La France ne veut plus sanctionner Alisher Ousmanov, un oligarque russe proche de Vladimir Poutine : voici pourquoi
La France vient de créer la stupeur à Bruxelles en s’opposant au renouvellement automatique des sanctions ciblant les oligarques russes. Paris vaut absolument qu’Alisher Ousmanov, à la tête d’un véritable empire, soit épargné..
L'Union européenne (UE) devait renouveler automatiquement, ce 15 septembre 2026, les sanctions contre la Russie et ses soutiens, imposées depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022. Ces mesures visent près de 3 000 individus et entreprises accusés d'aider financièrement ou logistiquement le Kremlin. Cependant, les 27 États membres n'ont pas réussi à trouver un accord unanime pour prolonger ces sanctions. Face à cette impasse, une exception a été accordée : le renouvellement est reporté de sept jours, jusqu'au 22 septembre à minuit. Sans compromis d'ici là, l'ensemble des sanctions expirera automatiquement, libérant les avoirs gelés et levant les interdictions de séjour en Europe pour les personnes concernées.
La France a surpris ses partenaires européens en s'opposant au renouvellement automatique des sanctions. Paris a conditionné son accord à la sortie de la liste noire européenne d'Alisher Ousmanov, un oligarque russe proche de Vladimir Poutine. Ce milliardaire, dont la fortune est estimée à 18,8 milliards de dollars, est visé depuis 2022 pour ses liens avec le pouvoir russe. Selon le Financial Times, la France négocierait cette levée de sanctions en échange de la libération de plusieurs ressortissants français détenus en Azerbaïdjan, dont Martin Ryan, accusé d'espionnage. La diplomatie française justifie cette position par un « enjeu spécifique de sécurité nationale » et une volonté de répondre à des partenaires internationaux.
La position française crée une tension majeure au sein de l'UE. Plusieurs États membres, comme le Luxembourg, pourraient suivre cet exemple et demander à leur tour la levée des sanctions contre d'autres oligarques russes, comme Mikhail Fridman. L'Ukraine, représentée par son président Volodymyr Zelensky, a vivement réagi, qualifiant cette démarche de « signal de faiblesse désastreux » envers la Russie. Zelensky souligne que les oligarques sont des piliers du système financier et politique de Vladimir Poutine, essentiels au financement de la guerre en Ukraine. La crainte est que cette décision fragilise l'unité des 27 États face au Kremlin et crée un précédent dangereux.
En Russie, les oligarques sont des milliardaires dont les fortunes se sont construites après la chute de l'URSS, souvent grâce à des privatisations controversées. Ces hommes d'affaires détiennent des empires dans des secteurs clés comme les mines, les métaux ou les télécommunications. Leur loyauté envers Vladimir Poutine est un pacte implicite : en échange de leur soutien politique et financier, le Kremlin leur accorde une protection et des avantages économiques. Les sanctions de l'UE visent à affaiblir ce système en gelant leurs avoirs et en les empêchant de voyager en Europe, limitant ainsi leur capacité à financer indirectement la guerre en Ukraine.
Le report des sanctions jusqu'au 22 septembre offre une ultime fenêtre de négociation aux 27 États membres. Cependant, le risque est double : d'une part, une division au sein de l'UE qui affaiblirait sa position face à la Russie, et d'autre part, une remise en cause de l'efficacité des sanctions comme outil de pression. Pour l'Ukraine, déjà en guerre depuis 2022, cette situation envoie un message contradictoire : alors que le conflit s'intensifie, certains pays européens semblent prêts à relâcher la pression sur des acteurs clés du régime russe. La décision finale, attendue dans une semaine, pourrait redéfinir la stratégie européenne face à Moscou.

