Ce robot-scarabée n'a pas de batterie et pèse 88 mg : il est destiné à aller là où aucun humain ne peut se déplacer
Réduire un robot à la taille d'un insecte se heurte toujours au même mur, celui de l'énergie, car une batterie miniature se vide en un clin d'œil. Pour s'en affranchir, des ingénieurs ont troqué la pile contre du carburant liquide.
Des chercheurs ont conçu un robot-scarabée pesant seulement 88 milligrammes, soit moins qu’une pièce de monnaie. Cette prouesse technologique repose sur l’utilisation de matériaux ultra-légers et de mécanismes miniaturisés, inspirés par la nature. Contrairement aux robots classiques, ce modèle ne nécessite pas de batterie pour fonctionner, ce qui réduit considérablement son poids et sa complexité. Cette innovation ouvre des perspectives pour des applications où la légèreté et la discrétion sont essentielles, comme l’exploration de zones inaccessibles aux humains ou aux machines plus lourdes.
Le robot-scarabée se passe de batterie grâce à un système de propulsion actionné par des micro-actionneurs (petits dispositifs mécaniques qui convertissent une énergie en mouvement). Ces actionneurs sont alimentés par des signaux électriques externes, comme des ondes radio ou des champs magnétiques, transmis à distance. Cette approche élimine le besoin de stocker de l’énergie à bord, ce qui est un défi majeur pour les robots de très petite taille. Elle permet aussi d’éviter les problèmes liés à l’usure ou à la recharge des batteries, souvent limitantes pour les micro-robots.
Le design du robot s’inspire directement des scarabées, des insectes capables de se déplacer dans des environnements complexes et étroits. Les chercheurs ont reproduit certaines de leurs caractéristiques, comme la capacité à se faufiler dans des espaces réduits ou à résister à des chocs. Cette bionique (l’imitation des systèmes naturels pour concevoir des technologies) permet au robot de naviguer dans des lieux où un humain ou un robot conventionnel ne pourrait pas accéder, comme des décombres, des conduits ou des zones de catastrophe.
Les scientifiques envisagent d’utiliser ce robot pour des missions d’exploration ou de secours dans des environnements dangereux ou difficiles d’accès. Par exemple, il pourrait être déployé dans des bâtiments effondrés pour localiser des survivants, inspecter des infrastructures endommagées ou cartographier des zones polluées. Son poids plume et son absence de batterie le rendent particulièrement adapté à ces tâches, où la mobilité et la discrétion sont cruciales. À plus long terme, des versions encore plus petites pourraient être développées pour des applications médicales ou environnementales.
Malgré ses avantages, ce robot doit encore surmonter plusieurs obstacles avant une utilisation généralisée. Son autonomie reste limitée par la nécessité de recevoir des signaux externes pour fonctionner, ce qui restreint son rayon d’action. De plus, sa taille minuscule pose des défis en termes de résistance aux intempéries et de précision des mouvements. Les chercheurs travaillent actuellement à améliorer sa robustesse et son efficacité énergétique, tout en explorant des méthodes pour augmenter son autonomie sans alourdir son poids.

