En Argentine, Amnesty International alerte sur la surveillance numérique accrue sous la présidence Milei
L’organisation de défense des droits dénonce dans un rapport un « recours croissant aux technologies de surveillance » en Argentine depuis l’arrivée au pouvoir de Javier Milei, avec selon elle un « effet dissuasif » sur les libertés, d’expression ou de rassemblement..
Amnesty International, une organisation internationale de défense des droits humains, a publié un rapport en août 2026 alertant sur une augmentation de la surveillance numérique en Argentine sous le gouvernement du président Javier Milei, en poste depuis fin 2023. L’ONG dénonce l’utilisation croissante de technologies de surveillance par les autorités, notamment pour contrôler les communications en ligne et les activités des citoyens sur internet. Ces pratiques, selon Amnesty, pourraient menacer les libertés individuelles et les droits fondamentaux, comme la protection de la vie privée. Le rapport souligne que ces outils, autrefois réservés aux services de renseignement, sont désormais déployés à grande échelle, y compris pour des usages policiers ou administratifs.
Les technologies de surveillance numérique mentionnées dans le rapport incluent des logiciels espions (spyware), des systèmes de reconnaissance faciale, et des outils de collecte de données massives. Par exemple, des programmes comme Pegasus, un logiciel controversé développé par le groupe israélien NSO, permettent d’infecter des smartphones pour accéder à leurs données sans que l’utilisateur en ait conscience. Ces outils sont souvent utilisés par des États pour traquer des opposants politiques ou des journalistes. En Argentine, Amnesty International craint que ces technologies ne soient détournées de leur usage légitime pour réprimer des mouvements sociaux ou des critiques envers le gouvernement.
Le président argentin Javier Milei, élu fin 2023, est connu pour ses positions libérales en économie et ses réformes radicales. Son gouvernement a mis en place des mesures controversées, comme des réductions drastiques des dépenses publiques et des privatisations massives. Dans ce contexte, Amnesty International s’inquiète d’un durcissement des pratiques autoritaires, notamment dans le domaine numérique. Le rapport souligne que les lois antiterroristes et les projets de réforme du renseignement pourraient faciliter l’utilisation abusive de ces outils de surveillance. Par ailleurs, l’ONG rappelle que l’Argentine a déjà été critiquée par des instances internationales pour des atteintes aux droits humains, notamment sous les dictatures militaires des années 1970 et 1980.
Amnesty International met en garde contre les conséquences de cette surveillance accrue sur les droits humains en Argentine. Parmi les risques identifiés figurent la violation du droit à la vie privée, la censure des médias indépendants, et la répression des opposants politiques. L’organisation cite des cas où des journalistes ou des militants ont été ciblés par des cyberattaques ou des campagnes de désinformation. Elle rappelle que la surveillance numérique peut aussi servir à intimider les citoyens, en créant un climat de peur. Enfin, l’ONG souligne que ces pratiques sapent la confiance dans les institutions et fragilisent la démocratie, surtout dans un pays marqué par une histoire de violations des droits humains.
Face à ces alertes, Amnesty International appelle le gouvernement argentin à respecter les normes internationales en matière de droits humains, notamment celles définies par l’Organisation des Nations unies (ONU) et la Cour interaméricaine des droits de l’homme. L’ONG recommande de limiter strictement l’usage des technologies de surveillance, de renforcer les mécanismes de contrôle indépendant, et de garantir la transparence des pratiques des services de renseignement. Elle demande également que les citoyens soient informés des lois et des outils utilisés pour les surveiller. Enfin, Amnesty invite la communauté internationale à exercer une pression diplomatique pour protéger les libertés fondamentales en Argentine.

