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La pédale de frein d’une voiture chinoise à plus de 100 000 € casse en plein test… à trois reprises

Numerama · mis à jour il y a 27 j

Censé incarner le summum du luxe chinois selon Huawei et JAC, le van Maextro V800 vient de subir un sérieux revers particulièrement inquiétant. Lors d’un test indépendant, la pédale de frein de trois véhicules neufs s’est brisée net en plein freinage d’urgence..

Un van électrique de luxe

Le Maextro V800 est un monospace électrique chinois présenté comme le summum du luxe, développé en partenariat entre les géants Huawei et JAC. Vendu entre 100 000 € et 140 000 € en Chine, il vise à concurrencer les limousines allemandes et japonaises. Avec un poids approchant les trois tonnes, ce véhicule haut de gamme ambitionne de s’imposer sur le marché du très haut de gamme, où la sécurité et la fiabilité sont des critères essentiels. Cependant, une série de tests indépendants a révélé un défaut majeur mettant en cause sa conception structurelle.

Des freinages d'urgence ratés

Lors d’un test indépendant mené par la plateforme chinoise Dongchedi, trois Maextro V800 neufs ont vu leur pédale de frein se briser lors de freinages d’urgence simulés à 100 km/h. Ce protocole, parmi les plus stricts de l’industrie, reproduit une situation extrême où le conducteur doit freiner brusquement pour éviter un obstacle. La pédale de frein du premier véhicule a cédé au troisième essai, celle du deuxième au quatrième, et le troisième modèle, acheté spécialement pour le test, a subi le même sort dès la deuxième tentative. Ces échecs répétés soulèvent des questions sur la robustesse de la conception du véhicule.

Une résistance insuffisante

Les données télémétriques ont révélé que l’une des pédales de frein a rompu sous une pression de seulement 1 612 newtons (N), une unité de mesure de la force. Cette valeur est bien inférieure à la norme chinoise en vigueur, qui exige une résistance minimale de 2 000 N pendant au moins 5 secondes. Une fois la pédale cassée, le freinage de secours électronique, activé en maintenant le bouton Park, allonge la distance d’arrêt de 38 mètres à environ 140 mètres, ce qui augmente considérablement le risque d’accident.

Des défauts de fabrication

L’expertise des pièces brisées a mis en lumière plusieurs problèmes de conception. Les points de soudure étaient mal placés, notamment dans des zones soumises à de fortes contraintes mécaniques. De plus, le métal utilisé pour la pédale était trop fin, ce qui réduit sa résistance. Enfin, l’absence de nervures de renfort, ces petites structures en forme de côtes qui renforcent une pièce, a contribué à la fragilité de la pédale. Ces défauts structurels révèlent un manque de rigueur dans la phase de conception du véhicule.

Réaction du constructeur

Face à ce scandale, Maextro a réagi en annonçant un rappel gratuit pour tous les propriétaires du V800, accompagné d’une refonte de la pédale de frein. Cependant, la communication de la marque a été critiquée pour son manque de transparence. Elle a affirmé que les livraisons se poursuivaient normalement et qu’aucun client ne s’était plaint d’un problème similaire en conditions réelles. Pourtant, un freinage d’urgence absolu est une manœuvre exceptionnelle, ce qui rend peu probable la remontée d’informations par les utilisateurs.

Impact sur les marchés

L’affaire a eu des répercussions immédiates sur le marché financier. L’action de JAC, le constructeur chinois partenaire de Maextro, a chuté de 10 % à la Bourse de Shanghai dès le lendemain de la révélation du problème. Cet incident soulève des doutes sur la qualité des véhicules chinois, même dans le segment du luxe. Il met également en lumière les pressions industrielles en Chine, où les délais de conception sont parfois réduits au détriment de la qualité, un phénomène plus préoccupant pour les véhicules d’entrée et milieu de gamme.

Ce que ça pourrait changer

Cette affaire survient à un moment délicat pour JAC, qui est en discussion avec Huawei et Stellantis pour produire deux futurs véhicules électriques de la marque italienne Maserati. Ces rumeurs, si elles se concrétisent, pourraient être compromises par le scandale entourant le V800. En effet, un partenariat avec JAC pourrait nuire à l’image de Maserati, notamment aux États-Unis, où les technologies Huawei sont interdites. Stellantis, maison mère de Maserati, n’a pas confirmé d’accord et reste évasif sur ses projets.

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