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Objectif Mercure : après 8 ans de voyage, la sonde européenne BepiColombo entame la dernière partie de sa mission cruciale

Presse-Citron · mis à jour il y a 13 j

La mission BepiColombo, réalisée conjointement entre l’Europe et le Japon, s’apprête à explorer Mercure..

Une mission européenne

La mission BepiColombo est un projet d'exploration spatiale mené conjointement par l'Agence spatiale européenne (ESA) et l'agence spatiale japonaise (JAXA). Son objectif principal est d'étudier la planète Mercure, la plus proche du Soleil, souvent négligée par les missions spatiales en raison de ses conditions extrêmes. Lancée en 2018, cette mission marque une étape majeure pour l'Europe dans l'exploration des planètes du système solaire. Elle se compose de deux sondes distinctes : la sonde MPO (Mercury Planetary Orbiter), développée par l'ESA, et la sonde Mio (Mercury Magnetospheric Orbiter), construite par la JAXA. Ces deux engins spatiaux, initialement attachés à un module de propulsion, ont entamé en septembre 2026 la dernière phase de leur voyage, après 8 ans de trajet.

Mercure, une planète extrême

Mercure est une planète aux caractéristiques hostiles, située à seulement 58 millions de kilomètres du Soleil, contre 150 millions pour la Terre. Elle ne possède pas d'atmosphère, ce qui expose sa surface à des températures extrêmes : jusqu'à 450 °C du côté ensoleillé et -180 °C dans l'ombre. Ces conditions rendent son exploration particulièrement difficile, car les matériaux des sondes doivent résister à ces variations brutales. De plus, sa proximité avec le Soleil complique les manœuvres spatiales, car la gravité de l'étoile perturbe les trajectoires des engins. Malgré ces défis, Mercure intéresse les scientifiques car elle pourrait révéler des indices sur la formation du système solaire et l'histoire des planètes rocheuses comme la Terre.

Un voyage de 8 ans

Pour atteindre Mercure, la sonde BepiColombo a dû effectuer un trajet complexe et long de 8 ans, au lieu d'un voyage direct qui aurait été impossible. La trajectoire a été calculée pour utiliser l'assistance gravitationnelle, une technique qui consiste à profiter de la gravité d'autres planètes pour ajuster la vitesse et la direction de la sonde. BepiColombo a ainsi frôlé la Terre une fois, Vénus deux fois, et Mercure à six reprises, avant de pouvoir se placer en orbite autour de cette dernière. Ce parcours a permis d'économiser du carburant et de réduire la durée du voyage. Cependant, une perte imprévue de puissance a contraint l'ESA à prolonger la mission d'un an.

Une séparation délicate

Le 3 septembre 2026, les deux sondes MPO et Mio, initialement attachées au module de propulsion, se sont séparées avec succès. Cette opération, réalisée à 63 millions de kilomètres de la Terre, était critique car elle devait être effectuée à distance et sans possibilité de correction en temps réel. En effet, les signaux mettent au moins 32 minutes pour parcourir cette distance, rendant toute intervention immédiate impossible. Les ingénieurs de l'ESA ont dû s'assurer que la séparation se déroule parfaitement, malgré des températures pouvant atteindre 450 °C et des rayonnements solaires intenses. Après cette étape, les sondes ont commencé à s'éloigner lentement, à une vitesse de 40 centimètres par seconde, avant de se diriger vers leur orbite respective autour de Mercure.

Deux sondes, deux missions

Une fois en orbite autour de Mercure, les deux sondes MPO et Mio auront des rôles distincts. La sonde Mio, développée par le Japon, sera placée sur une orbite haute (entre 590 et 11 640 km d'altitude) pour étudier l'environnement proche de Mercure, notamment sa magnétosphère. Cette région, influencée par le champ magnétique de la planète, est mal connue et intéresse les scientifiques pour comprendre les interactions entre Mercure et le vent solaire. De son côté, la sonde européenne MPO évoluera sur une orbite plus basse (entre 480 et 1 500 km) pour analyser la surface de la planète. Équipée d'instruments de pointe, elle cartographiera Mercure en 3D et étudiera sa composition chimique, ce qui pourrait révéler des indices sur son histoire géologique.

Ce que ça pourrait changer

Après leur séparation, les deux sondes mettront encore plusieurs mois avant d'atteindre leur position finale. Selon les prévisions, *Mio* et *MPO* devraient être pleinement opérationnelles en avril 2027. Cette phase finale de la mission est cruciale, car elle permettra de recueillir des données inédites sur Mercure. Les scientifiques espèrent notamment percer les mystères de son noyau, de son champ magnétique et de ses pôles, où des traces de glace d'eau ont été détectées. Ces informations pourraient aider à mieux comprendre la formation des planètes rocheuses et l'évolution du système solaire. La mission *BepiColombo* représente ainsi une avancée majeure pour l'exploration spatiale européenne.

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