Le film s’adresse aux fans de jeux vidéo comme aux amateurs d’horreur pure, offrant une expérience intense et mémorable.

