NapseflowNapseflow
Géopolitique

Mohammed VI ou le mirage du Maroc moderne

Courrier International · mis à jour il y a 21 j

Alors que les élections législatives de ce mercredi 23 septembre ont été marquées par la participation la plus faible depuis 2011, “The Economist” décrit un royaume qui allie réussites indéniables et inégalités sociales persistantes, récemment mises en lumière par la crise de Ceuta. En creux, l’hebdomadaire britannique fait aussi le portrait du pouvoir de Mohammed VI, dans une ambiance de fin de règne propice aux troubles et règlements de comptes..

Crise migratoire du 30 juillet

Le 30 juillet 2024, jour de la fête du Trône au Maroc, une crise migratoire majeure a éclaté. Alors que le roi Mohammed VI se rendait à une cérémonie officielle à Rabat, des milliers de Marocains ont tenté de rejoindre l’enclave espagnole de Ceuta, située à une trentaine de kilomètres de la ville côtière de M’diq. Plus de 70 000 personnes, principalement des Marocains, ont risqué leur vie pour traverser la Méditerranée, motivées par une rumeur relayée sur Internet affirmant que les frontières européennes étaient ouvertes. Cette tentative de migration massive a entraîné la mort d’une centaine de personnes. Ceuta est une enclave espagnole sur le territoire marocain, séparée de l’Afrique par une frontière terrestre et accessible par la mer. La fête du Trône est une célébration annuelle marquant l’anniversaire de l’accession au trône du roi Mohammed VI, qui règne depuis 1999.

Image contrastée du Maroc

Le Maroc, sous le règne de Mohammed VI, est souvent présenté comme un modèle de stabilité et de modernisation en Afrique du Nord. Le pays dispose d’une industrie automobile en plein essor, d’un réseau de lignes à grande vitesse en développement et abrite le plus grand port de la Méditerranée, Tanger Med. Le royaume attire des investissements étrangers, entretient des relations diplomatiques et économiques étroites avec l’Europe et les États-Unis, et développe une industrie de l’armement grâce à des partenariats avec Israël. Cependant, cette image de modernité contraste avec la réalité sociale vécue par une partie de la population, comme en témoigne la tentative de migration massive du 30 juillet. La monarchie marocaine, au pouvoir depuis quatre siècles, est une institution centrale dans le système politique du pays.

Contrôle de la société civile

Malgré les avancées économiques et industrielles, la société civile marocaine reste soumise à des restrictions importantes. Les libertés d’expression et de réunion sont limitées, et les critiques envers le pouvoir sont souvent censurées ou réprimées. Cette situation est illustrée par l’absence de contestation publique visible lors de la fête du Trône, où seuls des membres de l’élite étaient présents pour rendre hommage au roi. La répression des voix dissidentes est un phénomène récurrent au Maroc, où les médias indépendants et les militants sont régulièrement soumis à des pressions. Cette dynamique contribue à créer un décalage entre l’image moderne du pays et la réalité vécue par une partie de sa population, notamment les plus défavorisés.

Ce que ça pourrait changer

Mohammed VI, roi du Maroc depuis 1999, incarne une monarchie qui a su préserver son pouvoir tout en modernisant partiellement le pays. Son règne est marqué par des réformes économiques et des investissements dans des infrastructures majeures, comme le port de Tanger Med ou les lignes à grande vitesse. Cependant, son pouvoir reste absolu, et la monarchie contrôle des secteurs clés de l’économie et de la politique. Le roi est à la fois le chef de l’État et le garant de la stabilité du pays, mais son autorité est rarement contestée publiquement. La cérémonie du baisemain, où des membres de l’élite viennent saluer le souverain, symbolise cette relation de soumission au pouvoir monarchique, qui contraste avec les aspirations de liberté et de prospérité d’une partie de la population.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.