Rachida Dati devant le tribunal correctionnel pour “corruption”
La maire du VIIe arrondissement de Paris, deux fois ministre, a rendez-vous avec les juges ce mercredi 16 septembre. Elle doit répondre de corruption passive dans l’affaire Renault.
Rachida Dati, ancienne ministre française de la Justice (2007-2009) sous Nicolas Sarkozy et de la Culture (2024-2026) sous Emmanuel Macron, comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Paris le 16 septembre 2026. Elle est accusée de corruption passive et de trafic d’influence dans l’affaire Renault-Nissan. Ces termes désignent respectivement le fait d’accepter des avantages en échange d’un acte professionnel, et d’utiliser son influence pour obtenir un avantage illégal. Elle sera seule sur le banc des accusés, car l’ancien patron du groupe Renault-Nissan, Carlos Ghosn, ne se présentera pas. Ce dernier, en fuite au Liban depuis son évasion rocambolesque du Japon en 2019, est toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt international. Il propose d’être entendu par visioconférence, faute de pouvoir obtenir un renvoi du procès.
L’affaire concerne des soupçons de lobbying illégal impliquant Rachida Dati alors qu’elle était députée européenne (elle a exercé deux mandats, mais les dates exactes ne sont pas précisées dans l’article). Le lobbying désigne les actions menées pour influencer des décisions politiques en faveur d’intérêts privés. Dans ce cas précis, les juges suspectent que Dati aurait utilisé son réseau et son influence pour favoriser les intérêts de Renault-Nissan en échange d’avantages personnels. L’enquête porte sur des faits remontant à plusieurs années, mais le procès se tient en 2026, soit près de dix ans après les premières investigations. Carlos Ghosn, qui a dirigé le groupe Renault-Nissan de 2005 à 2018, est au cœur de cette affaire en raison de son rôle central dans le constructeur automobile.
Carlos Ghosn, qui réside actuellement au Liban, a refusé de se rendre en France pour le procès. Les juges français s’étaient déplacés à Beyrouth il y a cinq ans pour l’entendre, mais Ghosn affirme n’avoir pas reçu sa convocation dans les délais légaux. Cette absence pose un défi juridique : le tribunal pourrait décider de juger Ghosn par contumace, c’est-à-dire en son absence, comme le prévoit le droit français. Cependant, la défense de Ghosn a proposé une alternative : une audience par visioconférence, si le procès n’est pas reporté. Le Liban n’extradant pas ses ressortissants, cette solution permettrait de respecter les droits de la défense tout en évitant un procès à distance.
Ce procès revêt une importance particulière en raison du profil de Rachida Dati, figure politique majeure en France. Son parcours, marqué par des passages au gouvernement sous deux présidents différents, ajoute une dimension symbolique à l’affaire. Si elle est reconnue coupable, elle pourrait écoper de peines allant jusqu’à 10 ans de prison et 1 million d’euros d’amende pour corruption passive, et 5 ans de prison et 500 000 euros d’amende pour trafic d’influence. L’affaire soulève également des questions sur l’éthique des responsables politiques et leur utilisation des réseaux d’influence. Le tribunal correctionnel de Paris, qui siège en 32e chambre, devra trancher après dix jours d’audience à partir du 16 septembre 2026.

