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Environnement

Éviter « le sauve-qui-peut climatique » : le Haut-Commissariat au plan tire la sonnette d'alarme

Reporterre · mis à jour il y a 17 j

C'est une critique à peine voilée du bilan écologique des deux quinquennats d'Emmanuel Macron, formulée, entre autres, par d'anciens cadres de la macronie. Le Haut-Commissariat au plan a publié, mercredi 2 septembre, le volet « environnement » de sa « prospective nationale ».

Alerte du Haut-Commissariat

Le Haut-Commissariat au plan (HCP), une institution française chargée d’éclairer les décisions publiques, a publié un rapport alertant sur les risques d’un sauve-qui-peut climatique. Ce terme désigne une situation où les sociétés réagiraient de manière désorganisée et chaotique face aux conséquences du changement climatique, sans coordination ni planification. Le HCP souligne que cette réaction pourrait aggraver les inégalités et fragiliser davantage les populations vulnérables. Le rapport met en garde contre l’inaction actuelle, qui risque de mener à des crises humanitaires, économiques et sociales majeures. Il s’appuie sur des projections scientifiques récentes pour alerter sur l’urgence d’agir. Le HCP insiste sur la nécessité d’anticiper plutôt que de subir les effets du réchauffement climatique.

Scénarios climatiques inquiétants

Le rapport du HCP s’appuie sur des scénarios climatiques développés par des experts, comme ceux du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Ces scénarios décrivent des trajectoires possibles pour le climat d’ici 2100, en fonction des émissions de gaz à effet de serre. Parmi les projections les plus alarmantes, le HCP cite une hausse des températures moyennes de 3 à 4°C d’ici la fin du siècle en France, si les émissions ne sont pas réduites drastiquement. Cette augmentation entraînerait des vagues de chaleur plus fréquentes et intenses, des sécheresses prolongées, et une montée du niveau de la mer de plusieurs dizaines de centimètres. Ces changements auraient des conséquences directes sur l’agriculture, la biodiversité et la santé publique.

Risques socio-économiques majeurs

Le HCP met en lumière les risques socio-économiques liés au changement climatique, qui pourraient coûter cher à la société française. Il estime que les pertes économiques pourraient atteindre plusieurs points de PIB par an d’ici 2050, en raison des dégâts causés par les événements climatiques extrêmes (inondations, incendies, etc.). Par exemple, les coûts des inondations pourraient dépasser 10 milliards d’euros par an d’ici 2050, contre environ 2,5 milliards d’euros actuellement. Le rapport souligne aussi que ces crises aggraveraient les inégalités, avec des populations modestes plus exposées aux risques et moins capables de s’adapter. Les secteurs comme l’agriculture, le tourisme ou l’énergie seraient particulièrement touchés.

Nécessité d’une planification urgente

Face à ces risques, le HCP insiste sur l’urgence de mettre en place des politiques publiques ambitieuses et coordonnées. Il recommande de renforcer la résilience des territoires, par exemple en adaptant les infrastructures aux nouvelles conditions climatiques ou en protégeant les zones côtières. Le rapport propose aussi de mieux anticiper les migrations climatiques, qui pourraient concerner des millions de personnes dans le monde, dont certaines en France. Pour éviter le sauve-qui-peut, le HCP plaide pour une approche intégrée, combinant atténuation (réduction des émissions) et adaptation. Il souligne que ces mesures doivent être prises dès maintenant, car les effets du changement climatique se font déjà sentir et s’aggraveront dans les décennies à venir.

Ce que ça pourrait changer

Le HCP identifie deux types d’acteurs clés pour éviter une crise climatique désordonnée : les pouvoirs publics et les entreprises. Les pouvoirs publics, à tous les niveaux (national, régional, local), doivent jouer un rôle central en coordonnant les actions et en investissant dans des infrastructures résilientes. Par exemple, les collectivités locales pourraient développer des plans d’adaptation pour leurs territoires. Les entreprises, quant à elles, sont appelées à réduire leur empreinte carbone et à innover pour proposer des solutions durables. Le rapport cite des exemples comme la rénovation énergétique des bâtiments ou le développement des énergies renouvelables. Sans une mobilisation conjointe de ces acteurs, le risque de *sauve-qui-peut* reste élevé.

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