OpenAI aurait fait un «vol stupéfiant» d’articles du «New York Times»
Le célèbre quotidien accuse l’entreprise d’IA d’infraction au droit de la propriété intellectuelle..
Le New York Times accuse OpenAI et Microsoft d’avoir utilisé sans autorisation des millions d’articles du quotidien pour entraîner les modèles d’intelligence artificielle (IA) générative. Selon un document judiciaire rendu public le 17 septembre 2026, un cadre de Microsoft, Brent Hecht, aurait qualifié cette pratique de «vol stupéfiant de proportions sans précédent», voire de «plus grand vol de travaux de l’histoire de l’humanité». Ces déclarations, bien que présentées comme personnelles, illustrent l’ampleur du litige. OpenAI et Microsoft sont poursuivis pour infraction au droit d’auteur, une accusation qui pourrait avoir des répercussions majeures sur l’industrie de l’IA.
Le conflit oppose le New York Times à OpenAI et Microsoft depuis fin 2023, date à laquelle le quotidien a engagé une action en justice pour violation de la propriété intellectuelle. Depuis, d’autres médias et écrivains se sont joints à la procédure devant un tribunal fédéral de Manhattan. Les plaignants estiment que l’utilisation des articles, non consentie, porte atteinte à leurs droits. OpenAI et Microsoft invoquent quant à eux l’usage loyal (fair use), une exception au droit d’auteur qui permet, dans certaines conditions, l’utilisation non autorisée d’une œuvre pour des fins éducatives, critiques ou transformatives. Ils soulignent également que les contenus sont modifiés lors du processus d’entraînement des IA, ce qui, selon eux, les rend méconnaissables.
Microsoft joue un rôle central dans ce dossier en tant que partenaire d’OpenAI. Dès 2019, le géant technologique a investi massivement dans l’entreprise californienne, lui fournissant des ressources informatiques essentielles pour développer ses modèles d’IA. En retour, Microsoft a intégré ces technologies dans ses propres produits, comme son moteur de recherche Bing ou des outils d’IA pour les entreprises. Le groupe est donc poursuivi non seulement pour sa collaboration avec OpenAI, mais aussi pour avoir commercialisé des services basés sur des contenus protégés. Un porte-parole de Microsoft a précisé que les déclarations de Brent Hecht reflétaient son opinion personnelle et non la position officielle de l’entreprise.
Les modèles d’IA générative, comme ceux développés par OpenAI, fonctionnent en analysant d’énormes quantités de textes pour générer des réponses cohérentes. Cette technologie repose sur l’apprentissage automatique (machine learning), où l’IA «apprend» à partir de données existantes, y compris des articles de presse. Selon un responsable de ChatGPT, cité dans les documents judiciaires, l’IA générative représente une «menace existentielle» pour les éditeurs, car elle pourrait remplacer progressivement les sites d’information traditionnels. Les interfaces d’IA, comme ChatGPT, pourraient en effet fournir directement des réponses aux utilisateurs, réduisant ainsi le trafic vers les médias en ligne.
OpenAI et Microsoft défendent leur position en invoquant des enjeux de *«progrès scientifique»*, de *«croissance économique»* et de *«sécurité nationale»*, comme le souligne un mémoire déposé début septembre 2026 par le département américain de la Justice en leur faveur. Les deux parties soumettent actuellement des preuves au tribunal, avec une date limite fixée à mi-novembre 2026 pour le dépôt des derniers documents. Le juge fédéral Sidney Stein ne devrait pas rendre sa décision avant fin 2026, voire 2027. Si la procédure simplifiée (jugement sans procès) ne permet pas de trancher, un procès pourrait avoir lieu ultérieurement. Cette affaire pourrait établir un précédent juridique majeur pour l’utilisation des contenus protégés dans l’entraînement des IA.

