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Grâce à l’impression 3D et à des bactéries, des chercheurs parviennent à convertir le méthane en énergie : une nouvelle piste pour lutter contre le changement climatique ?

Presse-Citron · mis à jour 29 sept.

Le méthane est un gaz polluant redoutable pour le climat, mais peut être également une puissante source d'énergie si l'on sait comment le valoriser correctement. Grâce à un mini-bioréacteur imprimé en 3D, un laboratoire californien vient de prouver que c'était faisable à moindre coût..

Le méthane, un gaz problématique

Le méthane (CH4) est un gaz à effet de serre bien plus puissant que le dioxyde de carbone (CO2). Sur une période de 20 ans, son pouvoir réchauffant est 84 à 87 fois supérieur à celui du CO2. Il est produit naturellement par la décomposition de matières organiques en l’absence d’oxygène, mais 60 % de ses émissions mondiales proviennent des activités humaines. Ces émissions sont notamment liées aux décharges, aux stations d’épuration, au transport et au raffinage du gaz naturel, du pétrole et du charbon. Le méthane est aussi une source d’énergie exploitable, avec un pouvoir calorifique supérieur à celui de l’essence, du diesel ou du charbon, mais il est rarement récupéré. La majorité du méthane est simplement brûlée à la torchère, ce qui libère du CO2 dans l’atmosphère et aggrave le réchauffement climatique.

Les limites des bioréacteurs classiques

Les bioréacteurs sont des dispositifs utilisés pour transformer le méthane en produits utiles grâce à des bactéries méthanotrophes, qui se nourrissent de méthane. Les bioréacteurs classiques fonctionnent en injectant du méthane dans une cuve remplie de liquide, où les bactéries le convertissent. Cependant, cette méthode présente un inconvénient majeur : le méthane se dissout très difficilement dans l’eau, ce qui rend le processus peu efficace et très gourmand en énergie. En effet, il faut brasser vigoureusement le liquide pour favoriser le contact entre le gaz et les bactéries, ce qui consomme beaucoup d’énergie et rend souvent l’opération peu rentable sur le plan économique.

Une innovation technologique

Des chercheurs du Lawrence Livermore National Laboratory (LLNL), en Californie, ont développé une solution innovante pour surmonter les limites des bioréacteurs classiques. Ils ont créé un bioréacteur à l’état solide, appelé scaffold (échafaudage en français), qui présente un rendement dix fois supérieur aux bioréacteurs conventionnels. Ce dispositif utilise des structures fines et poreuses, sur lesquelles sont déposées des bactéries méthanotrophes encapsulées dans un hydrogel. Le méthane circule à travers les scaffolds sous forme gazeuse, ce qui évite l’étape de dissolution dans un liquide et supprime les pertes d’énergie liées au brassage.

Transformation du méthane en succinate

Dans ce nouveau bioréacteur, le méthane est transformé en succinate, un sel dérivé de l’acide succinique. Le succinate est une molécule utilisée dans plusieurs industries, notamment pour fabriquer des polymères, stabiliser des principes actifs dans les médicaments ou encore dans l’agroalimentaire. Cette transformation permet de valoriser le méthane en un produit exploitable, plutôt que de le brûler ou de le laisser s’échapper dans l’atmosphère. Le prototype actuel a un volume d’un litre, ce qui est bien plus petit que les bioréacteurs industriels, mais cette taille réduite est nécessaire pour valider le fonctionnement du dispositif à petite échelle avant d’envisager des versions plus grandes.

Ce que ça pourrait changer

Ce bioréacteur innovant pourrait avoir un impact significatif sur la lutte contre le changement climatique. En transformant le méthane en un produit utilisable, il permet de soustraire ce gaz du cycle atmosphérique, réduisant ainsi son effet sur le réchauffement climatique. Cependant, les chercheurs du LLNL précisent que cette solution n’a pas été développée dans le but principal de limiter les émissions de méthane. Leur objectif était avant tout de proposer une méthode plus efficace pour valoriser ce gaz, notamment dans des installations de petite taille comme les décharges ou les stations d’épuration, où il n’existe pas de solution chimique viable actuellement.

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