Qu’est-ce que le groupe des Brics +, qui se réunit à New Delhi ?
Formé à l’origine par le Brésil, l’Inde, la Chine et la Russie, le groupe des Brics s’est élargi à des pays émergents du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Asie du Sud-Est. Cette organisation informelle, dont le sommet se tient ces samedi 12 et dimanche 13 septembre à New Delhi, en Inde, se veut une alternative à l’ordre international occidental, notamment sur le plan économique..
Le terme Brics a été créé en 2001 par Jim O’Neill, économiste chez Goldman Sachs, pour désigner quatre grandes économies émergentes : le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine. L’acronyme s’inspire aussi du RIC (Russie, Inde, Chine), un forum diplomatique promu par la Russie dans les années 1990. En 2003, un autre groupe, l’Ibas (Inde, Brésil, Afrique du Sud), est lancé pour défendre le multilatéralisme et la coopération entre pays du Sud. Bien que critiqué pour son caractère hétérogène, le concept des Brics a gagné en influence et a conduit à la création d’un groupe officiel en 2006. Le premier sommet des Brics a eu lieu en 2009 à Ekaterinbourg, en Russie. En 2010, l’Afrique du Sud rejoint le groupe, qui devient alors les Brics.
En 2023, les Brics décident d’élargir leur groupe à six nouveaux membres à partir de 2024 : l’Arabie saoudite, l’Argentine, l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Éthiopie et l’Iran. L’objectif est d’accroître leur influence mondiale, notamment dans les pays du Sud global, c’est-à-dire les nations en développement. Cependant, l’Argentine se retire en 2025 sous la présidence de Javier Milei, tandis que l’Arabie saoudite évite une adhésion officielle pour ne pas froisser les États-Unis. En 2025, l’Indonésie intègre les Brics +, et dix autres pays deviennent des partenaires : la Biélorussie, la Bolivie, Cuba, le Kazakhstan, la Malaisie, le Nigeria, l’Ouganda, l’Ouzbékistan, la Thaïlande et le Vietnam. Le groupe compte désormais dix membres officiels et dix partenaires.
Les Brics + représentent près de la moitié de la population mondiale et 40 % du produit intérieur brut (PIB) mondial, selon les chiffres de l’organisation. Cette puissance économique et démographique en fait un acteur majeur sur la scène internationale. Le groupe cherche à peser davantage dans la gouvernance mondiale, notamment en réformant des institutions comme l’ONU, le Fonds monétaire international (FMI) ou la Banque mondiale. Leur réunion annuelle, comme celle de New Delhi en septembre 2025, vise à renforcer la coopération économique, politique et sociale entre ses membres.
Les Brics + fonctionnent comme un mécanisme de coordination informel, sans alliance militaire ni engagement en matière de sécurité collective. Leurs décisions sont prises par consensus, même si les membres peuvent avoir des désaccords sur certains sujets. Le groupe ne remplace pas des alliances existantes mais cherche à défendre les intérêts des pays du Sud global. Par exemple, il milite pour une réforme des institutions financières internationales afin qu’elles reflètent mieux l’équilibre des pouvoirs actuels. Cependant, sa cohésion peut être mise à mal par des conflits régionaux, comme celui au Moyen-Orient, qui oppose certains de ses membres.
Les Brics + aspirent à concurrencer le G7, un groupe de sept grandes puissances économiques (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) qui se réunit chaque année pour coordonner leurs politiques. Comme le G7, les Brics + organisent un sommet annuel où leurs dirigeants discutent de coopération économique, politique et sociale. Cependant, contrairement au G7, les Brics + ne sont pas une alliance formelle et n’ont pas d’engagements contraignants. Leur présidence est tournante : en 2026, l’Inde organisera le sommet, qui sera la 18e édition du groupe.
Parmi les dirigeants participant au sommet de New Delhi en septembre 2025, on trouve les présidents chinois Xi Jinping, russe Vladimir Poutine et iranien Masoud Pezeshkian. Ces figures symbolisent l’influence croissante des Brics + sur la scène internationale. Le groupe cherche à étendre son influence en défendant un ordre mondial multipolaire, où les pays du Sud global auraient une voix plus forte. Cependant, certains membres, comme l’Arabie saoudite, évitent de s’engager pleinement pour ne pas nuire à leurs relations avec les États-Unis. Cette prudence illustre les tensions et les compromis inhérents à ce groupe hétérogène.

