Comment des acteurs étrangers ont attisé la colère en ligne autour des manifestations du 17 octobre en France
Une étude quantitative révèle l’ampleur de l’amplification étrangère L’article Comment des acteurs étrangers ont attisé la colère en ligne autour des manifestations du 17 octobre en France est apparu en premier sur Le Grand Continent..
L’ONG Alliance4Europe, spécialisée dans la lutte contre la désinformation en ligne, a publié le 21 octobre 2026 un rapport analysant près de 550 000 publications sur les réseaux sociaux et sites d’information. Cette étude couvre la période du 11 au 18 octobre 2026, pendant laquelle la France a connu des manifestations et des violences. L’objectif était d’évaluer l’impact d’acteurs étrangers dans la diffusion de récits déformés ou de fausses informations autour de ces événements. L’ONG s’appuie sur des données quantitatives pour montrer comment certains discours ont été amplifiés, notamment en fonction des langues utilisées.
Le rapport révèle des écarts significatifs dans la façon dont les troubles des 17 et 18 octobre ont été attribués aux migrants ou à l’islam selon la langue des publications. En français, seulement 3 % des contenus pointent ces causes, un chiffre qui grimpe à 19 % en anglais et 13 % en polonais. Sur les plateformes comme TikTok et YouTube, les commentaires en français attribuant les violences à l’islam ou aux migrants varient entre 0,3 % et 0,7 %, contre 2,6 % à 4,3 % en anglais. Ces différences suggèrent une influence étrangère plus marquée dans les sphères anglophone, polonaise et germanophone.
Plusieurs acteurs étrangers ont joué un rôle clé dans l’amplification de récits déformés. Parmi eux, des influenceurs d’extrême droite anglophones, des médias conservateurs américains comme Fox News, et des médias locaux comme la chaîne YouTube polonaise Kanał Zero. La Russie a également été très active via le réseau de bots Doppelganger, qui a publié 639 messages en 22 vagues synchronisées du 2 septembre au 14 octobre 2026, dans quatre langues (français, allemand, anglais, polonais). Ces publications ont été vues environ 7,4 millions de fois. Elles associaient notamment la hausse du coût de la vie à l’aide française à l’Ukraine, et citaient le mouvement des Gilets jaunes de 2018 pour alimenter la colère.
Les campagnes étrangères visaient principalement le président Emmanuel Macron, ses potentiels successeurs comme Gabriel Attal, Édouard Philippe ou Raphaël Glucksmann, ainsi que Jean-Luc Mélenchon. Les messages appelaient à l’élection d’un « vrai patriote » à l’Élysée, sans le nommer, tandis que Marine Le Pen et le Rassemblement National (RN) n’étaient mentionnés qu’une seule fois. Les médias d’État iraniens Press TV et IRNA ont consacré plus d’un tiers de leurs publications en français à la situation française pendant cette période. En France, les comptes de Sarah Knafo (RN), Jordan Bardella et d’autres personnalités politiques ont généré le plus de vues sur TikTok avec des vidéos liées aux troubles.
Des responsables américains, dont le vice-président J.D. Vance et Donald Trump, ont rejoint les voix officielles russes pour attribuer les violences en France à l’immigration. Kirill Dmitriev, envoyé spécial de Vladimir Poutine, a repris presque mot pour mot les propos de la Maison-Blanche, évoquant un « suicide de la civilisation occidentale » causé par le « chaos migratoire ». Selon Marion Solletty, rédactrice en chef pour la France chez *Politico*, ces actions s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à saper les fondements démocratiques de la France pour affaiblir un adversaire géopolitique. L’Italie a également dénoncé une « guerre hybride » menée via des plateformes comme TikTok et YouTube, attribuée implicitement à Moscou.

