Aux États-Unis, les arrestations et expulsions d’immigrés atteignent des niveaux record
En juin et juillet, les agents de la police fédérale de l’immigration et des douanes, dont les effectifs ont augmenté, ont redoublé de zèle dans la grande campagne d’arrestations et d’expulsions de personnes en situation illégale voulue par Donald Trump, souligne “The New York Times”..
Les mois de juin et juillet 2026 ont marqué un record historique aux États-Unis en matière d'arrestations d'immigrés en situation irrégulière. Selon The New York Times, les autorités ont procédé à 43 000 arrestations en juin et 49 000 en juillet, un chiffre sans précédent. Ces opérations sont menées par l'ICE (Immigration and Customs Enforcement), une agence fédérale chargée de l'application des lois sur l'immigration et les douanes. Cette hausse s'inscrit dans le cadre d'une campagne d'expulsions massives voulue par l'administration du président Donald Trump, avec une augmentation des effectifs de cette police fédérale. Les États les plus concernés restent la Floride et le Texas, qui concentrent le plus grand nombre d'arrestations.
Contrairement aux vagues précédentes, les arrestations ne ciblent plus uniquement les personnes ayant des antécédents criminels ou des condamnations. L'article révèle que de plus en plus d'immigrés sans passé judiciaire sont désormais arrêtés, y compris des personnes mariées à des citoyens américains, des demandeurs d'asile dont le visa a expiré, ou encore des bénéficiaires de statuts de protection temporaire. Par exemple, les réfugiés haïtiens, protégés jusqu'au 27 juillet 2026 par un statut leur permettant de travailler légalement aux États-Unis, ne sont plus couverts et risquent désormais l'expulsion. Cette évolution montre une radicalisation de la politique migratoire, touchant désormais des individus considérés comme « intouchables » auparavant.
La Floride illustre les répercussions de cette politique sur l'économie locale. La région, qui comptait sur une main-d'œuvre haïtienne importante dans des secteurs comme l'agriculture ou la restauration, fait face à une pénurie de travailleurs depuis le durcissement des expulsions. Les employeurs locaux, notamment dans le sud de l'État, peinent à recruter, ce qui menace des pans entiers de l'économie régionale. Cette situation met en lumière les tensions entre une politique migratoire restrictive et les besoins des entreprises, soulignant l'impact concret des décisions politiques sur le quotidien des Américains.
Cette intensification des arrestations s'inscrit dans la continuité de la politique migratoire de Donald Trump, réélu en 2024. L'administration a renforcé les moyens de l'ICE et élargi les critères d'arrestation pour inclure des catégories d'immigrés jusqu'alors épargnées. Les États dirigés par des gouverneurs républicains, comme la Floride et le Texas, appliquent ces mesures avec une rigueur accrue, tandis que les États démocrates, comme ceux de la côte ouest, résistent davantage. Cette polarisation géographique reflète les divisions politiques autour de la question migratoire aux États-Unis.
Parmi les personnes arrêtées, on trouve des individus entrés légalement sur le territoire américain mais dont le visa a expiré, des demandeurs d'asile en attente de réponse, ou encore des bénéficiaires de protections temporaires comme le *TPS* (*Temporary Protected Status*). Ce statut, accordé à des ressortissants de pays en crise (comme Haïti), permet de séjourner et de travailler légalement aux États-Unis. Cependant, l'administration Trump a progressivement révoqué ces protections, exposant des milliers de personnes à l'expulsion. Ces mesures concernent aussi des familles, où certains membres peuvent être expulsés tandis que d'autres, comme les enfants nés aux États-Unis, restent sur place.

