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Le Canada reste haut dans le classement de l’état de droit, mais les États-Unis reculent

Le Devoir · mis à jour il y a 15 j

Le pays se retrouve au 13e rang de l’index qui évalue 143 pays ; nos voisins du Sud, en 30e place..

Classement 2026

Le World Justice Project (WJP), une organisation indépendante basée à Washington, a publié en octobre 2026 son Index de l’état de droit pour 143 pays. Cet index évalue la qualité des systèmes juridiques et institutionnels dans le monde. Le Canada se classe à la 13ᵉ position, un rang stable qui le place parmi les pays où l’état de droit est le plus respecté. Les États-Unis, en revanche, reculent à la 30ᵉ place, un niveau historiquement bas pour eux. Le Venezuela occupe la dernière place du classement, en 143ᵉ position. Les quatre premiers pays du classement sont inchangés depuis dix ans : le Danemark, la Norvège, la Finlande et la Suède. Le WJP souligne que cette année marque la neuvième année consécutive de recul de l’état de droit dans la plupart des pays, en raison notamment de l’essor des pratiques autoritaires et des restrictions des libertés fondamentales.

Canada : points forts

Le Canada obtient de bonnes performances dans l’index 2026, notamment grâce à trois critères principaux. D’abord, le respect des droits fondamentaux (liberté d’expression, égalité devant la loi, protection des minorités) est bien noté. Ensuite, la transparence du gouvernement est soulignée, ce qui signifie que les décisions publiques sont accessibles et compréhensibles pour les citoyens. Enfin, les limites aux pouvoirs gouvernementaux sont efficaces : aucun organe (exécutif, législatif ou judiciaire) ne peut abuser de son autorité sans contrôle. Le score global du Canada s’est légèrement amélioré, mais son rang a légèrement reculé (12ᵉ place les années précédentes). En 2017, 2018 et 2019, il occupait même la 11ᵉ position. L’état de droit au Canada repose sur un équilibre entre les trois branches du pouvoir : le législatif (qui fait les lois), l’exécutif (qui les applique) et le judiciaire (qui les interprète et sanctionne les abus).

États-Unis : déclin marqué

Les États-Unis enregistrent un recul historique dans l’index 2026, tombant à la 30ᵉ place, contre la 18ᵉ position en 2016, à la fin du mandat du président Barack Obama. Ce déclin s’explique par deux faiblesses majeures. D’abord, le respect des droits fondamentaux est en baisse, notamment en raison de restrictions accrues des libertés d’expression et d’association, ainsi que de discriminations persistantes dans certains États. Ensuite, le système de justice criminelle est critiqué pour ses inégalités, son manque d’efficacité et son coût élevé pour les citoyens. Le WJP précise que les États-Unis sont le pays de leur région (Amériques) où l’état de droit se dégrade le plus rapidement. Cette tendance contraste avec la stabilité observée dans d’autres pays occidentaux comme le Royaume-Uni ou les membres de l’Union européenne.

Définition état de droit

L’état de droit est un principe fondamental des démocraties modernes. Il désigne un système où tous les individus et institutions, y compris le gouvernement, sont soumis à la loi. Aucune personne ou groupe ne peut se placer au-dessus des règles, et les lois s’appliquent de manière égale à tous. Ce concept repose sur trois piliers : la séparation des pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire), la protection des libertés individuelles (comme la liberté de la presse ou le droit à un procès équitable) et la transparence des institutions. Un état de droit solide garantit la stabilité politique, limite les abus de pouvoir et favorise la confiance des citoyens dans leurs dirigeants. À l’inverse, son affaiblissement peut mener à l’arbitraire, à la corruption ou à la concentration du pouvoir entre quelques mains.

Ce que ça pourrait changer

L’édition 2026 de l’index du WJP révèle une **récession généralisée** de l’état de droit à l’échelle mondiale. Pour la **neuvième année consécutive**, la majorité des 143 pays évalués voient leur situation se dégrader. Cette tendance est attribuée à plusieurs facteurs : l’essor des régimes autoritaires, les attaques contre les médias indépendants, les restrictions des libertés civiques et la montée des inégalités devant la justice. Le WJP, organisation *multidisciplinaire et indépendante*, souligne que cette récession touche aussi bien des pays en développement que des démocraties établies. Seuls quelques pays, principalement en Europe du Nord, maintiennent un état de droit robuste. Cette situation interroge sur l’avenir des démocraties et la capacité des sociétés à préserver leurs valeurs fondamentales face aux pressions politiques et économiques.

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