25 livres à lire en octobre 2026
De la course à l’IA aux élites de Poutine, de l’arctique à la Chine : 25 livres que nous lirons de près L’article 25 livres à lire en octobre 2026 est apparu en premier sur Le Grand Continent..
L’ouvrage de Rebecca Shriver explore le rôle méconnu des femmes et des militantes féministes dans la construction de l’Europe des années 1920 et 1930. Contrairement aux récits traditionnels centrés sur les élites masculines, ce livre met en lumière des organisations comme l’Union paneuropéenne, le Groupe de la Nouvelle Europe ou la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté. Ces groupes imaginaient une Europe unie autour de valeurs comme la coopération, la réconciliation et l’individualisme, qu’ils associaient à un leadership féminin. L’auteure s’appuie sur des archives pour montrer comment ces femmes ont proposé des alternatives aux systèmes politiques traditionnels, perçus comme « créés par les hommes ». Leur vision de la paix, imprégnée d’une perspective de genre, remet en question les récits classiques de l’intégration européenne et souligne leur contribution intellectuelle majeure. L’étude aborde aussi des débats contemporains comme la démocratie, la polarisation et la coopération internationale.
Dans Heimweh nach gestern, Tobias Becker retrace l’histoire de l’Allemagne à travers le prisme de la nostalgie, un sentiment souvent associé à une idéalisation du passé. L’auteur montre que la nostalgie, loin d’être un phénomène récent ou négatif, est un outil clé pour comprendre les transformations sociales et politiques du pays, notamment après la réunification de 1990. Il explore comment les générations successives ont réinterprété des périodes comme les « années folles » des années 1920 ou le rock’n’roll des années 1950, tout en confrontant le passé nazi. Becker explique pourquoi la nostalgie a été longtemps stigmatisée en Allemagne de l’Ouest avant de devenir un symbole de l’identité est-allemande, avec le terme Ostalgie (nostalgie de l’Est). L’ouvrage révèle comment ce sentiment influence aujourd’hui la culture pop, la politique et même les stratégies des partis populistes.
Le Diccionario europeo de símbolos políticos y sociales, dirigé par Juan Francisco Fuentes, Marie-Angèle Orobon et José Carlos Rueda Laffond, propose une analyse des symboles qui ont façonné l’imaginaire politique et social de l’Europe au XXe siècle. L’ouvrage recense une cinquantaine d’entrées, allant des symboles historiques comme le 1er mai, Stalingrad ou le mur de Berlin, aux représentations de mouvements sociaux comme le féminisme ou le socialisme. L’auteur, Ernst Cassirer, qualifie l’être humain d’« animal symbolique », soulignant l’importance des symboles dans la construction des identités collectives. Ce dictionnaire offre une cartographie visuelle et conceptuelle des rêves, des traumatismes et des idéologies qui ont marqué l’Europe, révélant ainsi les mécanismes par lesquels ces symboles influencent encore les sociétés contemporaines.
Vincent Duclert consacre son livre à l’affaire Dreyfus, un tournant majeur dans la lutte contre l’antisémitisme en France à la fin du XIXe siècle. Cet événement a révélé l’arbitraire politique, les atteintes aux libertés individuelles et les menaces pesant sur les communautés juives, sans État pour les protéger. Duclert met en lumière le rôle d’une minorité d’esprits libres qui ont osé s’opposer publiquement à l’antisémitisme, malgré les risques encourus. L’ouvrage souligne que cette lutte, bien que méconnue, a posé les bases des combats futurs pour la survie des démocraties. En s’appuyant sur des archives et des analyses philosophiques, l’auteur montre comment ces combats anciens restent pertinents aujourd’hui, face à la résurgence de l’antisémitisme dans le monde contemporain.
Nicolas Mariot explore dans Tuer les mécanismes qui poussent des individus « ordinaires » à participer à des violences de masse, comme les guerres totales, les massacres ou les génocides. L’ouvrage s’appuie sur une douzaine d’études de cas, allant de la Première Guerre mondiale au génocide des Tutsi au Rwanda. Mariot examine les réponses apportées par les historiens, sociologues et psychologues pour expliquer ces phénomènes, en se concentrant sur des questions concrètes : pourquoi certains tueurs ajoutent-ils de la cruauté à leurs actes ? Pourquoi d’autres tuent-ils malgré leur reconnaissance de l’humanité de leurs victimes ? Ce livre propose un bilan critique des recherches sur la violence extrême, en analysant comment les sociétés basculent dans ces dynamiques destructrices.
Ignacio Sánchez-Cuenca retrace dans Atado y mal atado le processus de la Transition espagnole vers la démocratie, marquée par l’adoption de la loi sur la réforme politique (LRP) le 18 novembre 2026, soit cinquante ans après cet événement. Cette loi, clé de la Transition, a permis une réforme des institutions franquistes plutôt qu’une rupture brutale. L’ouvrage s’intéresse particulièrement au comportement paradoxal des députés des Cortes franquistes, qui ont voté en faveur d’une loi mettant fin à leurs propres privilèges. Sánchez-Cuenca analyse le contexte politique de 1976, les rapports de force entre l’opposition et le régime, ainsi que les réformes menées par les gouvernements successifs de Carlos Arias Navarro et Adolfo Suárez. Ce livre éclaire l’un des paradoxes les plus fascinants de l’histoire politique espagnole.
Kevin Roose publie The AGI Chronicles, un récit des coulisses de la course effrénée pour développer une intelligence artificielle générale (AGI), un système capable de surpasser les humains dans presque tous les domaines. L’ouvrage s’appuie sur plus de 150 entretiens avec des acteurs d’OpenAI, Anthropic et Google DeepMind, ainsi que sur des documents inédits. Roose révèle les désaccords internes, comme ceux ayant conduit les fondateurs d’Anthropic à quitter OpenAI, et détaille des événements marquants comme le licenciement et la réintégration de Sam Altman à la tête d’OpenAI. Le livre explore aussi les tensions entre les « accélérationnistes », qui poussent à une adoption rapide de l’IA, et les « pessimistes », qui craignent ses risques. Il offre un aperçu des enjeux technologiques, politiques et éthiques liés à cette révolution.
Rana Foroohar publie Sea Change, une enquête sur l’Arctique, devenu un enjeu géopolitique majeur en raison de la fonte des glaces et de l’ouverture de nouvelles routes maritimes. L’auteure embarque le lecteur à bord du seul brise-glace américain en service dans l’Arctique et explore les coulisses du pouvoir à Washington, Pékin, Moscou et dans les capitales régionales. Foroohar montre comment le changement climatique redéfinit le commerce mondial, la sécurité nationale et la politique industrielle. Elle explique pourquoi le contrôle des voies maritimes arctiques, des ressources naturelles et des câbles sous-marins sera déterminant pour la suprématie économique et militaire des prochaines décennies. L’ouvrage souligne aussi les difficultés des États-Unis à rattraper leur retard dans cette région stratégique.
Matthew Botvinick analyse dans *AI and Political Freedom* les risques que l’intelligence artificielle (IA) fait peser sur les institutions démocratiques. L’auteur soutient que l’IA pourrait déstabiliser les démocraties en exploitant leurs vulnérabilités, tout en offrant des outils aux régimes autoritaires. Malgré ces menaces, Botvinick propose des pistes pour préserver la liberté politique, en s’appuyant sur des exemples concrets et des analyses de politiques publiques. L’ouvrage vise à alerter sur les dangers de l’IA tout en explorant des solutions pour protéger les valeurs démocratiques face à cette technologie en pleine évolution.

