Retraites, santé
Les propositions risquent de déplaire à de nombreux Français..
Le gouvernement français, dirigé par Sébastien Lecornu, prévoit un effort budgétaire massif de 54 milliards d’euros pour l’année 2027. Cet ajustement vise à redresser les finances publiques et s’inscrit dans le cadre de deux projets de loi : le projet de loi de finances (PLF) et le projet de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Ces mesures, qui seront examinées par le Parlement à l’automne 2026, pourraient être modifiées ou rejetées avant leur application. L’objectif est de réduire le déficit public, mais les propositions risquent de concerner directement les finances des Français, notamment les plus modestes et les retraités.
Le budget 2027 prévoit de geler plusieurs aides sociales sans les revaloriser en fonction de l’inflation. Parmi les prestations concernées figurent les aides personnalisées au logement (APL), la prime d’activité (versée aux travailleurs modestes) et les allocations familiales. Ces dernières ne bénéficieront pas d’une augmentation pour compenser la hausse des prix, ce qui entraînera une perte de pouvoir d’achat pour leurs bénéficiaires. En revanche, le RSA, le minimum vieillesse et l’allocation aux adultes handicapés seront revalorisés, mais sans que ces ajustements soient précisés dans l’article.
Les retraités seront également touchés par les mesures du budget 2027. Leurs pensions ne seront plus automatiquement indexées sur l’inflation, ce qui signifie qu’elles ne suivront plus l’évolution des prix. De plus, un abattement pour frais professionnels, actuellement fixé à 4 439 euros, sera réduit à 3 000 euros. Cet abattement permet aux retraités de déduire une partie de leurs revenus imposables pour tenir compte des dépenses liées à leur ancien travail. Cette baisse réduira donc leur revenu net après impôts.
Le budget 2027 prévoit une augmentation des frais médicaux pour les patients. Le plafond de la franchise médicale, qui correspond à la somme restant à la charge du patient pour certains soins, passera de 50 à 70 euros dès l’été 2026. Par ailleurs, le remboursement de certains médicaments sera réduit. Les taux de remboursement des médicaments jugés de confort ou à service médical rendu modéré seront abaissés, passant par exemple de 30 % à 15 % ou de 15 % à 5 %. Cela signifie que les patients devront payer une part plus importante de leur traitement.
Les agents de la fonction publique ne bénéficieront d’aucune augmentation de salaire en 2027, comme cela a déjà été le cas lors des années précédentes. Cette mesure s’inscrit dans une logique d’économies budgétaires et vise à limiter les dépenses de l’État. Les fonctionnaires, déjà impactés par des années de gel ou de faible revalorisation, verront donc leur pouvoir d’achat stagner ou diminuer, surtout si l’inflation persiste.
Le Compte Personnel de Formation (CPF), qui permet aux salariés et demandeurs d’emploi de financer des formations, sera soumis à une participation minimale de 350 euros pour accéder à une formation, contre 150 euros actuellement. Cette mesure vise à réaliser entre 300 et 350 millions d’euros d’économies. Certaines catégories seront exonérées, comme les demandeurs d’emploi, les formations dans des secteurs en tension (défense, industrie, transition écologique ou numérique), ou pour des bilans de compétences. Cette hausse des coûts pourrait freiner l’accès à la formation pour de nombreux actifs.
Alors que les mesures précédentes ciblent principalement les ménages modestes et les classes moyennes, le budget 2027 prévoit des allègements fiscaux pour les plus aisés. La surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises sera réduite à 5 milliards d’euros, contre 7,5 milliards en 2026. De plus, le gouvernement souhaite simplifier la défiscalisation des donations familiales, ce qui facilitera les transmissions de patrimoine pour les familles les plus fortunées. Ces décisions contrastent avec les efforts demandés aux autres catégories sociales.

