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Généraliste

«Le PQ devra montrer ses vraies couleurs», note notre Club des électeurs

Le Devoir · mis à jour 6 oct.

La formation d’un gouvernement péquiste minoritaire sous surveillance conservatrice a fait réagir notre panel..

Résultat électoral

Le 6 octobre 2026, le Québec a élu un gouvernement minoritaire du Parti québécois (PQ), dirigé par Paul St-Pierre Plamondon. Ce résultat, inattendu pour certains observateurs, s’explique par la montée en puissance du Parti conservateur du Québec (PCQ), qui a obtenu un score significatif. Un gouvernement minoritaire signifie que le parti au pouvoir ne détient pas la majorité des sièges à l’Assemblée nationale, ce qui l’oblige à négocier avec d’autres formations politiques pour faire adopter ses lois. Par exemple, le candidat péquiste Alex Boissonneault a perdu dans la circonscription d’Arthabaska-L’Érable face à un candidat conservateur, malgré une promesse de poste ministériel. Ce scrutin a aussi été marqué par la défaite de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui n’a obtenu aucun élu malgré 13 % des voix, un résultat surprenant pour un parti ayant gouverné pendant huit ans.

Montée des conservateurs

Le succès du Parti conservateur du Québec (PCQ) a surpris de nombreux observateurs, dont l’étudiant en droit Louis-Philippe Durbet, qui s’attendait à un Québec plus progressiste. Cette percée s’inscrit dans une tendance mondiale de montée des partis de droite, observable dans plusieurs démocraties. Les conservateurs ont remporté des circonscriptions clés, comme Arthabaska-L’Érable, où leur chef Éric Duhaime avait été battu lors d’une élection partielle en août 2025. Leur influence force le PQ, traditionnellement associé à la gauche, à composer avec des idées conservatrices pour maintenir son pouvoir. Cette situation crée une dynamique politique inédite, où le gouvernement minoritaire devra naviguer entre des alliances variables selon les dossiers.

Défis du gouvernement minoritaire

Un gouvernement minoritaire, comme celui du PQ, doit composer avec une Assemblée nationale divisée, où aucun parti ne détient la majorité absolue. Cette configuration rend la gouvernance plus complexe, car le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon devra s’allier avec d’autres formations, comme le Parti conservateur (PCQ) ou Québec solidaire (QS), selon les sujets. Jocelyn Brousseau, ancien travailleur humanitaire, souligne que cette situation reflète une polarisation croissante dans les démocraties, y compris au Québec. Il plaide pour une réforme du mode de scrutin afin d’introduire plus de proportionnelle et de favoriser les coalitions, une mesure qu’il juge nécessaire pour éviter une paralysie politique. Cependant, une telle réforme reste incertaine dans un contexte de gouvernement fragile.

Réforme du mode de scrutin

Le mode de scrutin actuel au Québec, un système majoritaire uninominal à un tour, est critiqué pour son manque de représentativité. En effet, des partis comme la CAQ ou le PQ peuvent obtenir un nombre important de voix sans pour autant gagner des sièges, comme ce fut le cas pour la CAQ avec 13 % des voix mais aucun élu. Louis-Philippe Durbet rappelle que cette situation a persisté pendant huit ans sous le gouvernement précédent, sans réforme. Les partis comme QS et le PCQ se sont déclarés ouverts à une modification du système, mais la balle est désormais dans le camp de Paul St-Pierre Plamondon. Une telle réforme pourrait rendre le système plus démocratique, mais elle comporte des risques politiques pour un gouvernement déjà fragile.

Rôle des partis d'opposition

Dans un gouvernement minoritaire, les partis d’opposition jouent un rôle clé. Québec solidaire (QS), par exemple, pourrait agir comme un chien de garde, surveillant les actions du gouvernement et proposant des alternatives. Le PCQ, quant à lui, pourrait influencer les décisions du PQ vers des positions plus conservatrices, notamment sur des dossiers économiques ou sociaux. La députée élue à 23 ans, Émile Simard, et Éloïse Coulombe, tous deux du PQ ou du PCQ, pourraient aussi apporter une nouvelle dynamique à l’Assemblée nationale, en représentant une génération souvent sous-représentée. Leur intégration sera suivie de près par les observateurs.

Ce que ça pourrait changer

Les réactions des citoyens face à ce nouveau paysage politique sont variées. Marjolaine Cloutier, conseillère stratégique, exprime ses craintes quant à un virage à droite du PQ, tout en reconnaissant l’importance de la surveillance exercée par QS. Diaka Camara, gestionnaire en technologies de l’information, insiste sur la nécessité de rigueur, même dans un contexte minoritaire, et attend des preuves de la capacité du gouvernement à gouverner. Alicia Despins, doctorante, souligne que ce résultat reflète aussi l’impact des sondages et du vote stratégique, un phénomène qui la laisse sceptique. Enfin, des citoyens comme Mahjoub El Hamakani et Lylliane Le Quellec saluent des moments symboliques, comme le discours de défaite de la candidate Fréchette ou l’élection de jeunes députés, reflétant la diversité de la société québécoise.

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