NapseflowNapseflow
Géopolitique

Trump veut vassaliser la presse américaine

Le Grand Continent · mis à jour 7 oct.

De Montesquieu à Madison, le coup de force contre la presse marque une rupture historique aux États-Unis L’article Trump veut vassaliser la presse américaine est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Exclusion des journalistes

Le 19 septembre 2026, des journalistes de CNN, MSNBC et Politico se sont vu retirer leurs accréditations pour accéder à la Maison-Blanche, avant d’être escortés hors des lieux par le Secret Service. Donald Trump, alors président des États-Unis, avait justifié cette décision en les accusant de diffuser de fausses informations. Cette exclusion concernait aussi le New York Times et le Washington Post, selon ses déclarations. Un juge fédéral, nommé par Trump lui-même, a suspendu cette mesure quelques jours plus tard, permettant le retour des journalistes concernés. Cependant, Trump maintient leur exclusion lors de ses déplacements, les empêchant ainsi de couvrir ses activités. Ces événements surviennent à un mois d’élections de mi-mandat jugées cruciales aux États-Unis.

Stratégie anti-presse

Depuis son retour au pouvoir en 2025, l’administration Trump mène une stratégie délibérée pour affaiblir la presse américaine, un pilier historique de la démocratie américaine. Contrairement à son premier mandat, marqué par des insultes et des accusations de fake news, Trump utilise désormais des moyens concrets pour limiter la liberté de la presse. Par exemple, le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a tenté d’interdire l’accès au Pentagone aux journalistes jugés trop critiques. La Federal Communications Commission (FCC), dirigée par Brendan Carr, un allié de Trump, menace de retirer les licences des chaînes dont la couverture ne lui convient pas. Plusieurs grands médias, comme CBS, ont été poursuivis par Trump pour des montants colossaux, comme 20 milliards de dollars dans l’affaire CBS, avant un accord à 16 millions de dollars. Ces actions visent à contrôler indirectement le travail des journalistes en ciblant les entreprises qui les emploient.

Vulnérabilité des médias

Les grands groupes médiatiques, comme Paramount (propriétaire de CBS), sont particulièrement vulnérables face aux pressions de l’administration Trump. Bien que les rédactions puissent être protégées juridiquement, les entreprises qui les possèdent dépendent souvent de décisions gouvernementales pour des enjeux financiers bien plus importants. Par exemple, la fusion entre Paramount et Skydance (pour plus de 8 milliards de dollars) nécessitait l’approbation du gouvernement fédéral. Cette dépendance financière expose les médias à des pressions indirectes, comme la suppression d’émissions critiques ou le licenciement de journalistes. Un cas emblématique est celui de l’humoriste Jimmy Kimmel, suspendu par ABC après une mise en garde de Brendan Carr, directeur de la FCC. Malgré une réaction publique forte, cet épisode montre comment les médias peuvent être contraints sous la menace de sanctions économiques ou réglementaires.

Liberté de la presse

La liberté de la presse aux États-Unis est protégée par le premier amendement de la Constitution, ratifié en 1791. Ce texte interdit au Congrès de restreindre la liberté de parole de tout citoyen, et non seulement des représentants élus. Des figures comme Thomas Jefferson et James Madison ont défendu cette liberté comme un outil essentiel pour la souveraineté du peuple. Jefferson affirmait que le peuple est le seul juge légitime de ses gouvernants et que la presse doit lui fournir une information complète pour éviter les abus de pouvoir. Madison, quant à lui, voyait dans la presse un moyen de diffuser l’opinion publique à travers un territoire vaste, renforçant ainsi la cohésion nationale. Ces idées ont inspiré la création d’un système médiatique indépendant, considéré comme un quatrième pouvoir aux côtés des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.

Origines philosophiques

Les fondements de la liberté de la presse américaine remontent aux travaux du philosophe Montesquieu, qui a observé le fonctionnement de la presse en Angleterre au début du XVIIIe siècle. Dans ses Notes sur l’Angleterre, il décrit une société où les journalistes peuvent critiquer le pouvoir sans crainte de censure préalable, à condition de respecter la loi. Cette observation a influencé sa théorie des trois pouvoirs de l’État et l’idée d’un quatrième pouvoir : la presse. Montesquieu a souligné que dans une république, le crime de lèse-majesté n’existe pas, car les citoyens ont le droit, voire le devoir, de critiquer leurs dirigeants. Ces idées ont été reprises par les pères fondateurs des États-Unis, qui ont inscrit la liberté de la presse dans leur Constitution.

Menaces historiques

La liberté de la presse américaine a déjà été menacée par le passé, notamment en 1798 avec l’adoption des Alien and Sedition Acts sous la présidence de John Adams. Ces lois permettaient de poursuivre les auteurs d’écrits jugés faux, scandaleux et malveillants contre le gouvernement. Thomas Jefferson et James Madison, alors opposants politiques, ont dénoncé cette mesure comme une atteinte à la liberté d’expression. Ils ont riposté par les résolutions du Kentucky et de Virginie, affirmant que les États fédérés pouvaient invalider des lois fédérales contraires à la Constitution. Ces résolutions ont été un précurseur des débats sur la souveraineté des États, mais il a fallu attendre l’élection de Jefferson en 1800 pour que les Alien and Sedition Acts soient abrogés.

Ce que ça pourrait changer

L’administration Trump utilise une stratégie indirecte pour contrôler la presse, en s’appuyant sur les mécanismes économiques et réglementaires. Cette méthode rappelle des pratiques observées en Hongrie sous Viktor Orbán, où des médias critiques ont été rachetés par des proches du pouvoir et regroupés dans une fondation contrôlée par l’État. Aux États-Unis, des groupes médiatiques comme *Paramount Skydance* (propriétaire de *CBS* et en passe d’acquérir *Warner Bros. Discovery* et *CNN*) sont désormais sous influence indirecte de l’administration. Ces entreprises dépendent de décisions gouvernementales pour des opérations financières majeures, comme des fusions ou des approbations réglementaires. En ciblant ces groupes, Trump peut affaiblir la presse critique sans recourir à une censure directe, tout en maintenant une apparence de légalité.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.