À Gaza, à la recherche de corps sous les décombres
Neuf mois après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza, les équipes de la défense civile et des volontaires locaux poursuivent une mission aussi éprouvante que délicate dans l'enclave palestinienne : fouiller les ruines des bâtiments détruits pour retrouver les dépouilles des personnes toujours portées disparues..
Les opérations de recherche et d'extraction des corps ensevelis sous les décombres à Gaza sont rendues extrêmement complexes par plusieurs facteurs. D'abord, le temps qui passe aggrave la situation, car les corps se décomposent et les gravats se tassent, rendant les opérations plus difficiles. Ensuite, le manque criant d'engins lourds comme les pelleteuses limite la capacité à dégager rapidement les décombres. Enfin, la présence de munitions non explosées (armes ou bombes qui n'ont pas detoné lors des frappes et restent dangereuses) dans les ruines ajoute un risque majeur pour les secouristes et les habitants. Ces obstacles ralentissent considérablement les efforts pour retrouver les victimes, comme le montre l'exemple d'un immeuble détruit à Gaza-ville où une équipe locale n'a pu retrouver que 13 des 44 victimes attendues, les autres ayant été extraites dans les heures suivant le bombardement.
Ramez Nabhan incarne la souffrance de milliers de familles palestiniennes dont des proches sont portés disparus depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas. Ce père de famille a perdu sa femme et ses trois enfants lors d'un bombardement qui a détruit leur immeuble au début du conflit. Bien que certains corps, dont ceux de son fils et de son oncle, aient pu être récupérés rapidement, d'autres membres de sa famille restent introuvables. Les restrictions israéliennes sur l'entrée d'équipements lourds, le manque de carburant et les conditions de sécurité précaires durant les premiers mois du conflit ont empêché de nombreuses familles de récupérer les dépouilles de leurs proches. Aujourd'hui, les recherches se poursuivent, mais chaque découverte ravive une douleur insupportable, comme l'explique M. Nabhan : Voir la plaie se rouvrir est extrêmement douloureux.
L'identification des dépouilles devient de plus en plus complexe au fil du temps en raison de deux facteurs principaux. D'une part, les corps se décomposent sous les décombres, rendant leur reconnaissance physique difficile. D'autre part, les capacités limitées en médecine légale (discipline médicale qui étudie les causes de la mort et identifie les victimes) et en analyses ADN (tests génétiques pour confirmer l'identité) prolongent l'attente des familles. Selon un rapport conjoint de l'ONU et de ses partenaires publié en avril 2026, la guerre a causé plus de 71 000 morts palestiniens et 171 000 blessés. Des milliers de personnes restent portées disparues, beaucoup étant encore ensevelies sous les décombres. Les Nations Unies soulignent que les recherches se poursuivent dans un territoire largement détruit, où les conditions de sécurité et les restrictions d'accès compliquent encore davantage les opérations.
Les Nations Unies jouent un rôle central dans la coordination et l'évaluation des besoins humanitaires à Gaza. Elles ont publié en avril 2026 un rapport conjoint avec leurs partenaires sur les *dommages et besoins* (évaluation des destructions et des ressources nécessaires pour la reconstruction) causés par la guerre. Ce rapport estime que plus de 71 000 Palestiniens ont péri et 171 000 ont été blessés. Les Nations Unies alertent également sur le sort des milliers de disparus, dont certains pourraient encore être retrouvés sous les décombres. Cependant, les opérations de recherche sont entravées par des obstacles logistiques et sécuritaires, notamment les restrictions israéliennes sur l'entrée d'engins lourds et la présence de munitions non explosées. Ces défis prolongent l'agonie des familles en attente de réponses sur le sort de leurs proches.

