Pékin est en train de construire sa plus grande île artificielle de la mer de Chine du Sud
Des images satellites montrent que les travaux en cours sur le récif d'Antelope pourraient considérablement renforcer la présence militaire chinoise dans la région. L’article Pékin est en train de construire sa plus grande île artificielle de la mer de Chine du Sud est apparu en premier sur Le Grand Continent..
La Chine construit actuellement une île artificielle sur le récif d’Antelope, situé en mer de Chine du Sud. Ce récif, long de 6 kilomètres, est situé à environ 280 kilomètres des côtes chinoises et 320 kilomètres du Vietnam. Les travaux, débutés à l’automne 2025, visent à transformer ce récif en une île artificielle équipée de systèmes logistiques, de radars, d’un héliport et d’une piste d’atterrissage de 3 kilomètres de long. Selon des images satellites prises en juillet et août 2026, la première phase de construction est terminée, avec un contour entièrement remblayé. Une fois achevée, cette île pourrait devenir le plus grand avant-poste chinois de la région, dépassant les infrastructures existantes comme l’île voisine de Woody, située à 100 kilomètres.
Le récif d’Antelope présente un atout stratégique majeur pour la Chine : un port en eau profonde permettant de ravitailler des navires en mer de Chine du Sud. Une fois opérationnel, ce site pourrait accueillir des missiles sol-air et antinavires, ainsi que des avions, renforçant ainsi la présence militaire chinoise dans la région. Le CSIS (Center for Strategic and International Studies), un think tank américain, souligne que cette île pourrait soutenir les opérations des garde-côtes chinois, qui disposent déjà de la plus grande flotte au monde, avec près de 700 navires. Cette flotte est régulièrement impliquée dans des affrontements avec des bateaux de pêche des pays voisins, comme les Philippines ou le Vietnam, et participe à des exercices avec la marine chinoise.
La construction de cette île artificielle s’inscrit dans un contexte de tensions accrues en mer de Chine du Sud. Les garde-côtes chinois multiplient leurs patrouilles autour de récifs disputés, comme celui de Scarborough, situé au large des côtes philippines. Selon le CSIS, les patrouilles ont doublé en 2026 par rapport à 2025, avec 933 journées de présence enregistrées au premier semestre contre 1 099 sur l’ensemble de l’année précédente. En 2025, le nombre de journées de présence était déjà deux fois supérieur à celui de 2024. Ces patrouilles visent à affirmer les revendications territoriales de la Chine, mais elles alimentent également les tensions avec les pays riverains, qui contestent ces avancées.
Ce projet marque un retour à une politique d’expansionnisme en mer de Chine du Sud, après une pause depuis 2017 sous la pression internationale. Le récif d’Antelope pourrait ainsi devenir un hub logistique et militaire, permettant aux garde-côtes chinois d’organiser des déploiements « plus persistants et mieux coordonnés », selon Lowell Bautista, expert en droit de la mer. Les infrastructures prévues, comme la piste d’atterrissage et le port en eau profonde, renforceront la capacité de la Chine à projeter sa puissance dans une zone stratégique, riche en ressources et en routes maritimes. Cette initiative s’ajoute à d’autres projets similaires dans la région, comme ceux menés sur les îles Spratleys ou Paracels.

