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Ils vivent plus de 110 ans : la science vient de comprendre le secret de leur longévité

Science & Vie · mis à jour il y a 6 j

Les supercentenaires accumulent un type rare de lymphocyte T hybride capable de reconnaître et détruire les tumeurs, un mécanisme qui pourrait expliquer leur longévité exceptionnelle..

Centenaire : une exception rare

Les personnes vivant plus de 110 ans, appelées centenaires (âgées de 100 à 109 ans) ou supercentenaires (110 ans et plus), représentent une infime minorité dans la population mondiale. Selon les données disponibles, leur nombre est estimé à environ 1 personne sur 1 000 centenaires, soit moins de 1 personne sur 10 millions d’habitants. Ces individus suscitent un vif intérêt scientifique, car leur longévité extrême défie les limites biologiques généralement observées. Leur étude permet aux chercheurs de comprendre les mécanismes qui ralentissent le vieillissement et de proposer des pistes pour améliorer la santé des populations vieillissantes. Les supercentenaires sont particulièrement rares : en France, par exemple, on en compte environ 20 à 30 par an, selon les registres démographiques.

Génétique et environnement

Les scientifiques ont longtemps débattu pour savoir si la longévité extrême était principalement déterminée par des facteurs génétiques ou environnementaux. Les recherches récentes, menées notamment par des équipes internationales comme le New England Centenarian Study (États-Unis) ou le projet Longevity Genes Project (Israël), montrent que les deux jouent un rôle. Environ 20 à 30 % de la longévité serait liée à la génétique, tandis que le reste dépend de l’environnement, du mode de vie et des interactions entre ces facteurs. Les gènes identifiés, comme ceux du chromosome 4 ou ceux liés au métabolisme des lipides, semblent protéger contre les maladies liées à l’âge, comme les maladies cardiovasculaires ou certains cancers. Cependant, ces gènes ne suffisent pas à eux seuls : un environnement sain (alimentation équilibrée, activité physique, absence de tabagisme) est essentiel pour en tirer pleinement profit.

Mécanismes biologiques clés

Les chercheurs ont découvert que les supercentenaires présentent des caractéristiques biologiques particulières. Leur système immunitaire semble mieux préservé avec l’âge, avec une production réduite de molécules pro-inflammatoires, comme les cytokines, qui accélèrent le vieillissement. Leur métabolisme est également plus stable, avec une meilleure régulation de la glycémie et une sensibilité réduite à l’insuline, un facteur clé pour éviter le diabète de type 2. Enfin, leurs cellules montrent une capacité accrue à réparer l’ADN endommagé, un processus essentiel pour prévenir l’accumulation de mutations responsables de maladies dégénératives. Ces mécanismes sont souvent liés à des mutations génétiques spécifiques, comme celles du gène FOXO3, déjà identifié comme un marqueur de longévité dans plusieurs populations.

Rôle du mode de vie

Si la génétique joue un rôle, le mode de vie des supercentenaires est tout aussi déterminant. Les études montrent que ces individus partagent souvent des habitudes communes : une alimentation riche en légumes, en poissons et en légumineuses, avec une consommation modérée de viande et de produits laitiers. Leur activité physique est régulière, même à un âge avancé, et leur stress est mieux géré grâce à des routines sociales et spirituelles. Par exemple, dans les zones bleues (régions où la concentration de centenaires est anormalement élevée, comme Okinawa au Japon ou la Sardaigne en Italie), les habitants suivent un régime méditerranéen et maintiennent une vie sociale active. Ces facteurs réduisent l’inflammation chronique, un phénomène lié à de nombreuses maladies liées à l’âge.

Avancées scientifiques récentes

En 2026, une équipe internationale a publié une étude majeure dans la revue Nature Aging, révélant que les supercentenaires possèdent une signature épigénétique unique. L’épigénétique désigne les mécanismes qui régulent l’expression des gènes sans en modifier la séquence, comme des interrupteurs moléculaires influencés par l’environnement. Chez ces individus, les marques épigénétiques liées au vieillissement (comme la méthylation de l’ADN) sont retardées de plusieurs décennies par rapport à la population générale. Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles thérapies, comme des médicaments ciblant ces marques pour ralentir le vieillissement. Les chercheurs soulignent que ces résultats pourraient, à terme, permettre de développer des traitements préventifs pour la population générale.

Ce que ça pourrait changer

Les enseignements tirés des supercentenaires pourraient transformer la médecine préventive. Des pistes sont déjà explorées, comme l’utilisation de *mimétiques de restriction calorique* (molécules reproduisant les effets d’un régime pauvre en calories, connu pour prolonger la vie chez les animaux) ou le développement de *thérapies géniques* ciblant les gènes de longévité. En France, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) mène des recherches sur les marqueurs biologiques de la longévité, tandis que des start-up comme *Altos Labs* (États-Unis) investissent dans des projets de *reprogrammation cellulaire* pour rajeunir les tissus. Ces avancées pourraient, dans les décennies à venir, permettre de retarder l’apparition de maladies liées à l’âge, comme Alzheimer ou les maladies cardiovasculaires, et d’améliorer la qualité de vie des seniors.

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