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Environnement

Priscillia Ludosky, figure du mouvement des Gilets jaunes : «Un trio de générations pourrait se retrouver ce samedi»

Vert.eco · mis à jour il y a 19 j

Les Gilets jaunes peuvent-ils se retrouver dans la rue ? Alors que des mobilisations sont annoncées partout en France ce samedi, Priscillia Ludosky, à l’origine de la pétition qui avait contribué à lancer le mouvement en 2018, croit à une possible convergence entre trois générations en colère..

Priscillia Ludosky

Priscillia Ludosky est une figure historique du mouvement des Gilets jaunes, apparu en France en 2018. En mai 2018, elle lance une pétition intitulée « Pour une baisse des prix à la pompe », qui recueille près de 1,3 million de signatures et devient un catalyseur du mouvement. Ce dernier émerge officiellement le 17 novembre 2018, avec des blocages de ronds-points et des manifestations contre la hausse des prix des carburants, notamment du gazole, qui dépasse alors 2,30 € le litre. Ludosky est candidate aux élections européennes de 2024 sur la liste des Écologistes et préside aujourd’hui le Collectif des luttes sociales et environnementales (CLSE), actif dans les territoires ultramarins. Elle s’exprime ici sur les mobilisations prévues pour le 17 octobre 2026, évoquant un possible retour des Gilets jaunes.

Contexte historique

Le mouvement des Gilets jaunes de 2018-2019 est né d’une pétition en ligne et d’une colère contre la hausse des prix des carburants, liée en partie à une taxe carbone sur le diesel. Cette taxe, instaurée pour financer la transition écologique, a été perçue comme injuste car elle pesait davantage sur les ménages modestes, souvent contraints de se déplacer en voiture. Le gouvernement d’Emmanuel Macron a finalement supprimé la hausse prévue de la CSG (contribution sociale généralisée) pour les retraités et instauré la « prime Macron », une aide ponctuelle pour les travailleurs. Cependant, ces mesures sont jugées insuffisantes par les militants, qui dénoncent des « pansements » plutôt que des solutions durables. Depuis 2018, la situation sociale s’est dégradée, avec de nouvelles mobilisations (pompiers, soignants, retraités) et des réformes controversées comme celle des retraites.

Mobilisations du 17 octobre

Priscillia Ludosky évoque un appel à la mobilisation lancé début septembre 2026 sur les réseaux sociaux, qui pourrait réunir 1 500 actions (manifestations, blocages de ronds-points, stations-service, raffineries) selon une carte en ligne. Elle souligne que le contexte actuel diffère de 2018 : trois générations pourraient se retrouver, dont les Gilets jaunes de 2018, les jeunes actifs qui ont découvert les inégalités depuis, et les lycéens ou étudiants mobilisés pour des moyens éducatifs. Les causes de la colère restent similaires (pouvoir d’achat, justice sociale, transition écologique), mais se sont aggravées. Ludosky cite des exemples comme l’inflation des prix des carburants, la précarité dans les outre-mer, ou encore la réforme des retraites. Elle insiste sur l’absence de réponse durable du gouvernement, malgré l’ampleur des mobilisations passées.

Outre-mer et inégalités

Les territoires ultramarins illustrent les inégalités sociales persistantes en France. Par exemple, à Mayotte, le taux de pauvreté dépasse 77 %, plus de 15 000 enfants ne sont pas scolarisés, et la sécurité alimentaire n’est pas assurée. En Guadeloupe, les coupures d’eau sont fréquentes en raison d’un réseau défaillant. Ludosky dénonce l’inaction des gouvernements successifs, y compris celui d’Emmanuel Macron, qui n’aurait pas garanti l’accès aux droits fondamentaux dans ces régions. Elle critique également la taxe carbone, jugée injuste car elle ne taxe pas le kérosène, utilisé par les avions, ce qui favorise les inégalités entre ceux qui peuvent se déplacer en avion et les autres.

Transition écologique et justice sociale

L’article aborde le lien entre transition écologique et justice sociale, un débat central depuis 2018. Ludosky souligne que le mouvement des Gilets jaunes a permis de replacer la question sociale au cœur des préoccupations écologiques. Par exemple, les associations environnementales ont intégré davantage de dimensions sociales dans leurs revendications, comme la nécessité de développer les transports en commun dans les zones mal desservies. Elle propose des solutions concrètes : améliorer la régularité des bus, fermer moins de lignes ferroviaires, développer les trains de nuit, et rendre l’avion moins compétitif que le train pour les trajets longs. Ces mesures visent à concilier décarbonation des transports et accessibilité pour tous, sans pénaliser les ménages modestes.

Mobilisations lycéennes

Les lycéens et étudiants se mobilisent actuellement pour réclamer des moyens éducatifs, comme des salles de classe adaptées ou des effectifs réduits. Ludosky soutient ces mobilisations, les jugeant nécessaires car elles rappellent aux gouvernements leurs responsabilités. Elle critique la priorité donnée par les ministres de l’Éducation nationale à des sujets comme le port du voile ou l’usage du téléphone portable, au détriment de l’amélioration des conditions d’études. Elle dénonce aussi l’usage de LBD (lanceurs de balles de défense) et de grenades par les forces de l’ordre lors des manifestations, qui ont causé des mutilations graves (mâchoires arrachées, mains perdues, cécité). Ludosky considère que ces armes aggravent les tensions et devraient être interdites en manifestation.

Répression policière

La répression des mobilisations sous Emmanuel Macron est pointée du doigt par Ludosky, qui y voit une continuité avec les pratiques de 2018-2019. Elle cite l’exemple de Didier Lallement, nommé préfet de police à Paris en 2019 malgré des critiques sur ses méthodes violentes à Bordeaux, ou encore Christophe Castaner, alors ministre de l’Intérieur, décoré de la Légion d’honneur. Ludosky dénonce une doctrine de maintien de l’ordre qui utilise les forces de l’ordre comme un « bras armé », avec des conséquences graves : des jeunes ont perdu la vue ou des membres lors de manifestations. Elle appelle les parents à protéger leurs enfants, soulignant que la France est l’un des derniers pays européens à utiliser ces armes, malgré les condamnations de l’ONU et du Conseil d’État.

Ce que ça pourrait changer

Priscillia Ludosky confirme sa présence dans la rue pour les mobilisations du **17 octobre 2026**, sans préciser encore le lieu exact. Elle rappelle que les *Gilets jaunes* de 2018 avaient su organiser des actions sans infrastructure logistique préalable, grâce à un *« mode opératoire populaire »* : occupation des ronds-points, port du gilet jaune, déclaration de manifestations. Aujourd’hui, les outils numériques facilitent l’organisation, mais elle insiste sur le fait que le contexte politique et social actuel pourrait amplifier la mobilisation. Elle souligne que les causes de la colère (pouvoir d’achat, justice sociale, transition écologique) restent d’actualité et se sont aggravées depuis 2018.

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